TEMOIGNAGES DE DEUX ACCROS DE LA DROGUE : «on ressent plus de plaisir avec le ‘yamba’ qu'avec une femme», affirment Modou et Lamine

Lundi 8 Octobre 2012

Pour savoir les effets que le chanvre indien produit sur le fumeur de cette herbe qui tue et les sensations qu'il lui procure, nous avons recueilli les témoignages de deux accros de cette drogue. Et le constat est quasiment le même chez ces deux «drogués» qui habitent dans un quartier populaire de Dakar et que nous nommerons Modou Fall et Lamine Diop (pour des raisons de confidentialités de leur identité). L’herbe qui tue, affirment-ils, leur procure un plaisir à nul autre pareil. «Drogué», Modou l’est. Ce quarantenaire dit en effet, avoir commencé à fumer le «yamba» depuis qu’il était très petit. Quant à Lamine, il est un jeune de moins de trente ans qui confie qu’il a commencer à user de ce produit depuis une dizaine d’année maintenant, mais qui a arrêté il y a quelques temps


MODOU FALL
«Le ‘yamba’ ne rend pas fou, c’est le fait de l’associer avec d’autres excitants qui rend fou»

«Moi, j’ai commencé à fumer le ‘yamba’ depuis que j’étais tout-petit et aujourd’hui, je suis presque quarantenaire. Au début, on se cotiser entre copains pour acheter le paquet qui coûtait à cette époque 250 francs. Il faut dire qu'on le faisait par plaisir, mais au fil du temps, je suis
devenu un accro. J'avoue que cette drogue est devenue incontournable pour moi et j'en consomme énormément. Notre milieu est un cercle restreint et on se connaît tous. Nous avons des codes entre vendeurs et acheteurs, ce qui nous permet d'acheter en toute discrétion. Si
je me présente devant mon fournisseur et il me demande ‘bou ndaw ou bou makk’ (le petit ou le grand). Nous ne prononçons jamais le mot chanvre indien, nous avons des codes. Il y a ceux qui l'appellent tee-shirt ou bien chemise. Chemise courte pour le petit sachet ou manche longue pour le grand sachet. Moi, le petit cornet ne me suffit pas, mais je l'utilise pour la plupart du temps. Pour avoir une bonne dose, il me faut réellement le grand paquet de 1000 francs. Avec ce dernier, toute la journée, je suis ok. Mon distributeur passe souvent par ici, mais il arrive également que je lui passe un coup de fil pour passer une commande et dans les minutes qui suivent, il passe me livrer la marchandise. Souvent aussi, il y a d’autres acheteurs qui viennent ici pour qu’on passe la commande ensemble. Le ‘yamba’ a des qualités différentes. Il y a le ‘chanvre vert’ qui est le moins cher et qu’on appelle aussi ‘ndeup’ parce qu’on le fermente pour lui donner plus de goût. C’est après fermentation
qu’il retrouve un peu sa saveur, mais c’est réservé au débutant, parce que non seulement, il ne te donne pas la bonne dose, mais en plus il te donne des migraines et des maux de tête. Pour avoir une bonne dose, il faut prendre le ‘marron's’ en provenance du Ghana. Cette qualité ressemble d’ailleurs, à la gomme arabique. Avec ce ‘gandja’, il me suffit de faire deux ‘joints’ pour reprendre mes formes, contrairement à l’autre ‘yamba’ avec quoi je peux fumer 3 à 4 ‘joints’ pour me sentir bien. Et en plus, c’est plus discret, mais le ‘marron's’ verts dégage beaucoup d’odeur. Raison pour laquelle on le fermente pour dissimuler aussi son odeur. Le ‘marron's’ original du Ghana n’a pas d’odeur et j'avoue qu'il me donne du punch. Le débutant a une réaction lente, nonchalant, il mange et somnole beaucoup. Ce qui est mauvais pour un fumeur de chanvre indien est de ne pas beaucoup manger. C'est peut-être curieux, mais me concernant, je ressens plus de plaisir avec le ‘yamba’, qu'avec une femme. La femme, on la fréquente, juste pour ne pas être indexé d’homosexuel ou de trucs de ce genre. Le ‘yamba’ ne rend pas fou, mais c’est le fait de le fumer et de l’associer avec d’autres excitants qui rend fou. Il y a des gens qui le fument sous prétexte de noyer leurs soucis, mais ils aggravent leur situation. Accompagné d'une bonne alimentation, il rend la personne saine et performante dans son travail. Moi, je n’ai jamais eu de problème avec la police, a part une fois sur la corniche ou un policier m’a trouvé en train de finir mon ‘joint’.

Ndèye Anna NDIAYE

TEUSS

A notre grand malheur !

Connaissez-vous dans «Nda-kaaru» un service de l’Etat où vous pouvez aller et y revenir avec une entière satisfaction ? Sans exagération aucune, il est presque sûr que la réponse est non. Commençons-par pur hasard- par l’hôpital. Il y a plus de risques d’être encore plus souffrant quand on s’y rend, car lui-même est malade. N’allez surtout pas voir chez «Senelëdëm», de toute façon la seule chose qu’ils ont d’éclairée, c’est des promesses à plus l’infini. Que dire alors de l’école qui ne forme plus qu’en quantité omettant la qualité. L’avenir n’est plus à espérer du côté de l’université, les étudiants s’y battent jour et nuit avec des policiers sous les yeux de professeurs dépassés et plus préoccupés à arrondir les fins du mois dans les écoles de formation dont certaines ne sont même pas agréées. Voilà le service public à Sunugaal et ses dramatiques petites réalités. A notre grand malheur !
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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