Les nutritionnistes conseillent toujours aux populations de bien manger, mais c'est quoi au fait bien manger ?
C'est adopter un comportement alimentaire sain, régulier et raisonnable. Cela veut dire qu’on doit apprendre à se nourrir de façon variée, manger un peu de tout. Il va falloir que nous mettions un peu l’accent sur la consommation des produits végétaux. Je veux parler des fruits et légumes. Nous mettons des légumes dans nos préparations alimentaires, cependant, nous ne les consommons pas ou bien nous les faisons trop cuire. Chaque aliment a son temps de cuisson qu’il est important de connaître et de respecter. Ce temps de cuisson a des conséquences négatives sur la valeur nutritionnelle de l’aliment s’il est trop long. Il nous est recommandé de consommer des productions animales comme la viande, les oeufs, le poisson, en portant la préférence sur le poisson et les produits de la pêche, parce qu’ils nous sont beaucoup plus accessibles. Le poisson est meilleur pour notre santé. Il est plus digeste et renferme les bons acides gras. C'est-à-dire de la bonne matière grasse qui ne va pas prendre en masse dans notre organisme et qui va contribuer à rendre le flux sanguin plus fluide. Quand vous prenez de la viande, comme celle du mouton, elle est riche en graisse animale qui, fondue et refroidie, se comporte comme le beurre. Tel n’est pas le cas pour la matière grasse du poisson qui va rester fluide. C’est parce que les molécules de la graisse de poisson sont très longues et ne stagnent pas dans les vaisseaux sanguins et évitent la formation de caillots sanguins.
Que nous apportent les légumes et fruits que vous recommandez tant ?
Les légumes et les fruits vont nous aider vis-à-vis du diabète et vont réguler le taux de sucre dans le sang (glycémie). Dans les fruits et légumes, nous avons ce qu’on appelle les fibres alimentaires et des pigments (caroténoïdes) excellents pour notre bon état de santé. C’est comme une aberration, mais je dis de consommer des fruits et légumes en sachant très bien qu’une partie de ces végétaux ne va nous servir à pratiquement rien. C’est justement cette partie que nous ne digérons pas qu’on appelle les fibres alimentaires. Elles ont pour rôle de «vidanger» cet excès de sucre que nous avons dans l’organisme et de tout ce qui est excès en autres glucides, en lipides, protéines.
Parlons des diabétiques, quel type d'alimentation est indiqué pour eux ?
Pour les diabétiques de type 2 ou diabète gras, ils peuvent manger de tout. En général, on ne les contraint pas à un régime alimentaire dur. Mais, ils peuvent manger de tout, sauf la matière grasse en grande quantité, les fruits trop mûrs, le miel, les produits sucrés dont les boissons rafraîchissantes, car trop riches en sucre (saccharose). Ils peuvent par exemple prendre les mangues qui sont en voie de mûrissement, ils peuvent prendre une tranche de pastèque (ils croqueront les pépins et en jetteront l’enveloppe dure du pépin). Donc, les légumes frais et secs ainsi que les fruits pas trop mûrs en quantité suffisante. Par rapport au diabète et aux maladies cardio-vasculaires, le poisson et la viande maigre sont conseillés. Mais, il ne faut pas en exagérer la consommation de celles animales, car elles comportent beaucoup d’acides gras saturés. Cette graisse animale nous est néfaste : c’est elle qui installe les maladies cardio-vasculaires. Nous avons au Sénégal toute une publicité qui s’est développée : on met beaucoup l’accent sur les beurres et margarines. Nous devons en réduire fortement la consommation. Il en faut juste une petite quantité quotidienne : 10 grammes par jour. Nous disposons aussi des céréales de toutes sortes. Portons notre préférence au mil qu’au riz poli, sans grande valeur nutritionnelle.
Les Sénégalais ne consomment pratiquement que le riz, quel est son apport nutritif ?
