Dimanche 26 Mai 2013
Le populaire online

Macky au palais : Les enjeux d’une alternative à l’heure de la citoyenneté assumée

Samedi 31 Mars 2012


C’est fait. A l’image des grandes nations de démocratie, le Sénégal vient de connaitre une nouvelle alternance. Le nouveau locataire du palais de la République aura, sans nul doute, une tâche très hardie : le chantier est immense. Qui plus est, les événements du 23 juin ont fini de confirmé l’affirmation de la citoyenneté au Sénégal. Le peuple a maintenant compris qu’il est le vrai maitre du jeu ! Macky doit donc mesurer l’ampleur de la besogne.
La première alternance politique au Sénégal n’a certainement pas porté tous les fruits escomptés. Le Sénégal est un pays très mal gouverné depuis 1960 et le régime de Wade a aussi fait des erreurs, reconnaissons-le. Nous partageons la responsabilité de cette situation dès l’instant où nous avons participé à l’élection de Maître Wade en 2000. Il n’y a également point de regrets à ce niveau parce que nous avons accompli ce qu’il nous incombait de faire : bouter hors du pouvoir un régime qui, après 40 ans, n’a pas su répondre aux aspirations les plus élémentaires du peuple sénégalais.
L’idéal du changement véhiculé par le Sopi a été terriblement altéré sur fonds de sauvegarde d’intérêts crypto personnels. Des flagorneurs, roublards et situationnistes s’étaient immiscés entre WADE et ses vrais militants occupant, ainsi, d’importantes responsabilités dans ce pays. Il s’agissait souvent :
- d’individus médiocres, des politiciens professionnels qui ne vivent que par la politique.
- d’opportunistes cooptés dans les mouvements de transhumance.
Le côté intéressant de ce phénomène est qu’après son règne, maître Wade avait appâté et déniché tous les politiciens dépourvus de conviction et qui ont battu tous les records de la ridiculité politique. Le revers vécu par Karim WADE lors des élections municipales est largement la faute de ceux qui l’ont conseillé de s’engager dans le premier pas d’un soupçonné plan de succession qui a défrayé la chronique ces dernières années. Il faut reconnaître que Karim WADE n’est pas un sénégalais comme les autres puisque son père est le président de la république. Les sénégalais étant toujours les défenseurs des opprimés, ils se sont alors tournés vers Macky SALL qui, opprimé par le régime, faisait face avec l’opposition à la coalition FAL. Sur ce registre, on attend du nouveau président des actes forts allant dans le sens d’inverser ses anti-valeurs.
De même, quelque soient les velléités du régime de WADE d’alors à résorber la demande sociale, le sentiment populaire ne varie pas : la vie est chère, l’argent public avait fait l’objet d’une gestion souvent décriée et les dirigeants du pays s’occupaient beaucoup trop d’intérêts crypto personnels. La roublardise et le vice chez quelques dirigeants avaient supplanté littéralement les vertus patriotiques d’une écrasante majorité de sénégalais. Les institutions de contrôle des finances publiques étaient complètement noyées dans des intérêts crypto personnels de quelques réseaux de prévaricateurs. L’égalité des chances et la promotion au mérite étaient foulées aux pieds. Le Sénégal est maintenant malade de cette mauvaise gouvernance chronique incarnée par une même classe d’hommes politiques incapables. Depuis 1960, les sénégalais ont affaires avec les mêmes personnes (Djibo Ka, Moustapha NIASS, Bathily, Amath Dansokho, Landing Savané, Tanor DIENG, …) sans que les maux qu’ils dénoncent ne trouvent même un début de solution. Qui plus est, la plupart d’entre eux sont démocrates dans l’espace public, mais, satrapes dans leur parti qu’ils conçoivent comme des rentes à vie. C’est en ce sens que nous appelons à l’alternance générationnelle. Macky Sall peut en être un architecte central. Devant une telle perspective, il importe cependant de tenir compte de toutes les sensibilités politiques du pays qu’elles soient d’obédience marxiste léniniste, socialiste, socio –démocrate ou même religieux. Par ailleurs, force est de reconnaître qu’une alternance générationnelle digne de ce nom sera quasi impossible sans la participation active d’autres leaders incontournables à l’image de ceux de la société civile, dont les influences serviront certainement à faire émerger un nouveau et meilleur paradigme d’exercice de la politique au Sénégal. Notre conviction est que même si le nouveau Chef de l’Etat est porté au pouvoir par une coalition, il ne doit pas accepter d’en être l’otage. D’ailleurs, cette dernière, regroupant un grand nombre de frères ennemis, va inéluctablement éclater sur fond de querelles de leadership. Les vieux briscards de la politique ne doivent pas disputer des postes de responsabilité avec les jeunes leaders porteurs d’une plus grande vigueur à l’action.
Les nouveaux gouvernants doivent ouvrir un vaste chantier politique social économique et scientifique pour l’émergence d’un Sénégal neuf.
L’Europe a développé d’abord son agriculture, puis son industrie, mais en fabriquant sur place tout l’équipement nécessaire. Par contre, elle a introduit en Afrique une civilisation urbaine et tout l’ensemble de la société de consommation, mais malheureusement, sans y avoir accumulés tous les capitaux indispensable à l’équipement désiré. « C’est comme si, prétendant transmettre la science de n’avoir pas mal aux pieds, on enseignait à quelqu’un non pas l’art de faire des chaussures, ni même de savoir se procurer des choses de ce genre, mais on se bornait à lui présenter plusieurs espèces de chaussures de toutes sortes » Ibn Rushd.
Aujourd’hui, la mondialisation a crée un système de compétition planétaire. Les délestages et coupures intempestives d’électricité entraînant une baisse de rentabilité de nos entreprises plombant, de ce fait, tout développement économique et social.

