Mercredi 19 Juin 2013
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SERIGNE MBACKE NDIAYE, PORTE-PAROLE DE L’EX-PRESIDENT WADE : «Ceux qui pensaient qu’après Wade c’était eux ont, de manière machiavélique, utilisé Karim pour faire la guerre à Macky»

Lundi 19 Novembre 2012

C’est un complot qui est à l’origine du départ de l’actuel chef de l’Etat du Parti démocratique sénégalais (Pds). La révélation est de Serigne Mbacké
Ndiaye, porte-parole de l’ex-président Wade. «Ceux qui pensaient qu’après Wade, c’était eux ont, de manière machiavélique, utilisé Karim pour faire la
guerre à Macky», révèle le leader de «Fidélité» qui se prononce sur les questions d’actualité. Entretien.


SERIGNE MBACKE NDIAYE, PORTE-PAROLE DE L’EX-PRESIDENT WADE : «Ceux qui pensaient qu’après Wade c’était eux ont, de manière machiavélique, utilisé Karim pour faire la guerre à Macky»
Quelle appréciation faites-vous des convocations qui ont été servies à certains de vos «frères» de parti, dans le cadre de l’enquête sur les biens mal acquis ?
Il y a une confusion totale à ce niveau. Les anciens ministres devaient être convoqués devant la Haute Cour de justice. Ce qui se passe ne fait que confirmer les propos que j’avais tenus, il y a de cela trois ans, quand je disais que, si nous perdions le pouvoir, certains d’entre nous risquaient d’aller en prison. Je parlais en visionnaire. Vous savez, nous sommes des êtres humains. Et j’ai l’habitude de dire que, moi, je
suis dans l’arène politique légale, depuis 1975. Avant ça, j’ai eu à flirter avec des groupes clandestins. Et depuis lors, je n’ai pas quitté l’arène politique. C’est pour dire que cette petite expérience que j’ai acquise me permet de faire une bonne lecture de la situation politique. Ceux qui disaient : «Ils ont volé, ils ont détourné», moi, j’étais persuadé, qu’une fois arrivés au pouvoir, ils allaient essayer de le démontrer. Ils veulent
plaire à une certaine opinion, mais surtout à des revanchards. Le peuple sénégalais n’a pas voté en faveur de Macky Sall pour qu’il y ait des règlements de comptes. Les Sénégalais ont demandé à ce que des comptes soient rendus. Et ça, nous avons été les premiers à le demander. Mais, il faut que les comptes soient rendus par tout le monde. Au nom de quoi, on fait une sélection de cinq à dix personnes sur des centaines de personnes qui ont eu à gérer ce pays-là, de 2000 à nos jours. En fait, si le gouvernement agit de cette façon-là, c’est pour masquer ses carences. Au moment où Karim Wade est convoqué à la gendarmerie, on procède à l’augmentation des prix des denrées de première nécessité. De toute façon, nous ferons face.

Mais, vous aviez eu la même attitude avec les dignitaires du Parti socialiste…
Est-ce qu’il y a à l’époque un seul ministre qui avait été arrêté ? Par contre, je me rappelle que le premier acte pris par Abdoulaye Wade, quand il est arrivé au pouvoir, c’est de dire que le président Diouf et sa famille ne feraient pas l’objet de poursuites. Sous Abdoulaye Wade, le seul cas dont j’ai souvenance, c’est l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, et il a été traduit devant la Haute Cour de justice. En dehors de ça, je ne connais pas un autre cas. Nous, ce que nous demandons, c’est que la procédure soit respectée, que les lois et règlements du pays soient respectés.

Vous parlez d’acharnement, mais Macky Sall a eu à répondre à une convocation de la police, sans tambour ni trompette, alors qu’il avait été Premier ministre…
Mais, nous répondrons également aux convocations de la police et de la gendarmerie. Ça ne pose pas de problème. Abdoulaye Wade nous disait : «Même si vous êtes contre une loi, vous la dénoncez, vous la combattez, mais vous la respectez, en attendant que la loi soit changée». Nous sommes des républicains et des hommes d’Etat. Nous ne pouvons pas diriger un pays pendant douze ans et avoir un comportement
de vandales. C’est totalement inadmissible. Donc, nous répondrons, effectivement, aux convocations de la police et de la gendarmerie. Nous sommes dans un combat politique. Toutes les questions qui sont soulevées ont été bien mûries, bien réfléchies. Vous verrez la suite des événements.

