PRES DE 2500 BETES COMPOSEES DE CHAMAEAUX, BOEUFS, MOUTONS ET POULETS ET DES FRUITS ET BOISSON A GOGO : Le copieux «berndel» offert par les «Cantakun»

Vendredi 13 Janvier 2012

Comme chaque année, le Magal de Touba est célébré par tous les dignitaires mourides, Cheikhs comme Talibés rivalisent. Chacun d’entre eux fait du mieux qu’il peut pour assurer le «berndel» qui est, selon Cheikh Béthio Thioune, une recommandation de Serigne Touba. Cette manière de saluer les bienfaits du Tout Puissant consiste à donner à boire et à manger à tous les pèlerins. L’attention des pèlerins est comme le plus souvent attirée par le troupeau que Cheikh Béthio Thioune draine chaque année à Djanatoul Mahwa, pour les besoins du «berndel». Cette année, selon un des responsables du comité central chargé entre autres des condiments, Djawrin Mohamed Ndiaye plus de 2 000 bêtes ont été sacrifiées pour que tous les pèlerins puissent manger et boire à leur guise. «L’an passé, on avait environ 500 boeufs, mais cette année, on a plus de 1000 boeufs. Je ne connais pas le chiffre exact des moutons, mais ce qui est possible comme tous les ans c’est qu’on a plus de 500 ovins sans compter les volailles qui se chiffrent aussi à plus de 500». En tout, précise-t-il, «nous pouvons dire qu’on a sacrifié à peu près 2500 animaux pour le ‘berndel’ de ce Magal sans y inclure ceux sacrifiés au niveau des ‘daaras’ que le Cheikh a, partout, dans ce pays» renseigne notre interlocuteur à l’absence de Djawrin Mbaye Guèye, président de ce comité. Ce dernier, mesurant le nombre incalculable de bêtes sacrifiées confie: «actuellement, ici au Sénégal, le cheikh dispose de plus de 600 ‘daaras’ et chacune de ces structures a amené une contribution d’un mouton, boeuf ou chameau en plus de ce que le cheikh leur donne pour le festin. Il nous est impossible de dire à combien se chiffrent les caisses de boissons, fruits et autres, mais il y en a assez pour tout le monde» soutient-il. Il faudra souligner que pour l’édition de cette année, le Cheikh n’a pas lésiné sur les moyens. 36 cuisines appelées «santianes» ont été installées dans Touba et ses environs. «L’année dernière, on était à 33 cuisines et cette année nous comptons 3 de plus. Ces 36 «santianes» sont tout à fait différents de celles qui sont dans les maisons. Les mets qu’on doit amener chez Serigne Cheikh et autres sont préparés dans la cuisine située au niveau du palais du Cheikh et c’est différent des autres mets qui sont préparés au niveau des «santianes» et qui sont destinés aux populations pour les besoins du Magal», explique-t-il. Selon lui, les «Cantakun» en venant au Magal font de leur mieux pour respecter les recommandations de Serigne Touba qui est de combler les fidèles. «Le Cheikh veut, comme l’a recommandé Serigne Touba que tout le monde mange à sa faim et boit à sa soif. Et on va faire tout notre possible pour gérer tout cela». Pour que l’organisation se fasse correctement, des comités ont été instaurés et des tickets confectionnés pour que chaque «daara» du Cheikh ait ce dont il a besoin pour satisfaire les pèlerins.
De nos envoyés spéciaux Mously NDIAYE, Aliou DIOUF (Stagiair

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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