Mercredi 19 Juin 2013
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PENURIE D’EAU A DAKAR ET SA BANLIEUE : Les populations plongées dans un calvaire pendant 48 heures

Lundi 30 Juillet 2012

Restées 48 heures sans pouvoir s’approvisionner convenablement en eau, les populations de Dakar et une partie de sa grande banlieue ont vécu un véritable calvaire tout au long du week-end, en ce mois de Ramadan, marqué par une chaleur infernale.


PENURIE D’EAU A DAKAR ET SA BANLIEUE : Les populations plongées dans un calvaire pendant 48 heures
C’est dans une situation difficile que les populations de Dakar et une partie de la banlieue ont été plongées ce week-end. En effet, c’est sous un soleil de plomb, que jeunes garçons, femmes et enfants, tenaillés par la faim et la soif, ont été obligés de marcher des kilomètres à la recherche
du liquide précieux. Tous les récipients pouvant contenir de l’eau ont été sortis : bassines, seaux, bouteilles, entre autres. Du côté de la banlieue, à Pikine, notamment au niveau de la cité Icotaf 1, 2 et 3, tout comme Tally Bou-Bess, en passant par Keur Mbaye Fall, la pénurie d’eau s’est fait sentir dans tous les foyers. Mais cette partie de la capitale n’est pas la seule localité de Dakar à avoir passé un weekend sans la moindre goutte d’eau. Ailleurs aussi, la situation était la même. Ainsi, à Fann Hock, Grand-Yoff, Pattes-d’Oie, Diamalaye, Sicap Rue 10, Nord Foire, Sacré-Coeur ou encore aux Hlm, à Castors-Bourguiba, les populations ont vécu des situations indescriptibles de pénurie d’eau. Un véritable calvaire qui a causé énormément de soucis à bien des pères et mères de famille tout au long de ce week-end. Une situation d’autant plus critique qu’elle survient en plein mois de Ramadan, dans un contexte de forte canicule. Pour faire face à ce calvaire, les plus nantis se sont rués vers les bouteilles d’eau minérale Kirène et autres sachets d’eau vendus dans les commerces. Ce qui n’a pas été le cas des plus pauvres, à l’image de ceux des quartiers de la banlieue qui ont eu recours à l’eau des puits ou encore des pompes, sans aucune garantie quant à la qualité du liquide précieux. Une situation très délicate qui a presque installé le chaos dans bien des quartiers de la capitale, durant 48 heures, malgré les communiqués de la Sénégalaise des eaux (Sde) qui avaient annoncé cette rupture dans la distribution de l’eau et avaient recommandé aux clients de prendre leurs précautions. Mais dans les rues, ce sont les bassines d’eau sur la tête des femmes et des enfants, ainsi que les bouteilles vides sur l’épaule des hommes qui ont meublé le décor, durant deux jours. Pourtant, pour atténuer les conséquences de la pénurie d’eau, du week-end, qui découle des travaux de réhabilitation d’une de ses conduites, la Sde a mis en place un dispositif palliatif avec des camions- citernes qui ont sillonné les quartiers touchés par la coupure. Mais cette solution, bien qu’ayant permis de soulager un peu les populations, n’a pas suffi à enrayer le calvaire des dakarois qui ont vécu 48 heures de galère.

A Pikine, les camions-citernes de la Sde n’ont pas pu soulager les populations

A l’entrée de la cité Icotaf 1 à Pikine, c’est une interminable queue formée par les femmes et les enfants devant la citerne d’eau de la Sde qui attire d’emblée l’attention, en cette matinée du dimanche. Venues de tous les coins de Pikine, quelques personnes ont pu s’approvisionner en eau. Dans cette cacophonie où les bagarres s’invitent à cause de quelques zélés qui veulent s’approvisionner avant que la citerne ne se vide, Yama, habitant à la cité Icotaf 1, se confesse : «nous sommes très fatigués. On est en plein mois de Ramadan et au moment de préparer le repas du soir les choses deviennent compliquées. Car nous ne savons où trouver de l’eau. En plus, il fait très chaud, et du coup, il faut trouver aussi de l’eau pour se laver. C’est vrai que le Sde nous avait prévenus, mais nous n’avons pas assez de récipients pour garder toute l’eau dont on a besoin, durant deux jours». Plus loin, à la cité Icotaf 2 où se trouve une pompe, c’est la grande affluence. Les jeunes filles se relaient, tandis que d’autres essaient de mettre de l’ordre dans les rangs. A la recherche du liquide précieux depuis 6 heures du matin, Oulimata Ly, secouée par cette pénurie d’eau, se désole. «C’est très dur pour nous. Nous sommes en période de Ramadan et il fait très chaud et voilà qu’il y a coupure d’eau. Nous utilisons l’eau de la pompe, mais on sait très bien qu’elle n’est pas très hygiénique. Mais nous n’avons pas d’autres solutions. Alors nous y mettons quelques gouttes d’eau de javel pour la rendre potable», lance-t-il. Ne sachant plus à quel saint se vouer, Adama Guèye, une mère de famille, martèle : «Depuis hier (samedi), j’achète des sachets d’eau et des bouteilles de Kirène et ça coûte très cher. Déjà que nous sommes au mois de Ramadan avec toutes les dépenses qui en découlent, si en plus on doit débourser de l’argent pour avoir de l’eau, cela devient tout simplement insupportable pour les chefs de famille. Et ce n’est pas sûr de boire l’eau des puits ou encore des pompes, car on court d’énormes risques au plan sanitaire. Seulement, ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des bouteilles d’eau minérales sont obligés de se tourner vers les camions- citernes et c’est regrettable».

«Le malheur des uns fait le bonheur des autres»

La pénurie d’eau qui a sévi à Dakar durant le week-end n’a pas fait que des malheureux. Certains en ont profité pour faire de bonnes affaires. A savoir les enfants se sont également frotté les mains en faisant leur petit business avec le transport de l’eau sur les pousse-pousse, mais aussi les vendeurs d’eau minérale en sachets et surtout en bouteilles. Et comme toujours, le revers de la médaille est pour les consommateurs qui ont casqué beaucoup d’argent pour étancher leur soif ou se doucher. Pour ce faire, ils ont dû, en effet, acheter de l’eau en bouteilles en grande quantité. Certains dakarois ont ainsi dépensé, en 48 heures, autant d’argent qu’ils ne décaissaient pour payer 3 ou 4 mois de consommation en factures de la Sde.
Aminatou AHNE (Stagiaire)

TEUSS

Le poids des mots

Risquent bien de crouler sous le poids du mépris ceux qui s’amusent à ignorer la portée des mots. Un mot incompris ou prononcé hors de son contexte suffit souvent pour déclencher une avalanche de réactions. Il n’y a qu’à voir les imams qui risquent bien d’anticiper sur leur sermon du vendredi pour réagir suite aux propos d’un des leurs. Ce dernier a parlé de la présence d’homosexuels dans les 1ers «sappé» (rangs) des mosquées. Soubhannallah! On aura tout vu au pays des «googoorlus». Comme ce vieil homme qui a failli en venir aux mains simplement parce que le mot «groupuscule» a été évoqué devant lui. Persuadé qu’il a été insulté ce riche négociant ignore visiblement que celui qu’il doit empoigner c’est surtout le dictionnaire. Enfin, bref, les mots font autant qu’ils défont. Ils ont un poids pas toujours lourd, mais qui pèse toujours sur la balance des jugements.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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