De grands centres commerciaux. C’est l’image que présentent les devantures de beaucoup d'écoles. C'est le cas des établissements Moustapha Cissé, El Mour Diop Coumba Pathé qui grouillent quotidiennement de monde. Ces lieux d’apprentissage pour les enfants, sont noyés dans des marchés. Et pourtant, ces dernières années, les syndicalistes de l’enseignement ont posé sur la table de l’autorité toutes sortes de revendications. Les mobiles de ces récurrents et interminables mots d’ordre de grèves, qui ont failli occasionner une année blanche, demeurent, selon eux, la sauvegarde de l’intérêt de l’école publique sénégalaise. Dans leurs différents plans d’actions, les syndicats ne mentionnent jamais la transformation des écoles en marchés. Réputés pour l’abondance de la friperie, du matériel d’occasion, la gare routière et le marché de Colobane enserrent l’une des plus veilles écoles de la commune de Gueule-Tapée/Fass- Colobane : l’école élémentaire Moustapha Cissé, à telle enseigne qu’il est impossible de l’apercevoir. Envahie par les cantines, sa porte principale est presque invisible. Elle baigne dans une pollution sonore faite de vrombissements des moteurs des véhicules et du tohu- bohu du marché. Une cohabitation qui outre certains riverains. C’est le cas de Abdoulaye Mbengue. Habitant à Colobane, non loin de l’école Moustapha Cissé, il dénonce les effets de cette cohabitation. Et il prend pour responsables les enseignants, l’Etat et les parents d’élèves. «Les enseignants d’aujourd’hui ne posent que des revendications personnelles, des parcelles et indemnités à n’en plus finir, mais l’assainissement de l’environnement scolaire ne fait pas partie de leurs combats. A chaque fois que je passe ici, je me demande comment les enfants parviennent à étudier dans cette atmosphère. L’Etat et l’association des parents d’élèves aussi ont une grande part de responsabilité», dénonce-t-il. Selon lui, «les commerçants ont franchi le Rubicon pour y ériger une mosquée». Face à ces perturbations, le directeur, Massokhna Diop, soutient : «Dès ma prise de fonction, j’ai pris la décision d’interdire l’accès à toute personne étrangère à l’école aux heures de cours. Je ferme la porte de 8 heures à 14h05. Je suis catégorique sur ça». Mais ce qui lui pose surtout problème, c'est la mosquée installée dans l'enceinte de l’école. Ce qui l’oblige à ouvrir la porte à 14h 05.
A Tilène, c'est également la même pression qui s'exerce sur l’espace de l’école élémentaire El Mour Diop Coumba. Sis sur l’avenue Blaise Diagne, l’établissement paye le prix de sa proximité avec le marché qui ne cesse de s’étendre sur la voie publique. Là, également les écoliers sont contraints de supporter la pollution sonore. Sur cette cohabitation, le directeur de ladite école, héritant de cette situation, a préféré ne pas se pencher sur la question. Mais ce qu’il a tenu à préciser, c'est : «Nous avons pu trouver une entente avec les commerçants pour qu’ils ne diffusent pas de la musique à l’heure des cours». Aussi, pour amoindrir les dégâts de la proximité avec le marché, les membres du comité de
gestion de l'école veillent à ce que l’accès des toilettes soit réservé strictement aux élèves. Membre du comité de gestion de ladite école, par ailleurs membre de l’association Médina action (Ama), Asse Sène a, en effet, saisi cette opportunité pour exposer les problèmes dont
souffre l’école, comme les eaux stagnantes dans la cour. D’après lui, l’école ne gagne rien de ces installations. «Il n’est pas toujours souhaitable de voir des cantines aux alentours des écoles. Ils pensent peut- être que renflouer leurs caisses est meilleur que l’étude de leurs enfants». Il impute la responsabilité à l’équipe municipale de 1997 qui a, selon lui, autorisé ces installations. Au départ, rappelle-t-il, une entente entre la perception municipale, la mairie et l’école avait déterminé les modalités de la gestion de ces cantines. Cette entente stipule que : «Les propriétaires de ces cantines devraient payer une somme de 7500 francs Cfa à la perception municipale. De cette somme, 1500 francs Cfa devraient être versés dans les caisses de l’école», soutient-il. Mais «cette entente n’a jamais été respectée», regrette-t-il. Plusieurs autres écoles sont dans cette même situation. C’est le cas de l’école élémentaire El Hadji Massiga Sène de la Biscuiterie, le Collège d’enseignement moyen (Cem), El Hadji Badara Mbaye Kaba, le Cem Adama Ndiaye. A Colobane tout comme à Tilène, la plupart des propriétaires des cantines évitent cette question. Toutefois, ils soutiennent être en phase avec les municipalités concernées en s’acquittant régulièrement de leurs droits.