Dans le riz poli, il n’y a que des glucides sous forme d’amidon qui ne donnent que de l’énergie. Mais cette énergie peut nous être profitable à condition que les aliments qui en contiennent soient consommés en même temps que des aliments riches en vitamines et sels minéraux et en fibres alimentaires. Si on ne mange que du riz, on ne mange que des matières féculentes, on prend du poids. Et l’obésité favorise le diabète. Parce que quand on est obèse, on a beaucoup de cellules grasses et ces cellules présentent une mauvaise réponse à l’insuline. Parmi toutes nos céréales, celles que nous devons préférer est le mil qui donne des produits dérivés dont la composition nutritionnelle est satisfaisante.
Pourtant le mil et le riz sont toujours cités parmi les aliments qui donnent le diabète ?
Le mil et ses produits dérivés contiennent toujours des fibres alimentaires qui vont contribuer avec l’eau à amoindrir le problème de la constipation. Avec la farine de mil, on élabore un plat qui est le couscous. Le couscous qui a été légèrement fermenté et qui lors de la fermentation s’est enrichi en vitamines du groupe B et d’autres éléments nutritionnels. Malheureusement, nous y mettons trop de gras et sucre. L’eau potable contribue aussi à notre bonne alimentation. Quant au riz, on l'incrimine beaucoup. Je dis que c’est une fausse affirmation. On peut manger le riz à condition qu’on l’accompagne d’autres aliments complémentaires. On peut l’accompagner de légumes et de matière grasse en très faible quantité. Je ne dis pas qu’il faille manger du riz de manière abusive. De toute façon, on ne peut pas en manger au-delà de 300g par repas. Le riz ne donne pas le diabète, j’insiste, on est diabétique parce qu’un organe, le pancréas, ne répond pas à ce qu’on attend de lui, parce qu’il est malade : soit il ne fabrique pas de l’insuline, hormone de régulation de la glycémie (taux de sucre sanguin), soit l’insuline excrétée est de mauvaise qualité, soit cette hormone est disponible en quantité insuffisante.
Comment le diabétique au faible revenu peut respecter ce régime alimentaire ? C’est vrai que le diabète est une maladie qui demande des moyens financiers et un suivi médical. Si le diabétique a un faible revenu, l’alimentation va être monotone et c’est une situation que je déplore. Parce que je ne sais pas ce qu’il faut dire à un tel patient. Celui qui n’a pas les moyens ne peut que manger les mêmes aliments. Cette alimentation non variée, ni équilibrée risque d’aggraver son état de santé. Si le diabétique consomme des légumes frais et de légumineuses, tant mieux. Il peut manger du niébé, les autres légumes dont une carotte moyenne - mais pas la betterave - et faire de la marche quotidienne. Un comportement alimentaire adéquat, sous la supervision d’un spécialiste de la santé et/ou de la nutrition va aider à équilibrer la glycémie du diabétique de type 2.
Faut-il manger moins pour éviter les risques de maladies ?
En plus de changer nos comportements alimentaires, il ne faut sauter aucun repas. Quand on met l’organisme en état de famine, il se met en veille et il a tendance à accumuler des réserves pour faire face aux périodes de restriction. Il vaut mieux manger des portions d’aliments raisonnables de manière régulière, (parce qu’il est important de manger à heure régulière si possible), saine et variée. Il est indiqué aussi d’exercer une activité physique comme la marche, la natation, le vélo...
Est-ce que bien manger est une question de moyens ?
C’est vrai que la vie coûte chère, mais on peut manger bien. Le problème est qu’il faut que les gens soient éduqués à la nutrition. On dispose de diverses denrées alimentaires localement produites ou importées. Bien manger ne veut pas dire manger forcément de la viande ou manger gras et sucré ou manger de grosses quantités d’aliments. Bien manger, c’est varier son alimentation, manger juste à sa faim. En hivernage, les légumes coûtent chers, mais nous disposons des feuilles de bissap (oseille), d’amarante (mbomboro), de maniocs et de patate et des autres feuilles de cueillette (nebedaye), les légumes tropicaux dont le gombo, le «diakhatou», les tubercules (patate, manioc, etc.). En ce moment, nous avons du niébé plus d’autres productions agricoles.