Nos Etats étant non producteurs de pétrole, la production d’énergie électrique reste largement tributaire du pétrole importé. Entraînant, du coup, une forte sensibilité de nos économies et des usagers aux évolutions des prix des hydrocarbures. Il se pose, ainsi, un problème de souveraineté
Par conséquent, l’Afrique doit s’engager dans la bataille des « énergies vertes » pour rendre l’industrie africaine plus concurrentielle et plus résistante face aux chocs exogènes dans un commerce mondial des services et des biens si impitoyables.
Il appert, aujourd’hui, nettement, que les services énergétiques ont un effet multiplicateur certain sur les services sociaux de base. Notamment, entre autres, la santé, l’éducation, l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène etc. Mieux, ils ont des effets évidents sur l’amélioration de la productivité dans l’Agriculture, l’industrie et le secteur tertiaire.
D’ailleurs, des études réalisées ont montré que le manque de modernité (téléphone, électricité) dans les zones locales serait le principal instigateur des mouvements de jeunes vers les zones urbaines. Ces études ont montré que les localités connectées au téléphone et au réseau électrique aurait le plus faible taux de ruée vers les grandes villes du pays. L’électricité est élément fondamental qui signifie modernité (Tv, vidéos, internet) et potentiel de petites activités industrielles et commerciales (Alimentation générale, boulangerie etc). Ainsi donc, par le solaire (par exemple), on peut éliminer les disparités entre citoyens résidents en zone rurale et ceux résidants dans les centres urbains. Et ceci, à tous les niveaux. C’est un impératif d’équité et de justice.
La nouvelle équipe au pouvoir doit faire fi de la pression de la communauté internationale, notamment celle du syndicat des bailleurs de fonds : la Banque mondiale et le Fonds monétaire internationale qui obligent nos gouvernements à désengager l’Etat de ses obligations, de ses missions primaires telles que l’éducation, la santé, la justice, le maintien de l’ordre etc.