Le Pds s’est radicalisé, après l’audition de Karim Wade à la gendarmerie. Jusqu’où comptez-vous aller dans la bataille que vous avez engagée?
C’est nous faire un mauvais procès que de dire que le Pds s’est radicalisé. Le 25 mars 2012, c’est à 20 heures 30 minutes que le président Wade m’a appelé, alors que j’étais à la permanence du parti. Il me dit : «Prépare un communiqué, je vais féliciter Macky Sall, parce qu’il a gagné». Alors qu’on avait dépouillé que 310 bureaux de vote au Sénégal. Il convoque tous ses ministres pour leur dire : «Mettez-vous à
la disposition du président Macky Sall, n’essayez pas de lui mettre des bâtons dans les roues». Troisième acte, la passation de service. Il a prié pour lui et il a dit à tout le monde que Macky Sall est son fils. Qu’est-ce que nous avons constaté après ? Malgré ces actes-là, on nous a taxés de voleurs. Je pense que Me Wade ne le mérite pas. Si on nous convoque à la gendarmerie, on réagit. On nous dit : «Vous vous êtes radicalisés». Il faut savoir qu’en 2007, après la Présidentielle, le président Wade avait dit à beaucoup d’entre nous : «Préparez-vous à soutenir Macky Sall pour la prochaine élection. Il sera notre candidat». Entre temps, il y a eu ce qui s’est passé. Des responsables qui pensaient qu’après Me Wade c’était eux ont créé la division entre Me Wade et Macky Sall, en passant par son fils, Karim Wade. Donc, nous, nous avons fait tout ce qu’il fallait faire. Un corps qui est attaqué se défend. Nous avons été agressés, nous nous défendons. Et il faut que les gens se détrompent. Un responsable de l’Apr m’a dit l’autre jour : «Vous savez que le Pds n’a plus ses capacités de mobilisation d’antan». Je lui ai rétorqué : «Vous vous êtes trompé». Les militants authentiques du Pds, ceux qui avaient fait l’alternance, leur satisfaction, c’est qu’il y a eu d’excellentes réalisations dans le pays. Mais, ce sont ces combattants de la première heure, qui sont revenus et qui ont repris le parti en main. C’est pour vous dire que le Pds est prêt à faire face. Ma forte conviction est que tous ceux qui sont poursuivis sont blancs comme neige. C’est pourquoi je me bats à leurs côtés. Ils sont uniquement poursuivis, parce qu’ils sont du Pds. Nous sommes prêts à aller, là où le pouvoir est prêt à aller. Nous ferons face. Nous sommes des hommes aguerris.

Pour en revenir aux relations entre Me Wade et Macky Sall, pouvez-vous être plus explicite par rapport aux gens qui sont à l’origine de leur séparation ?
J’ai été surpris, le soir du 25 mars. J’étais avec Karim Wade au Palais. Quand nous avons, effectivement, constaté que Macky avait gagné. Il m’a tapé à l’épaule, avant de me dire : «Mon frère, tu veux savoir réellement ce que je pense ?». Je lui ai dit «Oui». Il me dit : «Je préfère, mille fois, Macky Sall au pouvoir, que d’autres personnes. Je ne suis pas du tout gêné que Macky Sall soit, aujourd’hui, au pouvoir». Comme je l’ai déjà dit, ceux qui pensaient qu’après Me Wade c’était eux ont créé des problèmes entre lui et Macky Sall, de manière machiavélique. Ils ont utilisé Karim, pour faire la guerre à Macky Sall. En faisant croire à Me Wade et à d’autres que Macky est en train de faire la guerre à Karim et qu’il veut le liquider. Alors, qu’en réalité -nous nous en sommes rendu compte, bien tardivement - ces gens ne travaillaient que pour eux-mêmes.

Mais, qui sont ces gens-là ?
Ils sont là dans l’arène politique.

Est-ce qu’ils font toujours partie du Pds ?
Pour la plupart, non.

Donc, si je vous suis bien, Macky Sall a été victime d’un complot au sein du Pds ?
Absolument. Mais, tout compte fait, ce complot n’a pas été mauvais pour lui. Grâce à ce complot, il est aujourd’hui au pouvoir. C’est pour dire, en définitive, que c’est la volonté divine. Au mois de décembre dernier, j’étais invité à Paris par Africa24, qui avait organisé la semaine sénégalaise. Et le dernier jour, qui était un mercredi, devait être consacré à un débat public qui devait opposer Macky Sall et moi-même. Il avait donné son accord, paraît-il. Au dernier moment, il a dit qu’il ne pouvait pas participer à ce débat. Et quand nous rentrions le jeudi, nous nous sommes retrouvés à l’aéroport. Il est venu et m’a tapoté. Avant de me dire : «’Du ma sa morom, mane sa patron lay debal’». Je lui ai rétorqué : «’Mane sama patron, moy sa papa’». On a rigolé et il m’a dit : «Je suis candidat». Je lui ai dit : «Tu es candidat, mais tu sais que tu vas être battu». Il me dit : «Vous serez surpris, parce que je vais vous battre». Je ne pouvais pas imaginer, au mois de décembre, qu’en mars, Macky Sall serait président de la République. C’est Dieu qui décide de tout.