A Tilène, c'est également la même pression qui s'exerce sur l’espace de l’école élémentaire El Mour Diop Coumba. Sis sur l’avenue Blaise Diagne, l’établissement paye le prix de sa proximité avec le marché qui ne cesse de s’étendre sur la voie publique. Là, également les écoliers sont contraints de supporter la pollution sonore. Sur cette cohabitation, le directeur de ladite école, héritant de cette situation, a préféré ne pas se pencher sur la question. Mais ce qu’il a tenu à préciser, c'est : «Nous avons pu trouver une entente avec les commerçants pour qu’ils ne diffusent pas de la musique à l’heure des cours». Aussi, pour amoindrir les dégâts de la proximité avec le marché, les membres du comité de
gestion de l'école veillent à ce que l’accès des toilettes soit réservé strictement aux élèves. Membre du comité de gestion de ladite école, par ailleurs membre de l’association Médina action (Ama), Asse Sène a, en effet, saisi cette opportunité pour exposer les problèmes dont
souffre l’école, comme les eaux stagnantes dans la cour. D’après lui, l’école ne gagne rien de ces installations. «Il n’est pas toujours souhaitable de voir des cantines aux alentours des écoles. Ils pensent peut- être que renflouer leurs caisses est meilleur que l’étude de leurs enfants». Il impute la responsabilité à l’équipe municipale de 1997 qui a, selon lui, autorisé ces installations. Au départ, rappelle-t-il, une entente entre la perception municipale, la mairie et l’école avait déterminé les modalités de la gestion de ces cantines. Cette entente stipule que : «Les propriétaires de ces cantines devraient payer une somme de 7500 francs Cfa à la perception municipale. De cette somme, 1500 francs Cfa devraient être versés dans les caisses de l’école», soutient-il. Mais «cette entente n’a jamais été respectée», regrette-t-il. Plusieurs autres écoles sont dans cette même situation. C’est le cas de l’école élémentaire El Hadji Massiga Sène de la Biscuiterie, le Collège d’enseignement moyen (Cem), El Hadji Badara Mbaye Kaba, le Cem Adama Ndiaye. A Colobane tout comme à Tilène, la plupart des propriétaires des cantines évitent cette question. Toutefois, ils soutiennent être en phase avec les municipalités concernées en s’acquittant régulièrement de leurs droits.
BACARY BADIANE, PRESIDENT DE LA FENAPES : «L’école est une maison d’éducation et non une maison commerciale»
La Fédération nationale des parents d’élèves et étudiants du Sénégal (Fenapes) donne leur position d’une manière claire et tranchée sur la «Cantinisation» des écoles. Son président Bacary Badiane a indiqué que «la Fenapes est impuissante face à cette situation, mais elle est foncièrement contre la cantinisation des écoles». Pour le président de la Fenapes, «l’école est une maison d’éducation et non une maison commerciale, elle doit être visible et propre. Il faut suffisamment de l’ordre, du silence pour favoriser l’apprentissage. Or, ces cantines favorisent le tumulte et le désordre». Ce qui intrigue le mieux le président du Fenapes c’est le mutisme des syndicats d’enseignants qui ne posent que «des revendications pécuniaires, des avantages personnels». D'où ses interrogations sur une possible «complicité entre les propriétaires de cantines et les directeurs d’écoles ». Ainsi, a-t-il invité les acteurs et autres partenaires techniques à secourir l’Ecole sénégalaise qui ne cesse de se noyer dans des turbulences. Le cri de coeur du président de la Fenapes est «qu’on arrête d’agresser l’école».
SEYNABOU WADE, MAIRE DE GUEULE-TAPEE/FASS-COLOBANE : «il n’y a qu’à l’école Moustapha Cissé où les commerçants ont érigé une mosquée»
Accusée de tirer profit de ces installations, la municipalité de la commune d’arrondissement de Gueule-Tapée/Fass/Colobane a dégagé ses responsabilités. Et selon Madame le Maire, Seynabou Wade, la mairie avait pris des initiatives pour trouver des cantines afin que ces commerçants puissent libérer la voie publique, mais ces derniers s'y sont opposés violemment. «La mairie avait en accord avec un promoteur un projet pour octroyer aux commerçants des cantines qu’ils devaient payer à hauteur de 50 000 francs Cfa en 20 mensualités. Mais, on seulement ils ont pris les cantines, mis leurs bagages, et ne paient pas le promoteur, mais après ils sont revenus occuper la voie publique. Nous avons voulu les déguerpir, mais ils s’y sont opposés. Je me suis dit, nous ne pouvons pas passer tout notre temps à parler de Colobane alors que nous avons autre chose à faire. Moi, je me suis dit; c’est à l’Etat de réagir maintenant», s’est défendue Madame le Maire demandant au préfet de faire appliquer la loi. Elle a aussi indiqué que l’environnement de l’école bloque son projet d’y installer une salle informatique pour la formation des enfants. «La mairie a un projet de salle d’informatique qui est pourtant une école d’excellence. Mais faute de place, ce projet n’a pas pu être réalisé. Il n’y a qu’à l’école Moustapha Cissé, où les commerçants ont érigé une mosquée. Mais moi je pense qu’ils sont là parce que c’est l’Etat qui a voulu que ça soit ainsi», a-t-elle dénoncé tout en doutant de la rigueur des anciens directeurs qui se sont succédé à la tête de l’école. Et sur l’argument brandi par les commerçants, selon lequel ils paient à la mairie, Madame le Maire trouve que c’est un faux débat. Parce que «quand on occupe la voie publique, on doit payer. Ça c’est un faux débat».

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