Mercredi 19 Juin 2013
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SERIGNE MODOU BARA DOLI MBACKE : «Ne me parlez pas de Karim Wade, ce traître»

Vendredi 6 Juillet 2012

Depuis l’affaire Zakia Nasr, qui lui a valu un séjour d’un mois à la prison de Rebeuss, Serigne Modou Bara Doli Mbacké, fils aîné du président de la
Fédération Pds de Touba et ancien compagnon de Me Wade, s'était muré dans le mutisme. Pour «Le Populaire», le marabout-politicien a accepté de briser le silence. Dans l’entretien exclusif qui suit, le président des guides religieux du Sénégal, qui aborde ses relations avec Karim Wade qu’il qualifie de «traître», revient sur son séjour carcéral et commente la défaite de Me Wade, entre autres questions.


SERIGNE MODOU BARA DOLI MBACKE : «Ne me parlez pas de Karim Wade, ce traître»
Votre ami, Karim Wade, vient de déférer à une convocation de la gendarmerie. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Je ne veux même pas parler de ce traître. Ne me parlez pas de lui. Mais, je peux vous accorder une interview sur ma carrière, sans parler de lui. Pour son audition, je sais que, si son père était encore au pouvoir, il ne serait jamais inquiété, malgré les fortes sommes d’argent qui ont transité entre ses mains. Il doit, aujourd’hui, se rendre compte que seul le pouvoir de Dieu est éternel. Il faut maintenant que Macky soit ferme et vigilant pour mener ses audits jusqu’au bout et ne pas en faire une arme politique. Des gens l’avaient, à l’époque, piégé pour le bouter hors de l’Assemblée nationale. Ils sont toujours là. Aujourd’hui, il est le chef de l’État et doit tirer au clair toutes ces histoires d’enrichissement illicite des dignitaires de l’ancien régime et ne céder à aucune pression, d’où que cela puisse venir. Aujourd’hui, on parle de Karim, mais il y a d’autres personnes beaucoup plus riches que Karim qui étaient ministres d’État et qui utilisaient Touba pour tromper Wade, et qui sont actuellement impliqués dans des dossiers beaucoup plus corsés. Si les enquêtes sont bien menées, il sera démasqué et mis en prison. Les gens peuvent s’interroger sur le financement de la campagne du second tour du candidat des Fal 2012. C’est sûr, la vérité éclatera dans les prochains jours.

Vous faites allusion à qui ?
Le jour où il sera arrêté, vous le saurez.

Revenons à Karim Wade. Pourquoi vous le qualifiez de traître ?
Karim est la pire des personnes que j'ai jamais connues. C’est un homme qui n’est pas du tout reconnaissant. À chaque fois qu’il a besoin des services ou du soutien d’une personne, il remuera ciel et terre pour l’avoir. Mais, après avoir obtenu gain de cause, il passe l’éponge. Je donne un exemple. Lorsque le pays était plongé dans une violence indescriptible, le jour où les travailleurs de Jean Lefebvre avaient barré les voies qui mènent à son domicile, au Point E, j’ai marché à pied pour me rendre là-bas et lui témoigner mon soutien et mon amitié. Par contre, lorsque des responsables du Pds ont utilisé une de mes associés, Zakia Nasr, pour comploter sur mon dos et me mettre en prison, arbitrairement, je n’ai vu ni Karim Wade, ni ses proches. Et la présomption de culpabilité voudrait qu’il me témoigne, au moins, son soutien ou ses regrets. Je me suis débrouillé seul jusqu'à me tirer d’affaire. La dernière fois qu’on s’est vu, c’était lors du Congrès du Pds intervenu après la défaite du 25 mars. Et ce jour, on était côte à côte, mais il n’a pas daigné me saluer. Je ne peux pas dire certaines choses dans les journaux, mais je ne suis pas le seul. Aujourd’hui, si vous interrogez ceux qui l’ont connu, ils te diront que Karim Wade utilise ses proches comme des mouchoirs avant de les jeter à la poubelle.

Parlons un peu de Zakia Nasr. Est-ce que ce n’est pas à cause du délit d’adultère, dont on vous a accusé, que Karim n’a pas voulu vous soutenir ?
Des gens ont fait pire durant les 12 ans de Wade au pouvoir et ils n’ont jamais été inquiétés. Et vous me donnez l’occasion, ici, de rétablir la vérité sur cette affaire. Zakia Nasr était mon associée et non ma maîtresse. Nous avons eu d’excellentes relations, mais je ne l’ai jamais violée. D’ailleurs, lors de mon procès, j’ai rejeté le huis clos. Ils ont évoqué mon statut de marabout, mais ce n’était pas dans un souci de me protéger. Ils (ndlr : ceux qu'ils qualifient de comploteurs) voulaient après le procès, rapporter des contrevérités à la presse qui va les mettre à la Une des journaux, le lendemain. Je ne l’ai pas agressée, non plus. Il n’y a jamais eu de vidéos compromettantes. Sinon, tu allais les retrouver dans le net et sur facebook. Pour vous dire que ce sont des responsables du Pds qui étaient derrière tout ça. D'ailleurs, ma plainte dort toujours dans les tiroirs du Parquet et j’ai été le premier à saisir la justice. Elle me doit 24 millions, elle a donné les six, et il reste toujours 18 millions entre ses mains.

