RUEE DES JEUNES HIER SUR LES TEE-SHIRTS ET AUTRES ARTICLES «Y EN A MARRE» : Une bonne affaire pour les vendeurs à Sandaga

Samedi 28 Janvier 2012

Pleurant pour les stocks de maillots et autres gadgets aux couleurs nationales qui leur sont restés sur les étagères en grand nombre, faute de trouver des clients qui sont découragés par l’élimination précoce de l’équipe nationale de football, les vendeurs de Sandaga ont trouvé un moyen de consolation. Ce sont les tee-shirts, bodys, foulards et autres articles estampillés «Y en a marre». Et ils en ont tiré un grand profit, hier. Des produits qui se vendaient comme de petits pains. Les clients sont essentiellement des jeunes. Pour aller assister à la manifestation du M23 à la place de l’Obélisque ou faire le pied de grue devant le siège du Conseil constitutionnel, ils sont venus se procurer tee- shirts, foulards, bodys.
Un tour au marché Sandaga a permis de noter cet engouement. Comme d’habitude, le marché est très animé, en cette matinée un peu ensoleillée, des va et vient incessants, le son des radios fuse de partout, pour s’informer de ce qui se passait à la place de l’obélisque, où il y avait une marche des différents mouvements. En effet, les tee-shirts de «Y en a marre» de toutes couleurs étaient vendus entre 3 000 et 5 000 francs Cfa. Trouvé dans sa boutique, écouteurs collés aux oreilles, portant un boubou rouge sur lequel est écrit le slogan «Y en a marre», Rahmane Ndiaye confie : «depuis hier (avant-hier), ce sont ces articles qui sont les mieux vendus dans ce marché, bien que nous soyons en Coupe d’Afrique». Dans la même foulée, le vieux Sarr indique : «on ne sent même pas, sur le plan des ventes, qu’on est en coupe d’Afrique et l’équipe du Sénégal y participe. Ce qui fait nos affaires actuellement, ce sont ces tee-shirts ‘’Y en a marre’’». M. Sarr d’ajouter : « les articles ‘’Y en a marre’’ marchent à merveilles, c’est un signe parlant que le peuple a tourné le dos à ce vieillard de Wade, il est fini et il n’a qu’à quitter avant que ça soit trop tard». Parce que martèle-t-il, «les jeunes sont décidés». Abdou Salla de renchérir, sourire au bout des lèvres : «à défaut de mieux vendre les maillots du Sénégal, nous vendons très bien les tee-shirts de ces jeunes rappeurs». Certains clients ont déjà fait leurs
achats pour rallier la place de l’Obélisque. «Comme vous le voyait, je viens d’acheter le tee-shirt pour me rendre à la place de l’Obélisque pour soutenir les jeunes qui sont déjà sur place», explique fièrement un jeune. Fatou Sarr rencontrée non loin du rond- point Sandaga : de dire la détermination du peuple «même si on devait acheter ces tee-shirts à 20.000 F, nous les aurions achetés, parce qu’on est déterminé pour
faire comprendre à Wade que c’est fini». Même habillement chez un groupe de jeunes criant fort pour le départ de Wade, tout en ralliant la place de l’Obélisque.
Adama Aïdara KANTE (Stagiaire)

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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