Jeudi 23 Mai 2013
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VOLONTE DE LA SENELEC DE FACTURER PAR ESTIMATION : Populations et industriels rouges de colère

Mercredi 21 Novembre 2012

La volonté exprimée par le Directeur général de la Senelec, de facturer la consommation par estimation, ne plaît pas aux populations. Pour les clients, la facturation par estimations n’est pas la bonne solution. Rencontré au carrefour Castors, Bassirou Sèye, habitant les Parcelles assainies à l’unité 26, n’a pas caché sa colère face à une telle décision de Pape Dieng. «Nous ne pouvons pas cautionner cette décision de la Senelec. Estimer la consommation de l’électricité pour délivrer une facture n’est pas une bonne solution», a-t-il martelé. Il a fait savoir que «d’abord nous n’avons pas le matériel qu’il faut pour une telle pratique de facturation et rien ne nous dit que la Senelec va faire une bonne estimation». De son avis, «nous devons continuer avec les relevés de compteurs ou acheter des cartes de crédit, mais les estimations vont juste créer d’autres problèmes». Abondant dans le même sens, Ali Hanne, trouvé à côté du jardin de Dieuppeul, s’est voulu catégorique : «C’est une très mauvaise idée. On ne peut pas faire d’estimation pour déterminer la consommation de l’électricité au Sénégal». Pour lui aussi, la Senelec doit continuer avec le même système de facturation, car «chacun doit payer ce qu’il consomme. Avec les estimations, rien ne nous dit que nous avons utilisé ce que la Senelec nous réclame dans les factures. Avec les estimations, la personne peut recevoir une facture plus ou moins élevée que la normale. Bref, il y a beaucoup de risques avec les estimations». Même son de cloche chez Ibrahima Thioub qui considère que les relevés de compteurs sont plus honnêtes et la population est plus à l’aise avec cette technique. «Il faut qu’on continue avec les relevés de compteurs. Il est beaucoup plus honnête de faire des relevés avant d’envoyer une facture. Avec les relevés, tout le monde est à l’aise même si des contestations sont notées parfois après délivrance des factures», soutient-il. «Avec les estimations, poursuit-il, « si les factures sont chères il y aura beaucoup de contestations. Et si on arrête de faire travailler les jeunes qui relevaient les compteurs, ils seront au chômage et cela n’est pas bon pour notre économie qui a toujours des problèmes. Il faut réduire le nombre de chômeurs, mais il ne faut pas l’augmenter». Les industriels sont également très en colère face à cette décision. C’est le cas de cette jeune dame chef d’entreprise. Rencontrée dans son bureau au niveau de la zone industrielle de la Sodida, Mme Traoré se dit très frustrée. «Cette décision de procéder par estimation pour facturer l’électricité, n’est pas la bonne décision. La Senelec devrait d’abord se concerter avec les personnes concernées, c’est-à-dire la population et les entreprises avant de prendre cette décision. La Senelec ne peut pas se lever, un beau jour, et prendre cette décision», déclare-t-elle, avec un ton assez amer. Poursuivant, elle soutient : «La facturation par estimation n’est pas la bonne solution et sur quoi elle va se baser pour faire ces factures. D’autant plus qu’à notre niveau, les factures de l’électricité varient en fonction du travail que nous avons. Donc, il faut que la Senelec revienne sur sa décision parce que nous n’allons pas accepter de payer quelque chose que nous n’avons pas consommé». Et si Mme Traoré a donné son avis sur la question, plusieurs entreprises ont préféré ne pas se prononcer, prétextant l’absence de responsables. «Cette déclaration du Directeur général de la Senelec est très suspecte, compte tenu de la période choisie pour faire une telle proposition». C’est la conviction de l’imam Youssoupha Sarr. Pour le coordonnateur du Collectif des imams de Guédiawaye, la facturation par estimation nécessite des critères. Imam Sarr prévient par conséquent : «Nous ne pouvons pas laisser la Senelec définir ses critères elle-même et appliquer ce qu’elle veut, alors que c’est nous qui payons les factures. Nous ne l’accepterons pas». De l’avis de imam Sarr, «avant tout changement, il faut des discussions pour expliquer la nouvelle méthode de facturation. Mais, ils ne peuvent pas rester dans leurs bureaux et nous envoyer des factures sans que l’on sache comment ils ont procédé. Ce, d’autant plus que les compteurs de la Senelec ne sont pas fiables». Toutefois, précise l’imam de Guédiawaye, "nous mettons en garde le Directeur général de la Senelec. Il ne doit prendre aucune décision sans consulter la population». Puis, il dénonce le mode de payement des agents releveurs, ainsi que les casses subies par certaines agences de la Senelec. «Ce n’est pas à la population de payer ces gens-là. Les casses aussi ne doivent pas être payées par les clients, mais par la société elle-même. Ce n’est pas parce que des agences ont été saccagées que les factures doivent augmenter. Il faut rechercher les responsables, les punir et leur faire payer», a-t-il déclaré. Me Massokhna Kane : «C’est de la divagation» Imam Youssoupha Sarr n’est pas le seul à dénoncer cette décision du Directeur général de la Senelec. Le président de Sos consommateurs, Me Massokhna Kane, a également été mis hors de lui par cette annonce. Allant plus loin encore que imam Sarr, Me Kane déclare que «la Direction générale de la Senelec n’ose pas décider de cela». Mieux, clame-t-il, «si
le Directeur général est à la recherche de solutions pour sa société, ceci n’en est pas une et il n’osera pas élever la voix sur cette question-là».
Dans tous les cas, ajoute Me Massokhna Kane, «on ne l’acceptera jamais. Et personne n’acceptera jamais, dans ce pays, de payer des factures estimées. S’ils ont mis des compteurs, c’est pour compter la consommation. Depuis que la Senelec existe, il y a toujours eu des compteurs. Et un compteur est fait pour compter». Très remonté contre Pape Dieng, Me Kane de soutenir : «Ce que le Directeur général de la Senelec a dit, c’est de la divagation. Il sait très bien qu’il n’ose pas raconter ces histoires devant nous. La Senelec compte plus de 2 500 employés et toutes les charges de ces agents entrent dans le prix de l’électricité. Donc, qu’ils recrutent des agents ou pas, cela se répercute sur les tarifs de consommation. Ce qui est tout à fait anormal, parce qu’il y a du n’importe quoi à la Senelec».
Seynabou FALL & Marianne NDIAYE

TEUSS

Le culte du faux !

Le faux est devenu ancré en nous et il révèle un certain culte de la facilité. Nous voulons tout avoir, tout pouvoir, tout de suite et maintenant. Ça part du joueur de Navétane au professionnel des championnats européens qui pense ne pas gagner assez en donnant son vrai âge. Il faut reconnaître un fait : Nous aimons le faux. Il nous fascine presque. Est-ce cela qui explique que les femmes se ruent vers les fausses hanches, mettent de faux cils ou de faux cheveux naturels? Que dire alors de celles qui veulent se muer en «Xess pecc» alors qu’elles sont «nuul kukk»? On ne dit rien, peut-être par qu’on semble y trouver notre compte. Les basketteurs qui ont menti sur leur âge pour offrir au Sénégal une coupe d’Afrique est certes encore plus dramatique. Ca trahit encore plus l’esprit du sport et sa pratique au Sénégal. Sauf qu’il faut se dire «entre nous» que c’est du déjà vu. Le faux est partout.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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