Maçons, menuisiers, tôliers, mécaniciens, entre autres ouvriers, dont le travail rime avec force, suent toute la journée sans boire, sans manger, sous un soleil de plomb. Ramadan oblige. Le ventre creux, ils mettent à rude épreuve leur métabolisme, s’épuisant physiquement et transpirant à grosses gouttes, sans possibilité de pouvoir s’hydrater, avant la rupture du jeûne. La plupart d’entre eux, pour ne pas dire tous, effectuent des travaux très pénibles, ce qui pousse certains à ne pas jeûner, alors que d’autres tentent tant bien que mal de s’acquitter de ce pilier de l’islam. Interrogé sur ce qui est pénible pour lui, en ce mois sacré, Pape Cheik Diouf répond : «la soif». Vendeur et réparateur de pièces détachées, Pape Cheikh Diouf, trouvé dans sa petite cantine à Castors vers la route qui mène aux Hlm, à même le sol, sue à grosses gouttes en essayant de bricoler une jante. Pour Ablaye Dièye, en pleine réparation d’un moteur d’une voiture de marque Toyota aux Hlm 1, noirci par le goudron et l’huile déclare : «avec cette chaleur, c’est trop dur pour nous de jeûner, parce que nous dépensons beaucoup d’énergie. Mais heureusement, nous avons l’habitude. Le travail est dur, mais il ne nous empêche pas d’accomplir notre devoir». Des lunettes à reflet noir barre son visage et il dit ne pas se laisser abattre par la faim et la soif. «On tient le coup», affirme-t-il avec un petit sourire de malice avant d’ajouter qu’ils ont: «des machines qui (les) aident dans le travail». Contrairement à son patron, Modou Samb, lui, ne fait pas preuve de courage et de détermination. «En ce mois de Ramadan, je ne me fatigue pas trop. Franchement, je ne me donne pas à fond dans mon travail. Je ne peux pas travailler avec ma faim et ma soif, c’est pourquoi je prends toujours la peine, vers 14 heures, de faire une petite sieste pour me relaxer», soutient-il. Côté relaxation, il n’est pas le seul. Usés par le travail, fatigués par plusieurs heures de jeûne et n’ayant plus la force de continuer leur besogne, Mame Ngor Fall et ses amis s’étalent sur une montagne de sable qui leur sert de lit. Electriciens automobiles, ces jeunes gens reconnaissent tous être envoyés chez «Ardo». «Nous sommes trop fatigués, c’est trop dur. Nous travaillons de 8 heures à 20 heures, c’est normal qu’avec cette forte chaleur on se laisse gagner par la faim, la soif et la fatigue. A partir de 14 heures, on est épuisé», affirme Mame Ngor Fall.
«C’est dur, mais on ne baisse pas les bras»
En plein coffrage d’une partie d’un bâtiment en chantier, Vieux Sow et Mohamed Diédhiou, sont d’avis comme les autres ouvriers que leur travail est harassant en cette période de Ramadan. «La maçonnerie est un métier trop difficile qui demande beaucoup de dynamisme. Certes, c’est encore plus dur avec le Ramadan, mais on ne baisse pas pour autant les bras», soutient Mohamed Diédhiou. Non loin de là, un jeune homme, originaire dit-il de Toukar à Fatick, de pousser avec peine son chariot rempli de moteurs, de fer, de batteries. Saliou Diouf, il se nomme. Le visage marqué par la lassitude, il se battait du mieux qu’il pouvait avec son chariot pour gagner quelques mètres de plus. «Je charge mon chariot de fer pour aller le vendre au dépôt. Je marche toute la journée afin de trouver du fer à revendre, c’est pourquoi je suis fatigué. Je suis venu à Dakar pour travailler, même si c’est dur avec le Ramadan, on ne se laisse pas abattre», soutient d’une voix lasse le jeune Sérère.
Par ailleurs, si pour certains effectuer des travaux pénibles pendant ce mois béni est difficile voire impossible, pour d’autres c’est du bonheur, car permettant de ne pas perdre du temps en allant manger. C’est du moins ce qu’Idrissa Barro a fait entendre. «Nous sommes tous des ouvriers, nous ne pouvons travailler sans fournir beaucoup d’efforts. C’est notre quotidien. Avec le Ramadan, nous pouvons travailler du matin au soir. On gagne du temps en plus de ça». À genoux devant une pile de fer, Idrissa Barro qui procédait à un meulage d’une barre de fer se faisait gifler par les étincelles qui fusaient de partout. «C’est en restant sans rien faire que je me fatigue», lance t-il. Abondant dans le même sens, Daouda Fall, menuisier de son état, indique : «nous avons l’habitude, nous ne sommes pas du tout fatigués lorsqu’on est en activité, nous ne sentons même pas le Ramadan. Nous ne le sommes quand on reste des heures à ne rien faire».
«C’est dur, mais on ne baisse pas les bras»
En plein coffrage d’une partie d’un bâtiment en chantier, Vieux Sow et Mohamed Diédhiou, sont d’avis comme les autres ouvriers que leur travail est harassant en cette période de Ramadan. «La maçonnerie est un métier trop difficile qui demande beaucoup de dynamisme. Certes, c’est encore plus dur avec le Ramadan, mais on ne baisse pas pour autant les bras», soutient Mohamed Diédhiou. Non loin de là, un jeune homme, originaire dit-il de Toukar à Fatick, de pousser avec peine son chariot rempli de moteurs, de fer, de batteries. Saliou Diouf, il se nomme. Le visage marqué par la lassitude, il se battait du mieux qu’il pouvait avec son chariot pour gagner quelques mètres de plus. «Je charge mon chariot de fer pour aller le vendre au dépôt. Je marche toute la journée afin de trouver du fer à revendre, c’est pourquoi je suis fatigué. Je suis venu à Dakar pour travailler, même si c’est dur avec le Ramadan, on ne se laisse pas abattre», soutient d’une voix lasse le jeune Sérère.
Par ailleurs, si pour certains effectuer des travaux pénibles pendant ce mois béni est difficile voire impossible, pour d’autres c’est du bonheur, car permettant de ne pas perdre du temps en allant manger. C’est du moins ce qu’Idrissa Barro a fait entendre. «Nous sommes tous des ouvriers, nous ne pouvons travailler sans fournir beaucoup d’efforts. C’est notre quotidien. Avec le Ramadan, nous pouvons travailler du matin au soir. On gagne du temps en plus de ça». À genoux devant une pile de fer, Idrissa Barro qui procédait à un meulage d’une barre de fer se faisait gifler par les étincelles qui fusaient de partout. «C’est en restant sans rien faire que je me fatigue», lance t-il. Abondant dans le même sens, Daouda Fall, menuisier de son état, indique : «nous avons l’habitude, nous ne sommes pas du tout fatigués lorsqu’on est en activité, nous ne sentons même pas le Ramadan. Nous ne le sommes quand on reste des heures à ne rien faire».

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