RABAH MADJER ANCIEN INTERNATIONAL ALGERIEN BALLON D’OR AFRICAIN 1987 : «Cette Can 2012 a démontré qu’il ne s’agit pas simplement de prendre les stars qui brillent en Europe pour s’imposer en Afrique»
LIBREVILLE (Envoyé spécial) - Le football africain se porte très bien, selon l’ancien international algérien qui a remporté la coupe d’Europe
des champions avec le Fc Porto en 1987. Pour le «Ballon d’or africain» de 1987, il ne fait aucun doute que le niveau du football africain est toujours égal a lui-même. Et cette 28e édition de la coupe d’Afrique des nations remportée par la Zambie le prouve, d’après Rabat Madjer.
«Comme je l’avais dit avant la finale, le niveau du football africain est toujours égal à lui-même. Car durant toutes les phases finales de la coupe d’Afrique des nations, on assiste toujours à de très bons matches. Et cette 28e édition n’a pas dérogé à la règle. Nous avons assisté à une très belle finale entre une équipe surprenante de la Zambie et une bonne formation ivoirienne», a lancé l’ancienne gloire du football algérien qui s’est déplacé au stade de l’Amitié de Libreville pour suivre la finale de la Can 2012. Pour Rabah Madjer, la Zambie est loin d’avoir volé sa victoire. Car cette formation a surpris tous les observateurs, de façon remarquable, en s’imposant avec des joueurs qui évoluent, pour la plupart, dans le continent. Il est d’ailleurs d’avis que l’avenir du football africain se trouve en Afrique et les Zambiens l’ont prouvé de fort belle manière. «Cette Can 2012 a démontré qu’il ne s’agit pas simplement de prendre les stars qui brillent en Europe pour s’imposer en Afrique. Je pense même que les sélections qui ont plus de joueurs locaux ont plus de chance aujourd’hui. Car l’entraîneur aura le temps de se préparer avec ses joueurs. Et tel n’est pas le cas avec les pros qui ne sont disponibles que pour les dates Fifa. Donc je reste convaincu qu’une équipe nationale africaine doit avoir une base locale», explique celui qui a été élu cinquième footballeur africain du siècle, après George Weah, Roger Milla, Abédi Pelé et Lakhdar Bélloumi. Pour l’ancien joueur du Racing Club de Paris, du Fc Tours et du Fc Porto, qui a participé à deux Coupes du monde en 1982 et 86, des pays comme le Ghana, le Maroc et le Sénégal n’ont pas été a la hauteur. «Je pense que la chance n’a pas souri à ces grosses équipes comme le Ghana et le Maroc. Car il faut le dire que ses équipes n’ont pas été à la hauteur, de même que le Sénégal. Mais c’est le football qui est comme cela. Il faut essayer de tirer les leçons pour revenir encore plus fort», souligne-t-il. Se prononçant sur son pays, l’Algérie qui a raté cette Can, Rabah Madjer de dire : «C’est vraiment dommage. Car mon pays, l’Algérie ne s’est pas qualifié et c’est le cas aussi de l’Egypte, du Cameroun, du Nigeria et de l’Afrique du Sud. Toutes ces grandes nations ont été éliminées. Cela montre, encore une fois, qu’il n’y a plus de petites équipes en Afrique. Car il y a un nivellement vers le haut. Ce qui constitue une bonne chose pour le football africain» conclut celui qui avait marqué le but décisif de la finale de la coupe des champions avec son club de Porto contre le Bayern Munich, d’une talonnade extraordinaire, en 1987.
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L’hommage
Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR
«Essamay», le repos éternel du guerrier
En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.
Harouna DEME
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