oeil du consultant - ZAMBIE-COTE D’IVOIRE : après l’exemple égyptien, au tour de la Zambie
Sur le plan technique, on ne peut pas dire que le monde entier enviera l’Afrique du football, mais sur le plan émotionnel, cette finale de la Can 2012 restera un grand moment du fait de tous les symboles évoqués avant le coup d’envoi : le recueillement des Zambiens au lieu du crash de 1993 ou bien cette visite du président Ouatara à l’équipe Ivoirienne pour leur demander de gagner cette coupe pour la baptiser Trophée de la réconciliation, après la période difficile qu’à connu la Côte d’Ivoire.
Une finale techniquement pauvre
Si cette finale n’a pas répondu à toutes nos attentes, il faut dire que la Zambie de Hervé Renard a fortement contribué à cette situation en faisant déjouer le grand favori, tétanisé par l’enjeu et handicapé dans un premier temps par les conditions climatiques qui ne favorisaient pas la mise en route d’un collectif qui avait fait sa force dans le passé. C’est une Côte d’Ivoire crispée, en manque de réussite offensive à l’image du penalty de Didier Drogba qu’on a vue.
Zambie, récompense d’une régularité
La tradition veut qu’au sortir d’une grande compétition, sans tirer des conclusions hâtives, il faut toujours chercher les raisons objectives qui ont permis au vainqueur du tournoi de trouver les clés du succès. La Zambie, c’est d’abord une régularité en phase finale de Can avec souvent une qualification au second tour dans le pire des cas.
Une ossature à base africaine
A défaut de s’appuyer sur un championnat local bien structuré, avec deux grands qui émergent, les joueurs Zambiens vont chercher cette culture africaine des grandes compétitions chez les voisins plus nantis, au Tp Mazembé ou en Afrique du Sud, où les clubs sont régulièrement qualifiés pour les compétitions africaines en se frottant à tous les types de football, dans ces joutes interclubs.
L’exemple Egyptien
En gagnant depuis 1998 au Burkina Faso, jusqu’en 2010 en Angola, 4 coupes d’Afrique sur 7, l’Egypte avait montré la voie à suivre. Ces victoires ne sont pas le fruit du hasard. Avec une base locale composée de deux grands clubs habitués aux joutes africaines, Zamalek et Al Hilal, l’Egypte a dominé le football africain pendant une décennie. La Côte d’Ivoire, même si elle n’est pas couronnée championne d’Afrique avec cette génération dorée, a disputé deux finales avec des joueurs dont la plus part ont été formés à l’académie de l’Asec Mimosa et une valeur ajoutée, Didier Drogba. La percée dans cette Can des équipes à base locale, à l’image de la Tunisie, du Soudan et du Gabon, doit beaucoup faire réfléchir les dirigeants africains avec l’élimination des sélections constituées d’expatriés, dès le premier tour, tels le Sénégal et le Maroc.
L’autre leçon servie par ces Zambiens à l’africaine, c’est la patience avec laquelle ils ont attendu leur heure, sans virer leur entraîneur après une campagne, comme c’est le cas de beaucoup de pays africains où on ignore le mot planification.
L’importance du vécu de la haute compétition
En misant sur la stabilité d’un effectif (joueurs comme encadrements) cette victoire zambienne s’est forgée dans le temps. Sans grandes stars avec une identité footballistique propre à la Zambie, elle a déjoué tous les pronostics en battant trois favoris constellés de grands noms : le Sénégal, le Ghana et enfin la Côte d’Ivoire. Est-ce qu’à la lumière de toutes ces dernières Can remportées par l’Egypte et son football local, et maintenant la Zambie, nous assistons à la mort lente des sélections au bénéfice des pays misant d’abord sur une base locale voire africaine ? La Zambie hier et l’Egypte par le passé sont, en tout cas, entrain de nous ouvrir les yeux et de montrer peut-être la voie à suivre. Il faut toujours aller voir comment gagnent les meilleurs en l’adoptant à la réalité locale.
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L’hommage
Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR
«Essamay», le repos éternel du guerrier
En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.
Harouna DEME
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