A notre avis, il convient de restituer les causes du retard africain, dans l’oubli de ses valeurs cardinales qui font la force des nations et surtout, de son incapacité à tirer profit de la realpolitik et la conduite des grandes puissances libérales.
Les rapports entre l’Europe et l’Afrique ont été toujours douloureux : la traite négrière, la colonisation, la balkanisation et aujourd’hui une inégalité dans les termes des échanges économiques. Sous payement des matières premières, surfacturation des biens d’équipement et des produits manufacturés. Le courtage, les banques, le non transfert des technologies hypothèquent lourdement le décollage des pays africains.
Les différentes revendications des pays en voie de développement portant sur l’accès aux marchés des pays européens n’ont jamais abouti de même que les objectifs d’aide au développement qui s’étaient fixé un montant au moins égal à 0,7 % du PNB des pays industrialisés.
Les contrats qui lient souvent nos Etats avec certaines multinationales font que ces derniers font des profits considérables sur le dos des populations déjà exsangues. S’il est vrai que le contrat est un outil de liberté entre sujets de droit, il ne présente toutefois cet avantage qu’entre partenaires de poids égal. A l’inverse, il est le moyen de l’exploitation lorsqu’il se négocie entre parties inégales.
En réalité les pays occidentaux pensent que tous seuls nous ne sommes pas encore capable de nous insérer dans le jeu mondial. Cette défiance psychologique se double d’une stratégie à long terme visant à faire de l’Afrique « une réserve indienne ».
Partant de tout cela, il faudrait impérativement (un impératif catégorique s’entend) changer de fusil d’épaule en recentrant la diplomatie du continent vers d’autres horizons plus prometteurs. Le président Wade l’avait d’ailleurs très bien compris.
Les indiens, les japonais et les chinois manifestent de l’intérêt pour nos pays, ils ne partagent pas du tout le pessimisme des Européens sur l’Afrique.
Cinquante ans après les indépendances, l'émiettement de l'Afrique en une multitude de micro -Etats à la conscience nationale embryonnaire, et souvent non viables a freiné et freine encore considérablement son développement. L'exploitation de ses ressources économiques, soumises longtemps au pacte colonial, puis à l’aide et au crédit a abouti à ce cul de sac historique que sont l’endettement, la pauvreté et sa marginalisation dans le commerce mondial et son insignifiance sur la scène internationale.
La Renaissance de l’Afrique est devenue, depuis une décennie, un thème récurrent et un mot d’ordre pour presque nombre d’intellectuels africains.
C’est en novembre 1948 que parait un article de Cheikh Anta Diop intitulé : Quand pourra-t’on parler d’une Renaissance Africaine ? (le Musée vivant paris n∞ spécial 36-37, Paris, novembre 1948pp)
Trois grands axes étaient dégagés : Premièrement, la restauration d’une conscience historique africaine, deuxièmement, l’Evaluation critique de tout le patrimoine culturel africain des Antiquités africaines à nos jours, enfin la construction politique de l'Afrique au sein d’un seul Etat fédéral
Pour Cheikh Anta Diop, l’Egypte antique c’est à dire l’Egypte pharaonique doit être à la Renaissance Africaine ce que fut la Grèce antique à la Renaissance européenne.
Wade a été un des théoriciens du plan Oméga, Macky devra œuvrer à l’avènement des états unis d’Afrique. Même, si ce thème n’a pas du tout été sa tarte à crème, durant la campagne électorale, il doit, impérativement, rectifier le tir, durant son magistère.


Aly Mangassa
Journaliste, spécialiste en Communication

Aly Mangassa

TEUSS

En attendant Obama

Et nous y voilà. Ndakaaru se prépare à recevoir sur son sol le plus prestigieux des invités se trouvant dans le monde libre. Si pour certains, il y a de quoi s’en réjouir. Pour d’autres la visite des locataires de la Maison blanche évoque de très mauvais souvenir. L’eau de l’Atlantique n’a toujours pas su laver l’affront ressenti par les insulaires de Gorée, lors de la dernière visite du cow boy de Texas. Ils ont tous été acteurs, le temps d’une matinée, pour une reconstitution forcée de l’esclavage sans besoin d’accéder à la Maison des esclaves. En attendant Obama et son épouse, Ndakaaru va se la jouer «cool». Les marchands ambulants semblent l’avoir déjà compris. C’est comme ça. Michelle et son mari ne seront là que pour quelques heures mais les «Goorgoorlus» devront en souffrir tout un mois durant. Alors motus et bouche cousue. On aura peut-être droit à un pourboire cette fois.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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