UNE AUTRE CAMPAGNE ELECTORALE : LE SENS D’UN COMBAT

Jeudi 16 Février 2012

Depuis bientôt plus d’un an déjà, la candidature de Abdoulaye WADE à l’élection présidentielle de 2012 était au centre des débats et tous les yeux du pays comme du monde entier restaient rivés sur le verdict du Conseil Constitutionnel qui devait trancher et dire le droit, le vrai droit.
En effet, la question principale qui taraudait tous les esprits était de savoir comment notre loi fondamentale, la Constitution dont le premier gardien n’est personne d’autre que le Président de la République, allait être lue, interprétée et appliquée par les cinq « sages » qui du reste sont nommés par ce même Président de la République, pour se prononcer sur les questions constitutionnelles de notre pays.
A quelques encablures de la date fatidique du prononcé de la sentence, maintes et maintes émissions ont été consacrées à travers les radios et les télévisions ; plusieurs articles ont été produits dans la presse écrite ; et de nombreuses manifestations ont été organisées ; rien que pour essayer de dresser la problématique du troisième mandat du président sortant.
Et pendant tous ces événements que je viens de citer, deux camps se sont dressés l’un en face de l’autre.
Naturellement, le camp de l’actuel pouvoir défendait que le troisième mandat est admis par la constitution, pendant que l’autre camp, celui de l’opposition disait exactement le contraire.
Jusqu’ici les choses sont normales et logiques de chaque côté où l’on se situe au niveau des deux camps.
Mais c’est le 21 juin 2012 que le déclic arriva : un jeune député maire, en l’occurrence Cheikh Bamba DIEYE, secrétaire Général du Front pour le Socialisme et la Démocratie/Benno Jubel (FSD/BJ) s’attache avec de solides chaînes devant les grilles de l’Assemblée Nationale, pour dire non à un projet de loi qui devait être voté, pour mettre en place un ticket présidentiel et instaurer en même temps ce qu’on appelle un tiers bloquant.
Cette image insolite mais fort éloquente, fera le tour du monde et restera gravée dans les mémoires des citoyens , et également dans les annales de l’histoire politique du Sénégal.
Il s’y ajoutera un autre événement deux jours aprés qui verra l’ensemble des forces citoyennes et patriotiques descendre dans les rues, à travers tout le pays, pour fustiger unanimement le « sabotage » de notre Charte Fondamentale qu’est la constitution.
Cela va créer un déferlement populaire jamais vu au Sénégal et fera naître le Mouvement du 23 Juin ( le M23) qui regroupe des partis politiques, des mouvements citoyens et de la société civile, des jeunes rappeurs et musiciens , des imams et des hommes et des femmes simplement épris de justice, de démocratie et de patriotisme.
Ainsi, les choses commencent à être sérieuses, le camp défendant la démocratie et le respect de la Constitution va donc s’élargir et chaque jour, enregistrait des adhérents , et qui chaque jour durcissait le ton jusqu’à aboutir au slogan « non à un troisième mandat pour Abdoulaye WADE ».
Il reste encore quelques jours pour le dépôt des candidatures et pour que le Conseil Constitutionnel se prononce sur la validité de l’ensemble de ces candidatures, y compris celle du Président Sortant.
Les plus sceptiques d’entre nous faisaient voyager leur esprit entre les différents scénaris qui s’offraient à eux par rapport à un troisième mandat ( non compétence des « sages » , invalidation, validation).
Alors que chacun des deux camps restaient sur sa position avec conviction.
Au soir du prononcé de la sentence, le pire arriva, à savoir la validation par le Conseil Constitutionnel, de la candidature de Abdoulaye WADE, lui permettant ainsi de briguer un troisième mandat .
Cette décision perçue comme illégale et anti-démocratique va créer un tel tollé qu’à l’issue des manifestations qui suivirent, les morts commençaient malheureusement à être comptés.
Mais cela a renforcé le M23 dans sa lutte surtout pour ces jeunes qui y ont laissé leur vie parce que simplement ils n’acceptent pas l’injustice, la banalisation de la constitution en tant que Charte Fondamentale qui nous régit nous tous.
C’est pourquoi, des partis politiques au sein du M23 se sont mis d’accord pour faire une campagne électorale à l’unisson avec comme seul leitmotiv que la candidature de WADE est inacceptable car illégitime, illégale et anti-constitutionnelle.
Dés lors, le seul combat qui vaille est celui pour le retrait de la candidature de WADE.
La seule campagne électorale qui vaille dans un tel contexte aussi chargé, c’est une campagne de refus de la candidature de WADE, quoi que cela pourrait côuter comme sacrifices aux différents partis politiques engagés auprés du M23 .
C’est vrai, dans des conditions normales, une campagne électorale se passe autrement, mais situation exceptionnelle égale mesures exceptionnelles, et la majorité des populations qui constituent nos cibles durant la campagne, comprennent bien cela, ou si elles ne le comprendraient pas, il revient aux leaders politiques concernés de faire le travail d’explication et de sensibilisation.
Voilà pourquoi le Candidat Cheikh Bamba DIEYE, Secrétaire Général du FSD/BJ, comme de coutume, s’est engagé résolument, plus que jamais, dans la constance et la responsabilité, à continuer à lutter aux côtés du M23, mettant entre parenthèses la traditionnelle campagne, au profit d’une autre campagne pour le respect de la constitution, pour la préservation des valeurs de morale, d’éthique et d’intégrité, mais surtout pour une paix sociale durable et un pays qui retrouve sa lettre de noblesse en tant que pays certes sous-développé, mais en bonne position à travers l’Afrique et le monde, sur le plan de la démocratie et du respect des droits humains.
C’est cela le sens du combat que mène le FSD/BJ avec à sa tête son Secrétaire Général, en compagnie des jeunes patriotes du mouvement YEN A MARRE, des partis qui restent encore déterminés, des citoyens militants de la démocratie et du respect du droit.
Cela vaut beaucoup plus qu’une campagne électorale avec un programme sans fondements démocratiques, et les enjeux et les résultats escomptés sont sans commune mesure avec un poste de responsabilité fut-ce t-il celui de Président de la République, obtenu dans des conditions macabres et catastrophique, si on laissait la « candidature de la honte et du hold up » passer.
Aujourdhui, le chemin le plus facile c’est de battre campagne pour aller aux élections de la mascarade, et le difficile, qui est le vrai chemin, c’est de s’adonner à cet autre exercice responsable, courageux, mais oh combien citoyen, qui consiste à mener une guerre sans merci à la candidature illégitime et inadmissible du Président sortant, qui doit vraiment et immédiatement sortir …pour de bon.

Mor Ablaye FAYE
FSD/BJ
Comité de Pilotage de Dakar



Mor Ablaye FAYE

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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