Quand est-ce que Me Wade s’est rendu compte du complot contre Macky Sall ?
Il s’en est réellement rendu compte après la Présidentielle. Il avait quelques bribes d’informations. Certains responsables du parti ont eu un comportement malheureux vis-à-vis de lui. Ils l’ont lâché en plein combat. Il a eu mal, parce qu’il y avait des personnes en qui il avait une confiance totale. Le défaut principal de Me Wade, c’est quand il vous fait confiance, il le fait aveuglément.

Vous avez lancé un courant au sein du Pds dénommé «Fidélité» qui fait couler beaucoup de salive. Il paraît même que vous avez été mis en minorité au niveau du Comité directeur…
La politique, c’est un art. Ce n’est pas facile de faire de la politique. Ce n’est pas une question de majorité et de minorité. Nous savons où nous posons les pieds. Donc, ceux qui parlent de majorité et de minorité se trompent de combat. Vous avez vu qu’après moi, la sortie de Babacar Gaye et d’Aliou Sow. Oumar Sarr a été le premier à dire qu’il allait créer un courant de pensée à l’intérieur du parti, après l’élection. C’est heureux de constater que l’idée que nous avons lancée a fait bouger le parti. C’est réconfortant. Maintenant, un courant ne se décrète pas, on le constate. Le courant est là, personne ne peut le nier. C’est comme un soleil qui se lève.

Mais, quelque part, est-ce que Me Wade ne vous a pas désavoué, en vous demandant de ne plus porter sa parole ?
Ah bon ? Je n’étais pas au courant. Vous me l’apprenez.

Que se passe-t-il alors, si l’on sait que Me Ousmane Ngom a récemment envoyé une déclaration à la presse, où il se prévalait du titre de porte-parole de Me Wade…
Vous vous rappelez quand Mme Wade avait été accusée, avec sa Fondation, après l’alternance. Nous avons fait une conférence de presse que j’avais, moi-même, organisée. Ce jour-là, c’est Ousmane Ngom qui avait fait la conférence de presse, au nom du président Wade et de son épouse. Vous savez, à chaque fois qu’il y a un problème précis qui se pose, Me Wade, en concertation avec nous, essaie de voir si
je suis le plus outillé pour porter ce combat ou un autre. Aujourd’hui, c’est un combat qui commence au plan national, mais qui risque d’avoir des ramifications au plan international. Ousmane Ngom est non seulement député et avocat, mais il vient également d’être élu Vice-président de l’Internationale libérale. Je pense, objectivement, que, sur ces questions précises, il a une voix qui porte plus que la mienne. Le président Wade a un porte-parole fixe, c’est moi-même qui vous parle. Maintenant sur des questions ponctuelles, il choisit un porte-parole pour porter un combat. On a même parlé sur ces questions-là. Tous les jours, je l’appelle, et on fait le point.

Dans quel état d’esprit est, aujourd’hui, Me Wade ?
Quand je l’ai appelé, après l’audition de Karim Wade, pour lui dire : «Voilà les informations que j’ai. On a parlé de Suneor, de son appartement de Paris, d’un avion, semble-t-il». Il a rigolé et m’a dit : «Ah bon ? Les milliards dont on parlait, c’est ça». Voilà l’état d’esprit dans lequel il se trouve. La montagne va accoucher d’une souris.

Propos recueillis par Barka Isma BA

TEUSS

Le poids des mots

Risquent bien de crouler sous le poids du mépris ceux qui s’amusent à ignorer la portée des mots. Un mot incompris ou prononcé hors de son contexte suffit souvent pour déclencher une avalanche de réactions. Il n’y a qu’à voir les imams qui risquent bien d’anticiper sur leur sermon du vendredi pour réagir suite aux propos d’un des leurs. Ce dernier a parlé de la présence d’homosexuels dans les 1ers «sappé» (rangs) des mosquées. Soubhannallah! On aura tout vu au pays des «googoorlus». Comme ce vieil homme qui a failli en venir aux mains simplement parce que le mot «groupuscule» a été évoqué devant lui. Persuadé qu’il a été insulté ce riche négociant ignore visiblement que celui qu’il doit empoigner c’est surtout le dictionnaire. Enfin, bref, les mots font autant qu’ils défont. Ils ont un poids pas toujours lourd, mais qui pèse toujours sur la balance des jugements.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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