Jeudi 23 Mai 2013
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OPPOSITION RADICALE FACE A LA MAJORITE : La posture… «non républicaine» des libéraux

Mercredi 10 Octobre 2012

Les libéraux fraîchement renvoyés dans l’opposition ne comptent pas transiger avec le pouvoir. Ils ont donné la tonalité de ce que sera leur style d’opposition qui jure avec «l’opposition républicaine» théorisée et mise en pratique par les socialistes.


OPPOSITION RADICALE FACE A LA MAJORITE : La posture… «non républicaine» des libéraux
Après un exercice du pouvoir de 12 ans, le Parti démocratique sénégalais (Pds) retourne à ses vieilles amours : l’opposition politique dans laquelle il s’est forgé une réputation de «lion», après 26 ans aux prises avec les pouvoirs successifs de Senghor et Abdou Diouf. 38 ans après la création du Pds et 12 ans après l’exercice du pouvoir, le parti libéral ne semble pas s’assagir, ni s’inscrire dans le sillage d’un type d’opposition soft, comme le lui ont déroulé les socialistes, après leur défaite de 2000. Quand il a été chassé du pouvoir, le Ps avait tôt affiché les couleurs : ses responsables ne seront pas des opposants de la rue comme leurs tombeurs, mais s’opposeront de façon républicaine, se contentant de communiqués et de déclarations. Et pendant douze ans, ils s’en tiendront à leur ligne de conduite, critiquant le gouvernement sans verser dans les dérives. Et cela, pour plusieurs raisons. A peine arrivé, le président Wade a accordé «l'immunité» au président Diouf et à sa famille, qu'il protégeait donc de toute éventuelle poursuite judiciaire. Mais parallèlement, les libéraux ont mis en route un «audit» des grandes sociétés d'Etat et des ministères. Et à la veille des élections législatives du 29 avril 2001, l’ancien Directeur général de la Société nationale des Chemins de fer du Sénégal (Sncs), Mbaye Diouf, a été inculpé pour «détournement de derniers publics» et placé le 26 mars 2001 sous mandat de dépôt.
Le chef de file des «Verts de Colobane», Ousmane Tanor Dieng, et autres responsables du Ps ont été «auditionnés» par la Division des investigations criminelles (Dic) sur l'utilisation douteuse de fonds provenant de l'octroi de licences de pêche ou sur la gestion de sociétés publiques. L’autre raison est sans doute le départ de certains responsables socialistes vers les prairies bleues pour échapper aux audits brandis par l’autre côté. Ce qui a fait que le Ps était beaucoup plus soucieux de sa survie et de la structuration du parti qui venait d’être défait que de la radicalité de son opposition à Me Wade. Ils ont laissé au peuple la liberté de se prononcer sur la loi référendaire portant adoption d’une nouvelle Constitution. Également, ils ne se sont pas opposés à la dissolution de l’Assemblée nationale décidée par Me Wade. Ce qui avait amené l’ex-président à dire qu’il n’y avait pas d’opposition. Pire, il l’avait qualifiée de «molle». La manière dont les députés et les sénateurs du Pds se sont opposés à la suppression du Sénat et de la Vice-présidence, mais également contre la réforme du Conseil économique et social (des institutions créées par leur mentor), a soulevé pas mal d'interrogations. D’autant plus que l’argument qui a été avancé par Mme Aminata Touré, ministre de le Justice, est la rationalisation des institutions pour lutter contre les inondations. Certaines voix se sont élevées au sein de la majorité présidentielle pour qualifier l’attitude des nouveaux opposants de non républicaine. Il faut souligner que Me Abdoulaye Wade, chef de file des libéraux, avait donné le ton, au lendemain de sa défaite à l’élection présidentielle, en refusant de prendre du recul par rapport à la chose
politique, comme l’avaient fait ses prédécesseurs, le défunt Président-poète, Léopold Sédar Senghor et le président Abdou Diouf. Il avait préféré rester dans le pays pour réorganiser ses troupes et mener la vie dure aux nouvelles autorités. Et ses principaux lieutenants lui avaient emboîté le pas, en l’occurrence Oumar Sarr, Modou Diagne Fada, Mes Ousmane Ngom et El Hadji Amadou Sall. Entre sorties au vitriol contre les tenants actuels du pouvoir et actions d’éclat sur le terrain politique, les responsables libéraux impriment un rythme particulier à leur style d’opposition. Après avoir croisé le fer avec le nouveau régime dans l’affaire des véhicules qui auraient été volés et celle des crimes économiques qui ont valu la convocation pour audition de plusieurs responsables libéraux, ils sont, à nouveau, montés au créneau, à l’occasion de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, pour vilipender le président Macky Sall et ses alliés. Ils ont aussi brillé par des coups d’éclats, lors
de la procédure de vote de la suppression du Sénat, de la Vice-présidence et du Conseil économique et social. Les libéraux vont-ils pouvoir maintenir la cadence, si l’on sait que, depuis quelque temps, les démons de la division ont ressurgi dans leurs rangs ? Toujours est-il qu’Oumar Sarr et ses «frères» risquent d’avoir fort à faire avec la question de la succession de Me Wade. Une question qu’ils ne peuvent plus éluder.

