Le président de la République Macky Sall a sacrifié à la tradition le 31 décembre dernier, en faisant son discours à la nation. Un discours concis d’environ 17 minutes, où la question économique était bien prise en compte. Car, le chef de l’Etat a souligné que «l’urgence pour 2013 c’est aussi la nécessité de redonner du souffle à notre économie, fragilisée par une année de fonctionnement au ralenti». Et c’est pourquoi, annonce-t-il, que «le Gouvernement a déjà mobilisé 250 milliards pour l’apurement progressif de la dette intérieure». Et en parlant du passif légué par le régime libéral, le Président Macky Sall rappelle que le cumul de notre dette est de «3041 milliards de francs Cfa, dont 700 milliards au titre de la dette intérieure». Ayant promis 500 000 nouveaux emplois aux Sénégalais, le président de la République Macky Sall a, dans son discours de nouvel an, expliqué que son gouvernement s’attellera à créer 30 000 nouveaux emplois par année. Et surtout, plus de 5000 nouveaux seront créés dès le début de l’année dans la fonction publique. «Il s’agira, à terme, de générer 30 000 emplois directs par an. Dans l’immédiat, il sera
procédé au recrutement de 5 500 nouveaux agents dans la fonction publique, dès le début de l’année 2013», a-t-il annoncé. Les emplois ne pouvant être créés massivement que par l’économie, le chef de l’Etat compte mettre l’accent sur l’amélioration de l’environnement des affaires. Et cela, en appliquant les conclusions du Conseil présidentiel sur l’investissement. Ce qui permettra de «mettre un terme aux lenteurs inacceptables qui entravent l’octroi du permis de construire et le transfert de propriété». Pour le financement du développement, l’Etat compte innover en 2013, avec le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) et le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip). Des mécanismes qui, de son avis, «renforceront les capacités d’intervention de l’Etat dans les investissements d’intérêt public et l’appui aux groupements de femmes et de jeunes, aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu’aux artisans et exploitants agricoles».
En ce qui concerne l'agriculture, Macky Sall appelle à «une véritable révolution par un meilleur aménagement des terres et une allocation plus conséquente de moyens pour la maîtrise de l’eau, la sécurisation de semences de qualité, la transformation agroalimentaire, et la mécanisation de notre agriculture». Il annonce dans ce cadre, que 1 000 tracteurs et divers équipements ruraux seront mis à la disposition des paysans, pour la prochaine campagne agricole.
procédé au recrutement de 5 500 nouveaux agents dans la fonction publique, dès le début de l’année 2013», a-t-il annoncé. Les emplois ne pouvant être créés massivement que par l’économie, le chef de l’Etat compte mettre l’accent sur l’amélioration de l’environnement des affaires. Et cela, en appliquant les conclusions du Conseil présidentiel sur l’investissement. Ce qui permettra de «mettre un terme aux lenteurs inacceptables qui entravent l’octroi du permis de construire et le transfert de propriété». Pour le financement du développement, l’Etat compte innover en 2013, avec le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) et le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip). Des mécanismes qui, de son avis, «renforceront les capacités d’intervention de l’Etat dans les investissements d’intérêt public et l’appui aux groupements de femmes et de jeunes, aux petites et moyennes entreprises, ainsi qu’aux artisans et exploitants agricoles».
En ce qui concerne l'agriculture, Macky Sall appelle à «une véritable révolution par un meilleur aménagement des terres et une allocation plus conséquente de moyens pour la maîtrise de l’eau, la sécurisation de semences de qualité, la transformation agroalimentaire, et la mécanisation de notre agriculture». Il annonce dans ce cadre, que 1 000 tracteurs et divers équipements ruraux seront mis à la disposition des paysans, pour la prochaine campagne agricole.
…et il met à nu des cacophonies et incohérences du nouveau régime
Dans la forme, le discours du chef de l’Etat, a séduit beaucoup de monde. La concision a rompu d’avec la longueur qui caractérisait les discours de son prédécesseur. Et presque, l’essentiel des défis et enjeux ont été pris en charge par la communication du chef de l’Etat. Mais dans le fond, il faut le souligner que plusieurs points du discours à la nation du Président Macky Sall restent difficiles à digérer. Et certains chiffres même suscitent une certaine confusion.
Avec les 30 000 emplois par an, la barre des 500 000 ne sera pas atteinte
Pour la politique de création d’emplois par exemple, le régime de Macky Sall a amorcé un audit de la fonction publique qui devra être vidée de ses employés fictifs et subir une cure d’amaigrissement. Mais voilà que le Président annonce un recrutement de 5 500 nouveaux emplois dans cette même fonction publique qui est en cours d’audit, alors qu’il était question d’amaigrissement et non farcir le secteur public. Et le ministre du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo avait même dit, devant l’Assemblée nationale le vendredi 29 novembre, que les 500 000 emplois seront bien tenus dans ce quinquennat du président de la République, mais que cette promesse ne concerne pas la fonction publique qui est déjà en embonpoint et engloutit le 1/3 du budget national. Ce qui fait que les propos du chef de l’Etat vont en contresens de ce qu’a dit son ministre du Budget. Car Macky Sall a affirmé au soir du 31 décembre qu’«il s’agira, à terme, de générer 30 000 emplois directs par an. Dans l’immédiat, il sera procédé au recrutement de 5 500 nouveaux agents dans la fonction publique, dès le début de l’année 2013».
