Pendant le mois de ramadan, beaucoup de chaînes de télévision apportent des modifications sur leurs grilles de programme. Ces changements visent essentiellement à essayer de les adapter au mieux aux exigences du mois béni et tenter de toucher le maximum d’audience. C’est ainsi qu’un concept a été créé, il y a de cela six ans, par la chaîne 2STv. Des comédiens font de petites représentations sur le petit écran pour accompagner la rupture du jeûne des musulmans. Les téléspectateurs ont commencé à manifester leur intérêt pour ces émissions et toutes les autres télés ont suivi, aidées en cela par les annonceurs, surtout ceux commercialisant des produits agro-alimentaires.
Chaque chaîne a sa série, propose ses acteurs et son format. A la Tfm, c’est le comique de Thiès Sa Nex qui interprète l’invité indésiré dans une famille modeste. Tann Bombé joue les nouveaux mariés amoureux à Walf Tv, tandis que l’artiste Serigne Ngagne gère difficilement son ménage à la télévision nationale, Rts1. Il y en a encore d’autres. Toutes ces productions ont ce dénominateur commun de vouloir à tout prix faire rire. Ils y arrivent tant bien que mal. Des téléspectateurs que nous avons rencontrés se disent bien servis à l’heure du «Ndogou» et ne se plaignent pas du tout. Ndèye Rama Fall est de cette catégorie là. Trouvée dans la salle d’attente d’un salon de coiffure de la place, elle affirme, dans un grand sourire : «moi je m’installe devant la télé dès 19 heures, télécommande à la main. J’essaie de regarder tous les sketches que je peux, parce que c’est à se tordre de rire». Même son de cloche pour la coiffeuse qui s’affaire sur la tête d’une cliente. «Je pense qu’à ce moment de la journée (Ndlr : l’heure de la coupure) on a plus besoin de rire que d’écouter des leçons de morale. Et puis, que voulez vous, ce n’est pas à des comédiens d’éduquer les enfants, mais c’est aux parents de le faire». A en croire ces téléspectatrices, le format et le contenu de ces sketchs conviennent parfaitement à leur goût. Aussi, ils regrettent parfois leur durée jugée très courte. Cependant, à côté de ces deux femmes, il y a des personnes qui ne sont pas aussi enthousiastes. C’est le cas de cet homme qui trouve que le contenu des ces sketchs est tout simplement
dangereux. «Il n’y a aucun message dans ces trucs qu’ils nous mettent. Au contraire, ils apprennent aux enfants à ne pas jeûner et à diaboliser le jeûne», se désole le monsieur, d’un ton sec. Cette vielle dame trouvée sur l’avenue Bourguiba attendant un taxi, abonde presque dans le même sens. «Je ne suis pas contre ces sketchs, mais il faudrait vraiment revoir le contenu des scénarios. On ne parle que de choses qui n’ont aucune utilité pour les populations», lâche-t-elle, avant de s’engouffrer dans un taxi. S’il est vrai que rire au moment de rompre le jeûne peut être perçu comme relaxant, il faut néanmoins reconnaître que le moment et la forte audience pouvaient être utilisés pour mieux faire passer des messages à la portée plus salutaire. Les avis semblent être partagés sur la question. Mais dans le respect de l’esprit du Ramadan, les scénaristes devraient faire des efforts dans le contenu des sketchs qu’ils proposent. Le rire a des vertus thérapeutiques dit-on certes, mais un peu de sensibilisation sur des phénomènes comme la pauvreté, la violence dans la société, sur certaines maladies, etc. ne donnerait-il pas plus de teneur à ces programmes ?
Chaque chaîne a sa série, propose ses acteurs et son format. A la Tfm, c’est le comique de Thiès Sa Nex qui interprète l’invité indésiré dans une famille modeste. Tann Bombé joue les nouveaux mariés amoureux à Walf Tv, tandis que l’artiste Serigne Ngagne gère difficilement son ménage à la télévision nationale, Rts1. Il y en a encore d’autres. Toutes ces productions ont ce dénominateur commun de vouloir à tout prix faire rire. Ils y arrivent tant bien que mal. Des téléspectateurs que nous avons rencontrés se disent bien servis à l’heure du «Ndogou» et ne se plaignent pas du tout. Ndèye Rama Fall est de cette catégorie là. Trouvée dans la salle d’attente d’un salon de coiffure de la place, elle affirme, dans un grand sourire : «moi je m’installe devant la télé dès 19 heures, télécommande à la main. J’essaie de regarder tous les sketches que je peux, parce que c’est à se tordre de rire». Même son de cloche pour la coiffeuse qui s’affaire sur la tête d’une cliente. «Je pense qu’à ce moment de la journée (Ndlr : l’heure de la coupure) on a plus besoin de rire que d’écouter des leçons de morale. Et puis, que voulez vous, ce n’est pas à des comédiens d’éduquer les enfants, mais c’est aux parents de le faire». A en croire ces téléspectatrices, le format et le contenu de ces sketchs conviennent parfaitement à leur goût. Aussi, ils regrettent parfois leur durée jugée très courte. Cependant, à côté de ces deux femmes, il y a des personnes qui ne sont pas aussi enthousiastes. C’est le cas de cet homme qui trouve que le contenu des ces sketchs est tout simplement
dangereux. «Il n’y a aucun message dans ces trucs qu’ils nous mettent. Au contraire, ils apprennent aux enfants à ne pas jeûner et à diaboliser le jeûne», se désole le monsieur, d’un ton sec. Cette vielle dame trouvée sur l’avenue Bourguiba attendant un taxi, abonde presque dans le même sens. «Je ne suis pas contre ces sketchs, mais il faudrait vraiment revoir le contenu des scénarios. On ne parle que de choses qui n’ont aucune utilité pour les populations», lâche-t-elle, avant de s’engouffrer dans un taxi. S’il est vrai que rire au moment de rompre le jeûne peut être perçu comme relaxant, il faut néanmoins reconnaître que le moment et la forte audience pouvaient être utilisés pour mieux faire passer des messages à la portée plus salutaire. Les avis semblent être partagés sur la question. Mais dans le respect de l’esprit du Ramadan, les scénaristes devraient faire des efforts dans le contenu des sketchs qu’ils proposent. Le rire a des vertus thérapeutiques dit-on certes, mais un peu de sensibilisation sur des phénomènes comme la pauvreté, la violence dans la société, sur certaines maladies, etc. ne donnerait-il pas plus de teneur à ces programmes ?