ABDOULAYE ELIMANE KANE, ANCIEN PORTE- PAROLE DES SOCIALISTES : «Le Ps avait voulu faire une opposition franche et soucieuse des valeurs républicaines»

Après 26 ans de résistance au régime socialiste, 12 ans au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (Pds) incarne, depuis le 25 mars dernier, la nouvelle opposition sénégalaise. Contrairement aux socialistes qui, dès les premières heures de l'Alternance en 2000, avaient fait montre d'une opposition «républicaine» en concédant à Me Abdoulaye Wade toutes les faveurs pour mener à bien sa politique, les libéraux, eux, ont revêtu leurs vieux habits d'opposants pour mener la vie dure à Macky Sall et à son régime. Le boycott, lors de l'adoption par le Parlement réuni en Congrès de la loi constitutionnelle portant suppression du Sénat, de la Viceprésidence et la réforme du Conseil économique et social, constitue une parfaite illustration de leur état d'esprit. D'ailleurs, l'ancien président de la République ne se gênait pas de dire du Ps que c'était une «opposition molle». Le Parti socialiste, par la voix de l'écrivain, Abdoulaye Elimane Kane, ancien porte-parole dudit parti, revient sur la posture qu'ils avaient adoptée face à Me Wade. «On était resté au pouvoir assez longtemps, et lorsque la population avait décidé de nous envoyer dans l'opposition, nous avons voulu assumer cela jusqu'au bout, en refusant toute compromission avec le pouvoir de Me Wade», explique le Professeur de philosophie à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar et ancien ministre de la Communication de Abdou Diouf qui précise que «le Ps avait voulu faire une opposition franche, claire, républicaine, respectueuse et soucieuse des valeurs républicaines». L'ancien porte-parole des «Verts de Colobane» de soutenir que : «Même si cette attitude nous a permis de réorganiser le parti qui est aujourd'hui une des formations politiques les plus structurées du pays, nous avons quand même passé des moments difficiles». Ce qui fait dire au Pr Kane que Me Wade et son régime n'avaient pas compris leur posture en cette période, et c'est ce qui a fait qu’après trois ans de grâce, ils ont décidé de se radicaliser. «Nous avions pensé au début que Me Wade allait respecter le minimum de valeurs républicaines, les institutions et les droits de l'opposition et des concitoyens à la manifestation. Mais nous avons constaté qu'il faisait passer par-dessus bord tous les acquis démocratiques qui lui ont permis d'accéder au pouvoir», se désole l'écrivain qui ajoute que «dès lors, la radicalisation était le seul moyen de faire face». Pour ce qui est de la suppression de la chambre haute du Parlement, en 2001, M. Kane confie que le Ps n'était pas d'accord sur la décision de Me Wade de supprimer le Sénat. «C'est le Ps qui a créé le Sénat en 1998, et des critiques ont été formulées sur sa composition et son mode de désignation. Le Ps, dans sa conviction, n'est pas contre l'institution du Sénat, et nous n'avons pas voté sa suppression. On n'avait aucun intérêt à sa suppression», soutient–il. Toutefois, il ajoute : «Ce que Me Wade a fait est de loin ce qu'on a fait. Il a décrédibilisé le Sénat qui est une institution qui fonctionne dans les autres pays et qui montre son utilité». Sur la nouvelle forme d'opposition des libéraux, le socialiste est d'avis que le Pds fonctionne depuis toujours de la sorte. «Quand il est au pouvoir, il veut une chose, mais une fois dans l'opposition, il change de casquette», argue l'ancien porte-parole du Ps qui invite d'ailleurs les libéraux à changer de fusil d'épaule. «On doit avoir des valeurs républicaines sur lesquelles il doit y avoir un consensus fort et non pas simplement être des girouettes qui suivent le mouvement du vent», conclut Abdoulaye Elimane Kane.