Comment peut-on préparer nos plats tout en respectant les normes nutritionnelles ?
On met de l’huile partout et cela ne sert à rien. Comment peut-on préparer du mafé qui est fait à base de pâte d’arachide qui contient beaucoup de matières grasses en y mettant de l’huile ? Il vaut mieux tout cuire à l’eau dont la quantité est à maîtriser. Le consommateur sénégalais doit réduire absolument sa consommation d’huile et de matières grasses en général. Nous devons faire attention à manger moins gras, moins sucré et moins salé. Malheureusement, les bouillons cubes inondent le marché. Pouvez–vous me citer un seul préparateur de repas qui peut se passer de ces rehausseurs industriels de goût ? Le pire est ces produits contiennent du sucre et du sel. Les problèmes d’hypertension artérielle, de diabète, de maladies cardio-vasculaires se trouvent résumés dans les bouillons qui sont des ingrédients à la fois inutiles tant au niveau du goût qu’à celui de notre poche. Revenons à notre manière de faire la cuisine traditionnelle, utilisons les plantes aromatiques comme le laurier, du basilic (ngun ngun), du persil, et autres épices et plantes aromatiques pour parfumer nos plats et les rendre agréables à voir. Parce que nous mangeons avec le nez, les yeux, les oreilles, la bouche et la main. Tous nos organes des sens sont sollicités quand nous mangeons. Donc il faut agir de telle sorte que chaque organe des sens trouve son compte dans notre alimentation.
C'est adopter un comportement alimentaire sain, régulier et raisonnable. Cela veut dire qu’on doit apprendre à se nourrir de façon variée, manger un peu de tout. Il va falloir que nous mettions un peu l’accent sur la consommation des produits végétaux. Je veux parler des fruits et légumes. Nous mettons des légumes dans nos préparations alimentaires, cependant, nous ne les consommons pas ou bien nous les faisons trop cuire. Chaque aliment a son temps de cuisson qu’il est important de connaître et de respecter. Ce temps de cuisson a des conséquences négatives sur la valeur nutritionnelle de l’aliment s’il est trop long. Il nous est recommandé de consommer des productions animales comme la viande, les oeufs, le poisson, en portant la préférence sur le poisson et les produits de la pêche, parce qu’ils nous sont beaucoup plus accessibles. Le poisson est meilleur pour notre santé. Il est plus digeste et renferme les bons acides gras. C'est-à-dire de la bonne matière grasse qui ne va pas prendre en masse dans notre organisme et qui va contribuer à rendre le flux sanguin plus fluide. Quand vous prenez de la viande, comme celle du mouton, elle est riche en graisse animale qui, fondue et refroidie, se comporte comme le beurre. Tel n’est pas le cas pour la matière grasse du poisson qui va rester fluide. C’est parce que les molécules de la graisse de poisson sont très longues et ne stagnent pas dans les vaisseaux sanguins et évitent la formation de caillots sanguins.
Que nous apportent les légumes et fruits que vous recommandez tant ?
Les légumes et les fruits vont nous aider vis-à-vis du diabète et vont réguler le taux de sucre dans le sang (glycémie). Dans les fruits et légumes, nous avons ce qu’on appelle les fibres alimentaires et des pigments (caroténoïdes) excellents pour notre bon état de santé. C’est comme une aberration, mais je dis de consommer des fruits et légumes en sachant très bien qu’une partie de ces végétaux ne va nous servir à pratiquement rien. C’est justement cette partie que nous ne digérons pas qu’on appelle les fibres alimentaires. Elles ont pour rôle de «vidanger» cet excès de sucre que nous avons dans l’organisme et de tout ce qui est excès en autres glucides, en lipides, protéines.
Parlons des diabétiques, quel type d'alimentation est indiqué pour eux ?
