POUR EVITER LE DERACINEMENT : Ahmed Tidjani Cissé pour la revalorisation de la culture africaine dans la sous région

Mercredi 28 Décembre 2011

Le ministre de la Culture de la Guinée, Ahmed Tidjani Cissé, également écrivain, a échangé avec les acteurs culturels, secteur dont il se
réclame, lors de son passage à la maison d’édition le «Nègre international», avant-hier. «Je me définis comme homme de culture. Parce que l’homme se définit par son identité culturelle. C’est la culture qui est le fondement. Nous pourrons nous développer, être nous-mêmes, pour être souverains ; lorsque nous inté- grons, pour fondement, dans notre identité la culture», dit-il.
Ainsi, poursuivant son raisonnement, il déclare : «Nous sommes capables de donner à nos enfants des repères qui collent à la civilisation nègre, à la culture de nos ancêtres, à notre histoire. Si on ne le fait pas, nos enfants citadins qui ne connaissent pas nos traditions, les contes au clair de lune autour du feu de bois, auront des repères à partir de ce qu’ils voient à la télévision, de ce qu’ils écoutent à la radio». Aussi, indique- t-il que ces enfants ont créé ce qu’on appelle la musique urbaine. «Car, ils n’ont pas de repères, nous sommes accul- turés. C’est-à-dire que nous connaissons mieux la culture occidentale que la nôtre ». Ahmed Tidjani Cissé fait savoir, par ailleurs, que la culture de l’Afrique de l’Ouest a une harmonie dans la création culturelle, en prenant l’exemple du Sénégal. «Le Sénégal a eu la chance de pérenniser la danse comme le ‘Mbalax’ et si ce pays continue ainsi, il pourra léguer à ses enfants la culture sénégalaise». Toutefois, il reconnaît, pour le cas de son pays, le manque de professionnalisation des artistes. Alors même que toute la Guinée est composée d’artistes.
«Nous essayons de créer des conditions afin que les créateurs vivent de leur création. C’est-à-dire créer des industries culturelles qui génèrent des revenus de tout ce qui tourne autour de la création artistique».
Pour mieux revaloriser la culture dans la sous région, notamment dans les pays francophones, les acteurs ont décidé lors de la conférence d’Abuja de créer un festival tournant. Et les pays candidats sont la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, et le Mali. Selon le ministre, c’est un festival qui englobe la danse, la chanson, la musique et le théâtre qui intéressent les pays francophones voisins d’abord. Ensuite, renseigne le ministre, il sera étendu aux autres pays africains.
Adama Aïdara KANTE (Stagiaire)

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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