MODOU DIAGNE FADA, PRESIDENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE DU PDS : «Nous faisons de l’opposition avec beaucoup de responsabilité, mais sans complaisance»

Le Parti démocratique sénégalais (Pds), qui continue à s’opposer au projet de loi portant la suppression du Sénat, de la Vice-présidence et de la réforme du Conseil économique et social, malgré son adoption par le Parlement, réuni en Congrès, confirme son statut de leader de l’opposition, depuis le 25 mars dernier. Cependant, les libéraux ne veulent pas être taxés d'opposants non républicains. Concernant leur posture, Modou Diagne Fada, président du groupe parlementaire des «Libéraux et démocrates», indique : «C’est le peuple sénégalais qui a envoyé la majorité 'Benno bokk yakaar􀀀au pouvoir, mais c’est le peuple sénégalais, aussi, qui nous a envoyés dans l’opposition.
C’est le peuple qui nous a demandé de nous opposer au régime en place. C’est ce que nous sommes en train de faire». Et de poursuivre de plus belle : «Les autres, on leur demande de gouverner. Chacun joue le rôle que lui a assigné le peuple sénégalais, qui est le seul souverain. Chacun est dans son rôle. C’est à vous (ndlr : la presse) de qualifier ce que nous sommes en train de faire». Sur sa lancée, l'ancien ministre de la Santé de soutenir : «Nous sommes, en tout cas, de l’opposition. Nous entendons rester dans l’opposition. S’il y a des choses qui sont bien
conformes à nos vues, nous allons le dire. Mais, s’il y a aussi des choses qui ne sont pas bien, qui ne sont pas conformes à nos vues, nous allons les dénoncer. Il n’y a pas de qualificatif à attribuer pour ce que nous sommes en train de faire. Se voulant plus explicite, Modou Diagne Fada déclare : «Nous sommes de l’opposition, nous faisons de l􀀀fopposition. Nous faisons de l’opposition avec beaucoup de responsabilité, mais sans complaisance. Si nos adversaires nous collent des qualificatifs, c’est de leur responsabilité. Cela ne nous engage pas, et n’engage pas aussi le peuple sénégalais». Très en verve, le président du groupe parlementaire du Pds d’attirer l’attention des Sénégalais sur le fait qu􀀀fils n􀀀font commis aucune exaction. «Nous n􀀀favons pas encore marché, sans autorisation. Nous n’avons pas encore cassé de bus. Nous n’avons pas encore brûlé quoi que ce soit. Si nous sommes d’accord, nous le dirons. Si nous ne sommes pas d’accord, aussi, nous le dirons. Si nous pensons que la loi est violée, nous saisirons les juridictions compétentes. Nous n’avons rien fait qui ne soit conforme à la Constitution ou aux lois en vigueur dans notre pays», indique Modou Diagne Fada. À en croire M. Diagne, «une démocratie qui se respecte doit disposer d’un Sénat. Toutes les démocraties vantées à travers le monde disposent de deux chambres. Même en Afrique, des pays, qui sont moins nantis que le Sénégal, disposent eux aussi d’une seconde chambre. Donc, nous au Sénégal, nous reculons». Pour finir, l’ancien patron des jeunesses libérales accuse le régime de Macky Sall de vouloir affaiblir son parti. Selon lui, «le prétexte qui a été utilisé pour supprimer le Sénat est un
prétexte fallacieux. Ce n’est pas pour lutter contre les inondations. C’est pour démanteler, affaiblir le Pds. C’est un projet politicien».

