Situé actuellement dans le quartier de la Médina, à la rue 17X22, Santhiaba, comme son nom l’indique, signifie «nouveau lotissement, le premier établissement». Mais le nom qui lui est prêté et qui a un sens mystique, selon Alioune Diagne Mbor, «Ndey Ji Rew» de la communauté léboue est «Doth» du verbe «Dediou». Ce «Penc» qui jadis se situait au niveau du haut Plateau fait partie des 6 qui ont été déplacés à la Médina, en 1914, suite à une épidémie de peste. Le «Penc» de Santhiaba trouve sa particularité dans le fait qu’il renferme une certaine dimension mystique. Au bon milieu de la place publique se trouve, en effet, un grand baobab. C’est le baobab tutélaire de Santhiaba. Cet arbre, qui fait face à la demeure du «Ndey Ji Rew», membre influent du gouvernement lébou, est porteur de plusieurs symboles. «L’arbre, c’est sacré et malheureusement les gens l’ignorent. Dans chaque ‘Penc’, il faut un arbre à l’ombre duquel on discute. C’est à l’ombre de cet arbre-là qu’on discute des problèmes.
C’est pourquoi on l’appelle l’arbre à palabre», renseigne Alioune Diagne Mbor. Ce baobab cache ce que les dignitaires lébous appellent «une protection pour toute la presqu’île du Cap-Vert». Des «choses» mystiques y sont attachées. Cette aptitude protectrice échappe au commun des mortels. Elle est également prêtée au «Penc» de Mbot, sur la rue de Thiong, au coeur du quartier du Plateau, demeure du Jaraaf Farba Paye, celui que l’on surnommait «Commandeur des abeilles».
Une distribution géographique faite à partir de l’arbre
Sur le grand espace qui enserre le baobab tutélaire, un fromager de moindre envergure étend ses branches. L’emplacement actuel de ce «Penc» s’est fait suite à un choix judicieux. Ainsi, raconte Alioune Diagne Mbor, «lorsqu’ils (les Lébous) sont venus, ils ont trouvé trois arbres, dont un baobab et deux fromagers (un grand et un petit). Ils ont choisi celui qui se trouvait à droite conformément à la logique d’une des sourates du livre Saint. Le grand fromager qu’ils ont choisi après quelques années a commencé à perdre ses feuilles alors que le baobab fleurissait. De là, ils ont su que cet arbre qu’ils avaient choisi n’était pas le bon et que celui qui était digne d’abriter le ‘Penc’ était le baobab». Ainsi, explique le «Ndey Ji Rew», «dans chaque village, il y a une grande place avec un arbre au milieu qui donne des repères pour les installations. A l’Ouest de l’arbre s’installe le chef et à l’Est la mosquée». A Santhiaba, la disposition des concessions est restée la même depuis les villages antiques, elles sont situées de part et d’autre de l’arbre. L’implantation géographique se faisait à partir de cet arbre fabuleux. La maison du «Ndey Ji Rew» fait donc face au totem, l’arbre au centre de la place publique qui est le grand baobab. La demeure du «Ndey Ji Rew» est dépourvue de porte d’entrée. C’est fait exprès, explique Sellé Paye, «Diambour» de Dakar (député en société léboue), car «elle doit être accessible à toutes populations qui viennent voir le dignitaire».
«Laakoon, Fakoon, Ñaakoon», devise de la collectivité leboue
Ce «Penc» qui a vu naître le «Ndey Ji Rew», Alioune Diagne Mbor, l’un des principaux dignitaires de la communauté léboue, a la particularité d’abriter les réunions que les dignitaires lébous organisent. Il abrite le siège de la collectivité léboue appelé «Mbaaru Beeñ» en hommage à la famille des Beeñ, une des familles fondatrices des «Penc». L’édifice qui abrite le siège de la collectivité léboue, est une réalisation de la commune de Dakar. En 1916, cet endroit était une case en bois et en toile, construite par le premier député noir de l’époque, Blaise Diagne. La case fait place, en 1936, à un bâtiment en dur construit par le maire Alfred Goux. Par la suite, c'est-à-dire en 1947, des rénovations et agrandissements furent effectués par le maire Lamine Guèye. En 1998, Mamadou Diop, maire de Dakar d’alors, fait une extension ainsi qu’une élévation du bâtiment. Et une année plus tard, le 19 juin 1999, le nouvel édifice du «Mbaaru Beeñ» fut inauguré. A la porte d’entrée est inscrit en gros caractère : «Laakoon, Fakoon, Ñaakoon». C’est la devise de la collectivité léboue. Aussi, Alioune Diagne Mbor décrypte la signification de ce script : «’Laakoon’ (Ndlr : Lawoon) fait référence à ce qui fut, c'est-à-dire l’histoire, les coutumes et règles de gestion. ‘Faakoon’ (Ndlr : Fawoon) renvoie au site où s’est déroulée l’histoire des Lébous, l’espace géographique, le territoire, à savoir la presqu’île du Cap-vert.