Un écart de 17 milliards dans la dette intérieure
Et l’autre problème avec ces 30 000 emplois que promet de créer le chef de l’Etat annuellement, c’est que le cumul, pour les trois prochaines années, fait ressortir un total de 150 000 nouveaux emplois. Ce qui est loin des 500 000 qu'il promet. Et cet objectif de 30 000 nouveaux emplois annuels, même tenu durant 10 ans, au cas où le chef de l’Etat venait à être réélu en 2017, cela ne ferait que 300 000 nouveaux emplois au total. Nous serions loin de la barre des cinq cent mille emplois promis. L’autre aspect, non moins important, c’est aussi le décalage qu’il y a entre le niveau de la dette intérieure, communiqué à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Economie et des Finances, lors du vote du budget 2013, et celui qui a été donné par Macky Sall dans son discours à la nation. Ce dernier a indiqué que la dette publique s’élève à «3041 milliards de francs Cfa, dont 700 milliards au titre de la dette intérieure». Ce, alors qu’au 29 novembre dernier, dans le rapport lu à l’Assemblée nationale lors du vote du budget 2013, il était dit que la dette publique est «projetée à 3 041 milliards de francs Cfa et comprend 2 324 milliards de francs Cfa pour la dette extérieure et 717 milliards de francs Cfa de dette intérieure». Entre les deux chiffres, il y a un écart non négligeable de 17 milliards de francs Cfa.
Promesse d’apurement de la dette intérieure, non tenue
Toujours sur ce point, le ministre de l’Economie et des Finances avait, devant l’Assemblée nationale, avait donné l’assurance que la dette publique sera épongée avant le 31 décembre 2012. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Car, l’Etat n’est, visiblement, qu’à l’étape de la mobilisation.
Avec les 30 000 emplois par an, la barre des 500 000 ne sera pas atteinte
Pour la politique de création d’emplois par exemple, le régime de Macky Sall a amorcé un audit de la fonction publique qui devra être vidée de ses employés fictifs et subir une cure d’amaigrissement. Mais voilà que le Président annonce un recrutement de 5 500 nouveaux emplois dans cette même fonction publique qui est en cours d’audit, alors qu’il était question d’amaigrissement et non farcir le secteur public. Et le ministre du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo avait même dit, devant l’Assemblée nationale le vendredi 29 novembre, que les 500 000 emplois seront bien tenus dans ce quinquennat du président de la République, mais que cette promesse ne concerne pas la fonction publique qui est déjà en embonpoint et engloutit le 1/3 du budget national. Ce qui fait que les propos du chef de l’Etat vont en contresens de ce qu’a dit son ministre du Budget. Car Macky Sall a affirmé au soir du 31 décembre qu’«il s’agira, à terme, de générer 30 000 emplois directs par an. Dans l’immédiat, il sera procédé au recrutement de 5 500 nouveaux agents dans la fonction publique, dès le début de l’année 2013».
Un écart de 17 milliards dans la dette intérieure
Et l’autre problème avec ces 30 000 emplois que promet de créer le chef de l’Etat annuellement, c’est que le cumul, pour les trois prochaines années, fait ressortir un total de 150 000 nouveaux emplois. Ce qui est loin des 500 000 qu'il promet. Et cet objectif de 30 000 nouveaux emplois annuels, même tenu durant 10 ans, au cas où le chef de l’Etat venait à être réélu en 2017, cela ne ferait que 300 000 nouveaux emplois au total. Nous serions loin de la barre des cinq cent mille emplois promis. L’autre aspect, non moins important, c’est aussi le décalage qu’il y a entre le niveau de la dette intérieure, communiqué à l’Assemblée nationale par le ministre de l’Economie et des Finances, lors du vote du budget 2013, et celui qui a été donné par Macky Sall dans son discours à la nation. Ce dernier a indiqué que la dette publique s’élève à «3041 milliards de francs Cfa, dont 700 milliards au titre de la dette intérieure». Ce, alors qu’au 29 novembre dernier, dans le rapport lu à l’Assemblée nationale lors du vote du budget 2013, il était dit que la dette publique est «projetée à 3 041 milliards de francs Cfa et comprend 2 324 milliards de francs Cfa pour la dette extérieure et 717 milliards de francs Cfa de dette intérieure». Entre les deux chiffres, il y a un écart non négligeable de 17 milliards de francs Cfa.
Promesse d’apurement de la dette intérieure, non tenue
Toujours sur ce point, le ministre de l’Economie et des Finances avait, devant l’Assemblée nationale, avait donné l’assurance que la dette publique sera épongée avant le 31 décembre 2012. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Car, l’Etat n’est, visiblement, qu’à l’étape de la mobilisation.

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