Samedi 25 Mai 2013
Le populaire online

Que fera Niasse, de ce beau cadeau ?

Lundi 16 Juillet 2012

En flinguant Moustapha Cissé Lô, dit « El Pistolero », le président de la République, Macky Sall, rappelle à tout le monde que c’est lui le patron. De l’Etat, de l’Apr, de «Benno bokk yakaar» ! L’acte posé, vendredi dernier, par celui que la presse appelle de moins en moins par son si ressemblant sobriquet, « Ñangal », devrait ramener ce pertinent surnom en grâce auprès des journalistes qui, je l’espère, n’ont pas reçu de coup de fil amical des spin-doctors présidentiels leur demandant de remiser le rigoureux et vigoureux pseudonyme. Les uns et les autres auraient tort d’enlever au président si nouveau et si jeune, si tendre aux yeux de certains, un si bel atout pour son image de chef austère et exigeant. Parce qu’en réalité, en limogeant Moustapha Cissé Lô de son poste de ministre conseiller, le lendemain de la validation des résultats des dernières Législatives qui en ont fait officiellement un député, poste non compatible avec le premier, Macky a surtout voulu marquer son territoire, rappeler que c’est lui le chef, tracer les limites à ne pas franchir, avec lui, dans la familiarité partisane.

Et toute autre familiarité d’ailleurs. Cependant, personne n’ira réduire cette décision tranchée et tranchante du limogeage du compagnon des premières heures de galère à l’expression d’un trait de caractère, si charmant soit-il, ou à l’affirmation d’une autorité que, certes, les allures de cour de récréation que prenait cette dispute autour de la présidence de l’Assemblée nationale mettaient sérieusement en question. Pan ! Ñangal a tiré sur le Pistolero et les enseignements à en tirer sont nombreux, politiquement très signifiants, mais surtout à double direction. De partout, avaient commencé à fuser des « soutiens » à Moustapha Cissé Lô dans sa fronde folklorique contre la présidence annoncée de Moustapha Niasse à l’Assemblée nationale, certaines initiatives dans cette direction se parant de quelques nuances pour ôter à l’affaire sa très forte personnalisation par le turbulent édile de Mbacké. Les cadres de l’Apr, par exemple, y introduisant une dose de positionnement partisan, voulant que le poste revînt à un militant de la formation politique du président. Auparavant, l’Alliance Macky 2012 - ceux qui étaient là « dès le premier tour, et qui ont élu Macky Sall » (Mously Diakhaté sur Tfm face à Papa Ngagne Ndiaye) - avait clairement indiqué que l’affaire n’était pas encore dans la poche du leader de l’Afp. Le malaise était suffisamment épais au sein de l’alliance «Benno bokk yakaar » sans que, surgissant d’on ne sait où (on ne dira pas « comme un diable de sa boîte », non !), un adversaire du camp présidentiel, Iba Der Thiam, apportât un soutien inespéré aux frondeurs, soutien argumenté d’un historien qui remonta à Mathusalem pour démontrer, ou presque, que donner ce poste à Moustapha Niasse, qu’il s’est bien gardé de nommer dans ses nombreuses interventions, équivaudrait à un suicide politique pour le président Macky Sall. On épiloguera comme on veut sur les raison de cette auto-invitation du Pr Thiam dans ce débat de chez les voisins : entre une aversion personnelle pour Niasse et une envie subite et incompréhensible de semer la zizanie dans le camp d’en face. Mais laissons ça … Ñangal a certainement, depuis avant-hier, ramené l’ordre chez lui, à l’Apr où, malgré quelques protestations de pure forme qu’on verra fuser, de-ci, de-là, le message contenu dans le limogeage de Lô, en direction de son propre parti, aura été bien entendu. Les Cadres de l’Apr, surtout, ont fait machine arrière toute; et pour la première fois depuis le début de cette controverse, on a entendu dire clairement que « Moustapha Niasse est le choix du président Macky Sall pour la présidence de l’Assemblée » (Mor Ngom vice-patron de la Convergence des Cadres républicains, dans le Pop de samedi, 14/7). Et même, toujours d’après le même Pop, qui interviewait l’intéressé au moment où la décision de son limogeage était rendue publique : «Moustapha Cissé Lô était revenu à de meilleurs sentiments». C’est dire que (même si tout n’est pas joué), le chemin vers le perchoir est vraisemblablement bien