‘Ñaakoon’ (ndlr : Ñawoon), c’est le peuple lébou».
«Cette devise fait référence en termes français à l’histoire, la géographie et le peuple», renchérit Diagne Mbor, tout en précisant que «’Faakoon’, c’est le territoire. Il s’étend de Mbidième, la ville de Thiès, à la presqu’île du Cap-vert. Il y a ceux qui sont vers la mer «Guedj» et ceux qui sont vers le continent «Nder». Par contre, informe-t-il : «Sambay Karang, Niaye Bopp, tous ces villages font partie de Ñaakoon».
C’est pourquoi on l’appelle l’arbre à palabre», renseigne Alioune Diagne Mbor. Ce baobab cache ce que les dignitaires lébous appellent «une protection pour toute la presqu’île du Cap-Vert». Des «choses» mystiques y sont attachées. Cette aptitude protectrice échappe au commun des mortels. Elle est également prêtée au «Penc» de Mbot, sur la rue de Thiong, au coeur du quartier du Plateau, demeure du Jaraaf Farba Paye, celui que l’on surnommait «Commandeur des abeilles».
Une distribution géographique faite à partir de l’arbre
Sur le grand espace qui enserre le baobab tutélaire, un fromager de moindre envergure étend ses branches. L’emplacement actuel de ce «Penc» s’est fait suite à un choix judicieux. Ainsi, raconte Alioune Diagne Mbor, «lorsqu’ils (les Lébous) sont venus, ils ont trouvé trois arbres, dont un baobab et deux fromagers (un grand et un petit). Ils ont choisi celui qui se trouvait à droite conformément à la logique d’une des sourates du livre Saint. Le grand fromager qu’ils ont choisi après quelques années a commencé à perdre ses feuilles alors que le baobab fleurissait. De là, ils ont su que cet arbre qu’ils avaient choisi n’était pas le bon et que celui qui était digne d’abriter le ‘Penc’ était le baobab». Ainsi, explique le «Ndey Ji Rew», «dans chaque village, il y a une grande place avec un arbre au milieu qui donne des repères pour les installations. A l’Ouest de l’arbre s’installe le chef et à l’Est la mosquée». A Santhiaba, la disposition des concessions est restée la même depuis les villages antiques, elles sont situées de part et d’autre de l’arbre. L’implantation géographique se faisait à partir de cet arbre fabuleux. La maison du «Ndey Ji Rew» fait donc face au totem, l’arbre au centre de la place publique qui est le grand baobab. La demeure du «Ndey Ji Rew» est dépourvue de porte d’entrée. C’est fait exprès, explique Sellé Paye, «Diambour» de Dakar (député en société léboue), car «elle doit être accessible à toutes populations qui viennent voir le dignitaire».
«Laakoon, Fakoon, Ñaakoon», devise de la collectivité leboue
Ce «Penc» qui a vu naître le «Ndey Ji Rew», Alioune Diagne Mbor, l’un des principaux dignitaires de la communauté léboue, a la particularité d’abriter les réunions que les dignitaires lébous organisent. Il abrite le siège de la collectivité léboue appelé «Mbaaru Beeñ» en hommage à la famille des Beeñ, une des familles fondatrices des «Penc». L’édifice qui abrite le siège de la collectivité léboue, est une réalisation de la commune de Dakar. En 1916, cet endroit était une case en bois et en toile, construite par le premier député noir de l’époque, Blaise Diagne. La case fait place, en 1936, à un bâtiment en dur construit par le maire Alfred Goux. Par la suite, c'est-à-dire en 1947, des rénovations et agrandissements furent effectués par le maire Lamine Guèye. En 1998, Mamadou Diop, maire de Dakar d’alors, fait une extension ainsi qu’une élévation du bâtiment. Et une année plus tard, le 19 juin 1999, le nouvel édifice du «Mbaaru Beeñ» fut inauguré. A la porte d’entrée est inscrit en gros caractère : «Laakoon, Fakoon, Ñaakoon». C’est la devise de la collectivité léboue. Aussi, Alioune Diagne Mbor décrypte la signification de ce script : «’Laakoon’ (Ndlr : Lawoon) fait référence à ce qui fut, c'est-à-dire l’histoire, les coutumes et règles de gestion. ‘Faakoon’ (Ndlr : Fawoon) renvoie au site où s’est déroulée l’histoire des Lébous, l’espace géographique, le territoire, à savoir la presqu’île du Cap-vert.
