Mercredi 19 Juin 2013
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SHOWBIZ ET MISERE : Derrière le «sagu» des artistes…

Dimanche 16 Septembre 2012

Le monde du showbiz est assez complexe et a ses mystères. En effet, derrière l’opulence affichée par certains chanteurs, lors de leurs sorties
médiatiques, d'autres par contre vivent dans la misère . Ceux-là ont reconnu qu’ils galèrent et qu’ils ne font que du «sagu» (gérer les apparences).
Parfois, ils sont même entretenus par leurs fans qui les invitent à l’étranger pour leur donner de l’argent et des biens. A défaut, ils sont obligés de vendre leurs biens pour s’en sortir.


Les paillettes, les bijoux, les belles voitures, etc. que montrent les artistes, particulièrement les chanteurs sénégalais, les voyages aussi qu’ils font. Voilà autant de choses qui ne sont parfois que le reflet d’un univers de leurres et de désillusions, de déceptions également. Parfois, certains
artistes sont presque misérables. Ils ne réalisent pas grand-chose avec leur argent, ne vivent pas de leur art puisqu’ils ne vendent plus d’albums avec la piraterie et parfois ce sont les bonnes volontés ou les fans qui leur permettent de s’en sortir. Du reste, certains d’entre eux confirment cet état de fait.

Yoro Ndiaye : «Il faut reconnaître que les artistes font du ‘sagu’»
Selon le chanteur acoustique, Yoro Ndiaye, pleins d’aspects peuvent être mis en exergue. «Certains ont plus de chance que d’autres dans le milieu. Les uns jouent régulièrement, ne produisent pas seulement au Sénégal et leurs droits leur sont payés ailleurs dans le monde. Le mécénat également aide les artistes à s’en sortir. Des personnes aident les chanteurs dans leurs projets. Les publicités sont aussi à mettre sur ce compte, car une boutique de vêtements ou un tailleur peut vouloir que l’artiste mette sa création», renseigne-t-il. Cela, c’est le côté positif selon le chanteur qui décèle aussi un aspect négatif. A savoir que «d’autres chanteurs ne s’en sortent pas, surtout lorsqu’ils n’ont pas de groupe pour jouer régulièrement». L’interprète de «Arwatam» d’ajouter : «Il faut reconnaître que la plupart du temps, les artistes font effectivement du ‘sagu’ (gèrent les apparences) pour se donner une image qui n’a rien à voir avec la réalité qu’ils vivent. Car la vie est trop dure actuellement et la musique est un peu gâchée. Nos aînés avaient plus de chances que nous puisque l’industrie musicale marchait mieux et la piraterie n’existait presque pas. Aujourd’hui, il faut juste être beaucoup plus dynamique dans ce que l’on fait».

Khamdel : «Le ‘sagu’ est tellement présent dans ce milieu»
Son collègue Khamdel Lô souligne également que les chanteurs ne sont pas riches. Loin de là. «Le ‘sagu’ est tellement présent dans ce milieu, c’est vrai. Mais disons que dans la vie, chacun a son destin et cela ne veut pas dire que tu dois regarder ce qu’a l’autre artiste. Ceci est un esprit de concurrence et cela est très fréquent chez les Sénégalais en général». Le compère de Abdoulaye Thiam n’est pas d’accord avec le prétexte de la piraterie qui, selon lui, a bon dos. «C’est la technologie qui a gâché la musique actuellement et non la piraterie. Parce qu’avant, les
gens avaient des sacs de Cd dans leurs voitures, mais actuellement ils ont leur Ipad et autres bidules», souligne-t-il. Concernant les fans ou autres mécènes qui entretiennent les chanteurs qui sont sans le sou, leur payent des voyages à l’étranger, les prennent en charge et leur donnent beaucoup de cadeaux et d’argent, Khamdel se démarque et affirme ne pas être concerné. «Personnellement, je n’en suis pas encore là. Parce que je ne suis pas du genre à chanter les louanges de quelque milliardaire que ce soit. Mais il arrive que des gens chantent pour leur ‘geer’ pour avoir de l’argent. C’est sûr que ce ne sont pas les droits d’auteur qui nous font vivre. Mais il peut arriver qu’on ait parfois une tournée en Europe où ailleurs avec 6 à 8 dates où on se retrouve avec 6000 ou 7000 euros. Ce qui fait un beau pactole. Là, on pourra investir, acheter une voiture ou autre. Mais ce genre d’opportunité est devenu rare et lorsqu’on en a, on investit dans quelque chose qui a de la valeur», souligne-t-il. Khamdel ne manque du reste pas d’y aller, dans un éclat de rire, avec une petite anecdote : «On dit de moi que c’est ma femme qui m’a acheté ma voiture, comme si je ne pouvais pas m’en payer une. Quand j’entends ça, je rigole juste et je passe mon chemin».

