«Ubi societas ibi jus : là où il y a une société, il y a du droit»
En Wolof, on utilise le terme «yoon*» dans des sens différents mais surtout complémentaires pour désigner le mot «Justice». Il (yoon) peut être utilisé pour désigner le caractère de ce qui est, soit conforme au droit, soit impartial ou alors simplement considéré comme bien sur le plan moral ou comme voie, comme moyen de se conformer à ce même bien. De ce point de vue, il se dégage un tiercé gagnant à chaque coup : la justice comme Idéal, la justice comme Norme et la justice comme Institution. Le «Yoon*» Wolof est un principe philosophique, juridique et moral fondamental en vertu duquel les actions humaines doivent être sanctionnées ou récompensées en fonction de leur mérite au regard du droit (?il pour ?il), de la morale (séparation et respect strict du bien personnel et du bien collectif) et autres sources prescriptives de comportements (cardinal de vertus ancestrales incontournables et inviolables). Quoique la justice soit un principe à portée universelle, le juste paraît pouvoir varier en fonction des facteurs culturels.
En Wolof, on utilise le terme «yoon*» dans des sens différents mais surtout complémentaires pour désigner le mot «Justice». Il (yoon) peut être utilisé pour désigner le caractère de ce qui est, soit conforme au droit, soit impartial ou alors simplement considéré comme bien sur le plan moral ou comme voie, comme moyen de se conformer à ce même bien. De ce point de vue, il se dégage un tiercé gagnant à chaque coup : la justice comme Idéal, la justice comme Norme et la justice comme Institution. Le «Yoon*» Wolof est un principe philosophique, juridique et moral fondamental en vertu duquel les actions humaines doivent être sanctionnées ou récompensées en fonction de leur mérite au regard du droit (?il pour ?il), de la morale (séparation et respect strict du bien personnel et du bien collectif) et autres sources prescriptives de comportements (cardinal de vertus ancestrales incontournables et inviolables). Quoique la justice soit un principe à portée universelle, le juste paraît pouvoir varier en fonction des facteurs culturels.
La justice est un idéal souvent jugé fondamental pour la vie sociale et pour la civilisation. En tant qu’institution, sans lien nécessaire avec la notion, elle est jugée fondamentale pour faire respecter les lois de l’autorité en place, légitime ou pas légitime. Alors quand le peuple souverain réclame justice, il n’y a plus lieu de théoriser une quelconque justice échappant à la nature et fondée sur la raison comme semble le vouloir le procureur de la cour de répression de l’enrichissement illicite avec sa fameuse déclaration : «privilégier la récupération des biens détournés sur l’ouverture des portes de Rebeuss aux coupables». Et c’est là où je ne comprends pas monsieur le procureur de la fameuse cour de répression. Un voleur n’a pas de dignité, du moins une quelconque dignité à protéger. De la même manière qu’un petit voyou des quartiers paumés puisse être traîné dans la boue pour avoir chipé la serviette infecte de la lavandière, le porte-monnaie austère de la vendeuse de beignet, tout ponte de la République qui aurait détourné nos finances publiques doit être traité. C’est aussi simple que çà ! Rendre ce que l’on a volé ne signifie pas que l’on soit clean pour de bon. Sinon, le voleur de beignet n’en est plus un s’il arrive à les restituer tout bonnement. Le rat d’égout, le rat des champs sont tous deux le même rat fouineur, rongeur et prédateur : «roñ rekk*» ! Dans la prédation, on peut être amené à se demander s’il y a optimisation ou préméditation ? Et, cela revient à se demander s’il y a stratégie. Un prédateur chasse-t-il, pille-t-il, détruit-il par hasard ? Tous les naturalistes vous diront que vue de loin, la nature semble harmonieuse ; vue de près, on y observe que les plantes cherchent à s'étouffer les unes les autres et que les animaux utilisent la prédation et le parasitisme. Celui qui pilla les réserves affectées à l’achat de carburant pour nos centrales électriques et qui envoie de facto maintes malades au cimetière, des milliers d’emplois dans nos fabriques aux calendres grecques ; celui qui saccagea le peu de moyens réservés à notre système éducatif à la peau irritée ; celui qui ravagea nos maigres ressources affectées aux étudiants affamés, à la jeunesse désemparée jusqu’au slogan barca ou barsàq*, aux tout petits dont l’innocence a été volée par les rigueurs de la vie, aux paysans exsangues sous les rayons du soleil dans des champs qui leur refusent maintenant leur subsistance ; celui là a-t-il une dignité que l’on doit préserver des rigueurs de la prison ? Je sais qu’ailleurs, sous d’autres cieux moins cléments, on ne leur propose pas la restitution des biens spoliés mais plutôt la potence. Parce que justement, ceux-là sont les premiers assassins, les pires terroristes.

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