‘Ñaakoon’ (ndlr : Ñawoon), c’est le peuple lébou».
«Cette devise fait référence en termes français à l’histoire, la géographie et le peuple», renchérit Diagne Mbor, tout en précisant que «’Faakoon’, c’est le territoire. Il s’étend de Mbidième, la ville de Thiès, à la presqu’île du Cap-vert. Il y a ceux qui sont vers la mer «Guedj» et ceux qui sont vers le continent «Nder». Par contre, informe-t-il : «Sambay Karang, Niaye Bopp, tous ces villages font partie de Ñaakoon».
Et Salaan Dione donna son nom au «Penc» de «Gouy Salaan»
Salaan Dione se nommait-il. Il était habitant de «Tani-Guedj», quartier où se situe l’actuelle rue de Tann. Il aimait se prélassait à l’ombre du baobab qui, à l’époque, se trouvait à côté de la cathédrale de Dakar. Les connaissances de Salaan Dione qui venaient le voir ne le trouvaient jamais chez lui. Et ils posaient toujours la même question. Celle de savoir où se trouvait Salaan ? Et les habitants de sa concession de toujours répondre : «Salaan mou gui sa gouy gua rek» (Salaan est toujours au baobab). C’est ainsi qu’avec la déformation de «Gouyou Salaan» (le baobab de Salaan), en référence à ce baobab où Salaan Dione aimait se reposait, le nom de «Gouy Salaan» a vu le jour. Et il a fini par donner au «Penc» du même nom sa substance. D’où le «Penc» de «Gouy Salaan» qui, aujourd’hui porte aussi le nom d’une Asc qui évolue dans la Zone 2 des Navétanes de l’Odcav de Dakar.
LE MYSTICISME LEBOU : Le «saraxu Ndakaaru» ou sacrifices pour Dakar
Le sacrifice de Ndakaaru est une manière de perpétuer la tradition. En effet, explique Abdou Khadre Gaye, Le «saraxu Ndakaaru», journées de prières, de sacrifices et d'offrandes, consacre la perpétuation du pacte originel. Il marque donc la fidélité de la descendance léboue aux engagements des ancêtres fondateurs de la cité. D’après Matar Sidy, le chef de penc de Gouy Salaan, «Baay Sogui Ndoye, est le précurseur de ce sacrifice». «Le sacrifice était composé de 3 boeufs dont le rouge, le noir et le blanc.Les boeufs étaient sacrifiés sur les Terrous de Koné, Baye Sogui et celui de Beñ» renseigne t-il. De tels sacrifices englobent beaucoup de mysticisme et de mystères. Ainsi, explique le vieux Matar Sidy : «Avant d’égorger un boeuf on cassait, d’abord, un oeuf de poule sur la tête du boeuf. Après que le boeuf fut dépouillé et dépiécé, la viande est repartie en plusieurs parts: une partie de la viande est versée à la mer, une grande partie est donnée à la famille de Baay Sogui avec de l’argent comme privilège parce que leur père est le précurseur de ces sacrifices et, encore mieux, le fondateur du Terrou qui porte son nom. Ceci en reconnaissance à la fondation du Terrou par Baay Sogui». Par ailleurs, une autre version du «saraxu Ndakaaru» est aussi avancée par le président de l’Emad, Abdou Khadre Gaye. D’après ce dernier, le « saraxu Ndakaaru est une offrande totale qui assure la protection de la cité. Il commence par un récital de Coran. Le livre sacré est lu 12 fois. On distribue de l’argent aux récitants, et des mets à toutes les personnes présentes. «On sacrifie des boeufs sur des sites différents, avec la formule consacrée par l’islam. Des parties de ces vaches sont versées en mer, d’autres sont offertes exclusivement à des personnes n’habitant pas les penc, d’autres sont réservées aux fils des penc. A la fin du sacrifice, les oiseaux se repaîtront des restes», précise-t-il. A l’en croire, le «saraxu Ndakaaru» est un rituel plein de mystères que l’esprit catésien ne saurait comprendre. Dans tous les cas, soutient M. Gaye, le «saraxu Ndakaaru» constitue un patrimoine et un gisement de valeurs à explorer.

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