POUR LE DEPART DE ME WADE : Le M23 prie à quelques pas du Palais

Samedi 4 Février 2012

Le M23 a joint, hier, l’acte à la parole en allant prier à la mosquée de la rue Carnot angle Moussé Diop, située à quelques encablures du Palais.
Ses membres ont prié pour le départ de Me Wade, mais, sous très haute surveillance policière.


POUR LE DEPART DE ME WADE : Le M23 prie à quelques pas du Palais
Epiés et surveillés par une légion d’hommes de tenue, qui ont quadrillé toute la zone et érigé un bouclier, pour empêcher à d’éventuels manifestants d’accéder au Palais, les membres du Mouvement du 23 juin (M23) ont tenu, hier, vendredi, leur journée de prières à la mosquée
de la rue Carnot angle Moussé Diop. Mais, il faut relever que c'est seulement quelques leaders politiques et le Coordonnateur du mouvement «Y en a marre», Fadel Barro, qui ont fait le déplacement. La plupart des ténors de l’opposition et de la société civile, comme Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse, Macky Sall, Idrissa Seck, Youssou Ndour, étaient aux abonnés absents. Ceux qui étaient présents ont surtout prié pour le départ de Me Wade. «Nous sommes venus, nous, leaders politiques, prier, pour que Dieu nous départisse d’Abdoulaye Wade, et que la paix revienne dans le pays. Et nous sommes venus prier, ici, dans cette mosquée qui n’est pas loin de la Présidence de la République», a déclaré Landing Savané. Quant à Fadel Barro, Coordonnateur du mouvement «Y en a marre», il a déploré le fait qu’«au moment où le sang des Sénégalais coule, le Président dit que c'est juste une brise”. Et d'en déduire : “Donc, il y a vraiment de quoi prier, quand vous avez en face de vous un diable». À signaler que certains membres du M23 ont pu passer entre les mailles de l’impressionnant dispositif sécuritaire mis en place par les forces de l’ordre pour se rendre à la Place de l’indépendance. Drapeau du Sénégal autour du cou, Ousmane Ndiaye, responsable des jeunes du Jëf-jël, en compagnie d'autres membres du M23, a pu accéder à la Place de l’indépendance. Mais, ils ont dû rebrousser chemin, lorsqu'ils ont été repérés par les forces de l’ordre, «La prochaine manifestation, c’est ici, à la Place de l’indépendance. Ils nous ont refusé l’accès, alors que nous avons vu des étrangers, des touristes, passer ici. Ce n’est pas normal. Nous sommes contre la candidature de Wade», a dit M. Ndiaye. Pour lui, “la seule campagne qui mérite d’être menée, c’est la campagne pour la souveraineté du peuple sénégalais, aujourd’hui, confisquée par Abdoulaye Wade, en parfaite complicité avec un soi-disant Conseil constitutionnel».

Réactions… Réactions… Réactions…

FADEL BARRO, COORDONNATEUR DU MOUVEMENT «Y EN A MARRE»
«Nous menons ce combat, ni pour les partis, ni pour les candidats déclarés»

Il ne faut, en aucun cas, penser que la validation de la candidature d'Abdoulaye Wade, par le Conseil Constitutionnel, rend forclos le combat que nous menons. Deuxièmement, nous menons ce combat, ni pour les partis politiques, ni pour les candidats déclarés. Nous nous battons au sein du M23 pour préserver nos acquis démocratiques, sauvegarder notre République, contre toute tentative de monarchisation du pouvoir. Ce combat est dirigé envers et contre tous. Aujourd'hui, c'est Abdoulaye Wade, mais demain, c'est peut-être eux. Donc, que les leaders du M23 ne viennent pas, ça n'a rien à voir avec notre détermination à aller de l'avant. Nous ne nous focalisons pas sur ce que font les partis politiques, mais
sur nos convictions démocratiques et quel avenir nous voyons pour notre pays.

ME EL HADJI DIOUF, LEADER DU PTP
«Wade est au bord de la déraison»

Nous allons continuer la lutte par la mobilisation, comme l'ont fait les Libyens, les Égyptiens, les Tunisiens et les Ivoiriens, pendant, avant et après la campagne. On doit se battre pour le Sénégal, c'est le seul combat qui vaille. Me Abdoulaye Wade est dépassé par les événements. C'est un homme fini. Ne me parlez plus de Wade. La page Abdoulaye Wade est définitivement enterrée. Il a perdu la raison,
il est au bord de la déraison.

MANSOUR SY DJAMIL, CHEF DE FILE DU MOUVEMENT «BËS DU NIAKK»
«Nous allons intensifier la lutte pour que Wade ne se représente pas»

Nous allons intensifier la lutte pour qu'Abdoulaye Wade ne se représente pas. Et pour qu'il dégage, le plus rapidement possible, à l'instar de Gbagbo, Kadhafi, Ben Ali et Hosni Moubarack. Nous voulons qu'Abdoulaye Wade dégage, le plus rapidement possible, avec son ministre de l'Intérieur. Nous ne faisons pas campagne pour gagner les élections, nous faisons campagne pour intensifier la lutte, pour qu'Abdoulaye Wade parte.
Youssouf SANE & Moustapha BA

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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