SINGLE «LI LUMU DOON» : Xuman et Cee Pee chargent Wade et les marabouts
Le rappeur Xuman a sorti un single avec Cee Pee, chanter mauritanien de Dance hall et de reggae. Intitulé «Li lumu doon» (Qu’est ce que c’est que cela), cette chanson tance le régime actuel avec les difficultés que vit le pays. Il est aussi un reproche aux marabouts qui laissent pourrir la situation.
Après «Y’en a marre», Duggy Tee et Awadi, entre autres, un autre rappeur très engagé a sorti un nouveau single pour faire la leçon au pouvoir libéral de Abdoulaye Wade. Il s’agit de Xuman qui est en duo avec le chanteur de Dance hall et de reggae Mauritanien, Cee Pee. Ce single est intitulé «Li lumu doon» (Qu’est-ce que c’est que cela). Dans le vidéo clip, Xuman est un taximen et il prend Cee Pee comme client qui commence avec le refrain «Li lumu doon sene gour gou bone motax rewmi xiibone. C’est pas ce que vous nous aviez promis. Ay yayaye où se trouve notre économie, nous sommes fatigués !». Xuman lui est plus dur. «Le pays est inondé, sale, sombre et sans sécurité. La population se plaint puisque étant inquiète et sans argent alors que tu ne fais que voyager», dit-il en faisant allusion au président Wade. Le rappeur d’ajouter : «Ton magistère est plein de problèmes et tu as des ministres qui sont nu…. Tu nommes et dégommes comme tu veux avec un remaniement tous les
mois. Tu dis et te dédis et personne ne te contredit, malheur à quelqu’un qui ose le faire. Taak deere yi diapela ndouli». «Li lumu doon» continue en faisant référence à l’entourage du président. «N’as-tu pas vu que ceux qui t’entourent sont plus affamés qu’une hyène. Babouniouy lék guinaar sax doungne ko souxi», clame Xuman avant de lancer au président Wade : «Mais tu n’es pas Dieu parce que tu ne peux être présent le jour et la nuit. Ndjit bou bone ni beugne bou yaxou lici péxé moy boudi. Fais attention à ce qu’on ne fasse pas la même chose que les Tunisiens avec Ben Ali. Wathie si talibi, guéné la Palais bi, nga dadi lali». Et il parle aussi des politiciens en général arguant qu’ils sont tous pareils,
que c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Ils mentent au peuple et dès l’accès au régime ils l’oublient, dit-il. Xuman ne rate pas non plus les marabouts contre qui il semble être en colère. Selon lui, ils laissent trop pourrir la situation du pays en fermant les yeux sur la souffrance de la population. «Serignessi mome melnani yegoulnii dekbi métina. Ils ne payent ni eau ni électricité, ne se soucient pas de la dépense quotidienne. Ils ne recommandent ni la Charia, ni la Souna. Ils se parent des habits de la religion, di xeuthio alalou aduna, meeting la gueneu faratal waraté adiouma», dit-il, très remonté.
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L’hommage
Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR
«Essamay», le repos éternel du guerrier
En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.
Harouna DEME
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