Est-ce que depuis lors vous avez de ses nouvelles ?
Non, depuis le tribunal, je ne l’ai plus revue. D’ailleurs, je ne souhaite plus la voir, si ce n’est pour recevoir mon argent.

Comment avez-vous vécu votre séjour carcéral ?
C’était très dur et humiliant. Je suis un guide religieux qui fait partie d’une famille très respectée à Touba. Lorsqu’on m’a notifié mon placement sous mandat de dépôt, je m’en suis remis à Dieu, le tout puissant. Arrivé à Rebeuss, on m’a mis dans la chambre numéro 1, où il y a plus de 100 détenus. Lorsque mes comploteurs se sont rendu compte que j’ai eu deux talibés, et que je gagnais la sympathie des codétenus, ils m’ont transféré dans une chambre moins peuplée. J’étais tellement angoissé que je suis tombé malade et on m’a transféré au Pavillon spécial. C’étaient des moments difficiles. Mais, avant de sortir, j’ai prié pour que Dieu jette la malédiction sur ceux qui m’ont mis, de façon arbitraire, en prison. Mon voeu a été exaucé le 25 mars, et bientôt certains d’entre eux seront à Rebeuss.

La Coalition «Benno bokk yakaar» vient de remporter les Législatives devant votre parti, le Pds. Vous vous attendiez à une défaite de Me Wade à Touba ?
Je ne suis plus du Pds. J’ai voté à Touba avec mes partisans pour «Benno bokk yakaar». J’ai soutenu, sans condition, cette Coalition, à cause de ma soeur Aminata Tall, avec qui j’entretiens d’excellentes relations. Pour ce qui est maintenant de la défaite du Pds, tout le monde sait que les Sénégalais n’ont pas encore perdu l’espoir qu’ils avaient placé en Macky Sall. C’est une suite logique. Même la défaite au second tour n’a surpris personne. Wade était pris en otage depuis le départ d’Idrissa Seck. C’est avec le départ de Macky que je me suis rendu compte qu’il était en train de scier la branche sur laquelle il était assis avec son parti.

Comment avez-vous vécu les derniers instants de Me Wade au pouvoir ?
Il était angoissé, très optimiste, mais mal entouré. Un jour, on revenait d’une manifestation publique au cours de laquelle il avait croisé Macky Sall, qui l’avait respectueusement salué, lorsqu’on s’apprêtait à prendre congé de lui, son staff lui disait d’un ton ironique: «Mais, Président, vous avez vu Macky Sall avec ses petites voitures, quelle honte ! Et il veut diriger ce pays. Mais, il se fourre les doigts dans l’oeil, il n’aura rien». Au lieu de faire un diagnostic objectif sur l’ascension fulgurante de Macky Sall qui gagnait de plus en plus la sympathie des populations, c’est ce genre de discours qu’ils lui tenaient. Aujourd’hui, ils l’ont tous lâché, avant même qu’il ne digère sa défaite. Seuls les libéraux authentiques sont toujours avec lui, même si, à un certain moment, il les avait écartés au profit de transhumants du Ps.

Si vous avez un Conseil à lui donner, ce serait quoi ?
Il doit se retirer définitivement de la scène politique, acheter un chapelet et venir se reposer dans la ville sainte et se rendre chaque matin à la grande mosquée, assister aux 5 prières quotidiennes. Le Sénégal lui a tout donné, il ne doit pas donner l’impression de vouloir déstabiliser ce pays. Comme l’a dit Macky Sall, il pouvait même s’engager à la résolution de conflits dans la sous région. C’est mieux d’être l’otage de personnalités qui sont mêlées dans des histoires d’enrichissement illicite et qui cherchent à se réfugier sous son parapluie.
Propos recueillis par El Modou GUEYE (Correspondant)

TEUSS

Le poids des mots

Risquent bien de crouler sous le poids du mépris ceux qui s’amusent à ignorer la portée des mots. Un mot incompris ou prononcé hors de son contexte suffit souvent pour déclencher une avalanche de réactions. Il n’y a qu’à voir les imams qui risquent bien d’anticiper sur leur sermon du vendredi pour réagir suite aux propos d’un des leurs. Ce dernier a parlé de la présence d’homosexuels dans les 1ers «sappé» (rangs) des mosquées. Soubhannallah! On aura tout vu au pays des «googoorlus». Comme ce vieil homme qui a failli en venir aux mains simplement parce que le mot «groupuscule» a été évoqué devant lui. Persuadé qu’il a été insulté ce riche négociant ignore visiblement que celui qu’il doit empoigner c’est surtout le dictionnaire. Enfin, bref, les mots font autant qu’ils défont. Ils ont un poids pas toujours lourd, mais qui pèse toujours sur la balance des jugements.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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