BABACAR GAYE, PORTE-PAROLE DU PDS : «Nous ne sommes pas une opposition insurrectionnelle»

Le Parti démocratique sénégalais (Pds) refuse à tout prix le titre d’une opposition non républicaine, six mois après leur perte du pouvoir. Pour Babacar Gaye, porte-parole dudit parti, « le Pds est une opposition de reconquête démocratique du pouvoir, une opposition républicaine parce que, nous ne sommes pas une opposition insurrectionnelle. Nous ne sommes pas pour ce que j’appelle la déstabilisation systématique
du régime en place en dehors des échéances prévues par les lois et règlements. Nous n’allons pas mettre en place des stratégies genre ‘’Idwa’’ (Ndlr: initiative pour le départ de Wade) pour demander le départ du président qui a été élu pour un mandat donné» ajoute-t-il.
Le président du Conseil régional de Kaffrine estime que «l’opposition par essence, elle est républicaine. D’abord, c’est notre culture démocratique qui nous impose cette posture ». Mais, avertit-il, «cela ne veut pas dire aussi accepter ou fermer les yeux sur les contre-performances du régime». S’inscrivant dans une logique de reconquête du pouvoir, Babacar Gaye soutient que le Pds a en ligne de mire les échéances électorales à venir. «Nous respectons les échéances républicaines et dans ces fourchettes, nous resterons vigilants et constructifs. Nous ne sommes pas une opposition nihiliste. En tout cas, c’est ce que je retiens des dernières recommandations du président de la République (Me Wade) qui estime que: 'comme nous nous étions battus démocratiquement pendant 26 ans pour accéder au pouvoir, nous allons reprendre ce combat dans les mêmes schémas. Evidemment, les données ont beaucoup changé, pour conquérir le pouvoir. Les prochaines échéances sont les élections locales et ensuite nous allons nous positionner pour élire notre candidat à la magistrature suprême en 2017 ou 2019», conclut le porte-parole du Pds.

ME AMADOU SALL CHARGE LE REGIME DE MACKY SALL : «L’opposition actuelle est une opposition plus responsable que le gouvernement»

Pour Me Amadou Sall, le Parti démocratique swxdénégalais (Pds) n’a fait qu’exercer son rôle d’opposition. «Nous sommes une opposition républicaine. Nous n’avons pas besoin de radicalité, mais de la fermeté dans nos positions», indique l’ancien ministre de la Justice. Avant de charger le camp présidentiel : «Nous avons le gouvernement le plus brutal avec son opposition. Même Abdou Diouf n’était pas aussi brutal avec l’opposition. C'est-à-dire, contrairement à ce que l’on dit, c’est le pouvoir qui est brutal. C’est le pouvoir qui est féroce». Selon Me Sall, «le Pds joue son rôle d’opposition responsable, plus responsable qu’un gouvernement irresponsable». Et d’accuser le régime du Président Macky Sall de vouloir décrédibiliser son opposition. «Nous avons un pouvoir qui dit que son opposition est constituée de voleurs de la République, qui ont planqué l’argent à l’étranger. Et quand on leur pose la question de savoir où est cet argent-là, vous avez tous entendu le Premier ministre dire qu’il ne sait pas où est planqué cet argent. Et malgré tout cela, on nous présente comme des voleurs de la République. Nous avons un pouvoir particulièrement violent, c’est ça la vérité», affirme-t-il. Enfonçant le clou, Me Amadou Sall tonne : «Je considère même que, quelque part, l’opposition actuelle est une opposition plus responsable que le gouvernement. Parce que, c’est elle seule, qui décide de calmer le jeu. Si on avait trouvé le gouvernement sur son terrain, le pays serait à feu et à sang, comme eux ils l’avaient proposé».
Par Moustapha BA et Seynabou FALL

TEUSS

Le culte du faux !

Le faux est devenu ancré en nous et il révèle un certain culte de la facilité. Nous voulons tout avoir, tout pouvoir, tout de suite et maintenant. Ça part du joueur de Navétane au professionnel des championnats européens qui pense ne pas gagner assez en donnant son vrai âge. Il faut reconnaître un fait : Nous aimons le faux. Il nous fascine presque. Est-ce cela qui explique que les femmes se ruent vers les fausses hanches, mettent de faux cils ou de faux cheveux naturels? Que dire alors de celles qui veulent se muer en «Xess pecc» alors qu’elles sont «nuul kukk»? On ne dit rien, peut-être par qu’on semble y trouver notre compte. Les basketteurs qui ont menti sur leur âge pour offrir au Sénégal une coupe d’Afrique est certes encore plus dramatique. Ca trahit encore plus l’esprit du sport et sa pratique au Sénégal. Sauf qu’il faut se dire «entre nous» que c’est du déjà vu. Le faux est partout.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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