L’objectif des télévisions, faire rire d’abord, éduquer ensuite
Interpellé sur l’objectif poursuivi par leurs chaînes dans la diffusion de sketchs avant la rupture du jeûne, des responsables des programmes des télévisions de la place soulignent que le rôle premier de ces productions, c’est de faire rire. Ainsi, du côté de la 2Stv, l’accent est beaucoup plus mis sur la promotion des vertus du rire. Habib Mbaye, directeur des programmes de la première chaîne de télévision privée au
Sénégal, est de ce fait d’avis qu’il n’y a pas lieu de faire des vagues. Selon lui, «après une longue journée de jeûne, c’est toujours bon de rire un bon coup. Ça aide à reprendre des forces et puis les spectateurs adorent ça». Il est vrai que le caractère comique de ces sketchs est pour beaucoup dans leur popularité. Ce qui fait que les chaînes, boostées par une certaine concurrence, ne lésinent pas sur les moyens pour proposer les comédiens les plus en vue. Toutes les chaînes ou presque ont en effet ce type de programme. Car, il y a une exception notée au niveau de la télé du groupe D Media. SenTv, la dernière-née des chaînés privées, ne diffuse en effet pas de sketchs au moment de la rupture du jeûne. D’après Jupiter Diagne, un des responsables de la programmation, ce choix n’a pas été fait ex-nihilo. «Nous ne faisons pas du suivisme. Au moment où toutes les autres télés proposent des sketchs, il existe des personnes qui n’aimeraient pas regarder ça. C’est pourquoi nous avons choisi de marquer le mois de Ramadan autrement», dit-il. S’il est vrai que divertir est une des missions de la télévision, il n’en demeure pas moins que ce médium doit éduquer. Mouhamadou Bitèye de Walf Tv note que «l’heure de la rupture est un moment privilégié pour faire rire». Mais pour le metteur en scène du sketch «Ndogou Li» avec Tann Bombé, il faut profiter de façon plus positive de ces instants. «Cette année,
informe-t-il, nous avons beaucoup pensé à l’aspect éducatif. Nous avons voulu montrer les problèmes qui existent dans les ménages, notamment entre les jeunes épouses et leurs belles mères». «Le rire a des vertus thérapeutiques», a-t-on l’habitude de dire. Les télévisions, selon leurs responsables de programmes, font des efforts insoupçonnés pour se faire une large audience et attirer les annonceurs. «Eduquer, oui, mais d’abord attirer en faisant rire». Tel est le credo qu’ils ont choisi, avouent nombre de leurs responsables.
Sénégal, est de ce fait d’avis qu’il n’y a pas lieu de faire des vagues. Selon lui, «après une longue journée de jeûne, c’est toujours bon de rire un bon coup. Ça aide à reprendre des forces et puis les spectateurs adorent ça». Il est vrai que le caractère comique de ces sketchs est pour beaucoup dans leur popularité. Ce qui fait que les chaînes, boostées par une certaine concurrence, ne lésinent pas sur les moyens pour proposer les comédiens les plus en vue. Toutes les chaînes ou presque ont en effet ce type de programme. Car, il y a une exception notée au niveau de la télé du groupe D Media. SenTv, la dernière-née des chaînés privées, ne diffuse en effet pas de sketchs au moment de la rupture du jeûne. D’après Jupiter Diagne, un des responsables de la programmation, ce choix n’a pas été fait ex-nihilo. «Nous ne faisons pas du suivisme. Au moment où toutes les autres télés proposent des sketchs, il existe des personnes qui n’aimeraient pas regarder ça. C’est pourquoi nous avons choisi de marquer le mois de Ramadan autrement», dit-il. S’il est vrai que divertir est une des missions de la télévision, il n’en demeure pas moins que ce médium doit éduquer. Mouhamadou Bitèye de Walf Tv note que «l’heure de la rupture est un moment privilégié pour faire rire». Mais pour le metteur en scène du sketch «Ndogou Li» avec Tann Bombé, il faut profiter de façon plus positive de ces instants. «Cette année,
informe-t-il, nous avons beaucoup pensé à l’aspect éducatif. Nous avons voulu montrer les problèmes qui existent dans les ménages, notamment entre les jeunes épouses et leurs belles mères». «Le rire a des vertus thérapeutiques», a-t-on l’habitude de dire. Les télévisions, selon leurs responsables de programmes, font des efforts insoupçonnés pour se faire une large audience et attirer les annonceurs. «Eduquer, oui, mais d’abord attirer en faisant rire». Tel est le credo qu’ils ont choisi, avouent nombre de leurs responsables.

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