balisé pour Moustapha Niasse. Et par qui ? Ñangal, soi-même ! C’est le lieu de dire à Niasse donc, en premier, que, dans son autre sens, ce message de Macky Sall lui est destiné, et qu’il est aussi destiné à tous les alliés de Bby, surtout, parmi tous, aux communistes de l’attelage qui se sont bien fait remarquer dans leur posture « tout pour Niasse », depuis plus de cinq ans maintenant, avec la Cpa (Coalition Pour l’Alternative) d’abord, qui a éclaté à la veille de l’élection présidentielle de 2007, sur la candidature unique et autour de la rivalité Tanor-Niasse. Et jusqu’à «Benno siggil Senegaal» (Bss), en 2012, quasi remake de 2007, avec ici l’artillerie lourde du Pit, et les snipers de la Ld ouvertement déployés, cette fois, pour propulser Niasse « candidat de l’unité ». Aujourd’hui encore, au sein de «Benno bokk yakaar », alors que la querelle autour du poste de président de l’Assemblée nationale est soulevée par les militants de l’Apr, et qu’étrangement aucun militant de l’Afp, parti du principal intéressé, ne s’en est mêlé, ce sont les mêmes gens de gauche, Amath Dansokho en tête (dans les colonnes du Pop, jeudi 12, il dit : «Je suis pour Niasse… j’en ai le droit ») suivi du numéro deux du Pit, Ibrahima Sène qui lui, dans le même journal, le lendemain, ne s’est pas gêné pour traiter, sans le nommer, le tumultueux candidat de l’Apr d’ «énergumène» à qui on ne devrait pas donner un poste aussi prestigieux. La partie du message destinée à l’Apr bien décryptée, reste, bien évidemment, celle destinée aux alliés. Même s’il est subliminal, le contenu de ce message ne devrait pas échapper aux vieux briscards politiques auxquels il est destiné. Le poste de président de l’Assemblée nationale n’est pas rien, et si Macky s’engage tant dans la bataille en faveur de Niasse, pour rester dans l’esprit de l’Alliance Bby, c’est qu’il attend en retour la même attitude de la part de ses alliés. Une loyauté sans faille, et le respect des engagements souscrits. De l’usage que Moustapha Niasse fera de toute l’influence contenue dans le poste, s’il lui échoie, dépendra l’ambiance des réunions que le président de l’Apr aura, désormais, avec ses militants, à tous les niveaux, de l’Apr, et avec ses alliés de Macky 2012 dont les appétits ont été bridés, les craintes ignorées par « Ñangal », l’intraitable. Parce que ce qui détonne dans l’intervention du Pr Iba Der Thiam sur la question, c’est tout simplement son caractère inattendu, voire intempestif. Par contre, tout ce que l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale a dit de l’influence que peut conférer sa présidence se tient parfaitement. Il s’agit pour Macky Sall, de faire confiance à Moustapha Niasse pour lui tenir ce poste stratégique, ce vers quoi, en dépit des résistances dans son camp, le président de la République semble résolument s’acheminer ; et pour Niasse, de mériter la confiance qui lui est ainsi témoignée en le tenant en toute loyauté. C’est-à-dire, finalement, dans l’esprit «Il faut donner
une majorité au président de la République », slogan avec lequel l’Assemblée a été conquise lors de la campagne électorale par la tête de liste Bby et sa suite. Tout est là !
Par Pape Samba KANE

TEUSS

En attendant Obama

Et nous y voilà. Ndakaaru se prépare à recevoir sur son sol le plus prestigieux des invités se trouvant dans le monde libre. Si pour certains, il y a de quoi s’en réjouir. Pour d’autres la visite des locataires de la Maison blanche évoque de très mauvais souvenir. L’eau de l’Atlantique n’a toujours pas su laver l’affront ressenti par les insulaires de Gorée, lors de la dernière visite du cow boy de Texas. Ils ont tous été acteurs, le temps d’une matinée, pour une reconstitution forcée de l’esclavage sans besoin d’accéder à la Maison des esclaves. En attendant Obama et son épouse, Ndakaaru va se la jouer «cool». Les marchands ambulants semblent l’avoir déjà compris. C’est comme ça. Michelle et son mari ne seront là que pour quelques heures mais les «Goorgoorlus» devront en souffrir tout un mois durant. Alors motus et bouche cousue. On aura peut-être droit à un pourboire cette fois.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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