«Derrière les paillettes, c’est la galère pour Adiouza», avoue la fille d’Ouza
Pour Adiouza, le chanteur sénégalais se retrouve dans la misère parce que «c’est quelqu’un qui, avant tout, vit au dessus de ses moyens, se préoccupe de bien paraître et ne vit pas du tout de son art». La fille de Ouza est aussi d’avis que la piraterie est un facteur qui contribue à la misère des artistes. «La piraterie est un fait et il n’y a rien de concret qui a été proposé pour lutter contre. Par conséquent, de mon point de vue, il ne sert plus à rien de dépenser des sommes colossales pour faire un album sachant que l’on risque même pas de vendre 10 000 Cd», confie l’auteur de «Cey Love» qui estime que les chanteurs sont, dans ces conditions, obligés de se rabattre sur les spectacles pour pouvoir s'en sortir. Raison pour laquelle, ils sortent des singles pour exister tout d’abord, pour être programmés dans les spectacles ensuite. Celai, afin de gagner de l’argent. «Mais la misère est là, nous apprend Adiouza. Heureusement que les bienfaiteurs sont là aussi. Car les fans, dès fois, ils ne lésinent pas sur les moyens pour nous venir en aide. Je ne peux pas me prononcer aux noms des autres artistes, mais personnellement, je galère. Je me débrouille pour pouvoir sortir mon album dont la vente ne générera pas de rentrées d'argent conséquentes, ça c'est sûr. Mais c’est le prix à payer pour pouvoir faire des spectacles». Parlant des droits d’auteur, elle affirme que c’est presque inexistant. «Le Sénégal est un pays très désorganisé sur le plan culturel. On touche des miettes pour les droits d'auteur. On ne vend plus d’albums et les spectacles commencent à se faire rare. L'industrie musicale est en panne. Personnellement, je ne vois pas le bout du tunnel. Je vous le dis, derrière les paillettes, c’est la
galère pour Adiouza», avoue la chanteuse, sans faux-fuyants.
Par Oumou Sidya DRAME & Adama A. KANTE (stagiaire)

TEUSS

Le poids des mots

Risquent bien de crouler sous le poids du mépris ceux qui s’amusent à ignorer la portée des mots. Un mot incompris ou prononcé hors de son contexte suffit souvent pour déclencher une avalanche de réactions. Il n’y a qu’à voir les imams qui risquent bien d’anticiper sur leur sermon du vendredi pour réagir suite aux propos d’un des leurs. Ce dernier a parlé de la présence d’homosexuels dans les 1ers «sappé» (rangs) des mosquées. Soubhannallah! On aura tout vu au pays des «googoorlus». Comme ce vieil homme qui a failli en venir aux mains simplement parce que le mot «groupuscule» a été évoqué devant lui. Persuadé qu’il a été insulté ce riche négociant ignore visiblement que celui qu’il doit empoigner c’est surtout le dictionnaire. Enfin, bref, les mots font autant qu’ils défont. Ils ont un poids pas toujours lourd, mais qui pèse toujours sur la balance des jugements.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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