Pour les diabétiques de type 2 ou diabète gras, ils peuvent manger de tout. En général, on ne les contraint pas à un régime alimentaire dur. Mais, ils peuvent manger de tout, sauf la matière grasse en grande quantité, les fruits trop mûrs, le miel, les produits sucrés dont les boissons rafraîchissantes, car trop riches en sucre (saccharose). Ils peuvent par exemple prendre les mangues qui sont en voie de mûrissement, ils peuvent prendre une tranche de pastèque (ils croqueront les pépins et en jetteront l’enveloppe dure du pépin). Donc, les légumes frais et secs ainsi que les fruits pas trop mûrs en quantité suffisante. Par rapport au diabète et aux maladies cardio-vasculaires, le poisson et la viande maigre sont conseillés. Mais, il ne faut pas en exagérer la consommation de celles animales, car elles comportent beaucoup d’acides gras saturés. Cette graisse animale nous est néfaste : c’est elle qui installe les maladies cardio-vasculaires. Nous avons au Sénégal toute une publicité qui s’est développée : on met beaucoup l’accent sur les beurres et margarines. Nous devons en réduire fortement la consommation. Il en faut juste une petite quantité quotidienne : 10 grammes par jour. Nous disposons aussi des céréales de toutes sortes. Portons notre préférence au mil qu’au riz poli, sans grande valeur nutritionnelle.
Les Sénégalais ne consomment pratiquement que le riz, quel est son apport nutritif ?
Dans le riz poli, il n’y a que des glucides sous forme d’amidon qui ne donnent que de l’énergie. Mais cette énergie peut nous être profitable à condition que les aliments qui en contiennent soient consommés en même temps que des aliments riches en vitamines et sels minéraux et en fibres alimentaires. Si on ne mange que du riz, on ne mange que des matières féculentes, on prend du poids. Et l’obésité favorise le diabète. Parce que quand on est obèse, on a beaucoup de cellules grasses et ces cellules présentent une mauvaise réponse à l’insuline. Parmi toutes nos céréales, celles que nous devons préférer est le mil qui donne des produits dérivés dont la composition nutritionnelle est satisfaisante.
Pourtant le mil et le riz sont toujours cités parmi les aliments qui donnent le diabète ?
Le mil et ses produits dérivés contiennent toujours des fibres alimentaires qui vont contribuer avec l’eau à amoindrir le problème de la constipation. Avec la farine de mil, on élabore un plat qui est le couscous. Le couscous qui a été légèrement fermenté et qui lors de la fermentation s’est enrichi en vitamines du groupe B et d’autres éléments nutritionnels. Malheureusement, nous y mettons trop de gras et sucre. L’eau potable contribue aussi à notre bonne alimentation. Quant au riz, on l'incrimine beaucoup. Je dis que c’est une fausse affirmation. On peut manger le riz à condition qu’on l’accompagne d’autres aliments complémentaires. On peut l’accompagner de légumes et de matière grasse en très faible quantité. Je ne dis pas qu’il faille manger du riz de manière abusive. De toute façon, on ne peut pas en manger au-delà de 300g par repas. Le riz ne donne pas le diabète, j’insiste, on est diabétique parce qu’un organe, le pancréas, ne répond pas à ce qu’on attend de lui, parce qu’il est malade : soit il ne fabrique pas de l’insuline, hormone de régulation de la glycémie (taux de sucre sanguin), soit l’insuline excrétée est de mauvaise qualité, soit cette hormone est disponible en quantité insuffisante.
Comment le diabétique au faible revenu peut respecter ce régime alimentaire ? C’est vrai que le diabète est une maladie qui demande des moyens financiers et un suivi médical. Si le diabétique a un faible revenu, l’alimentation va être monotone et c’est une situation que je déplore. Parce que je ne sais pas ce qu’il faut dire à un tel patient. Celui qui n’a pas les moyens ne peut que manger les mêmes aliments. Cette alimentation non variée, ni équilibrée risque d’aggraver son état de santé. Si le diabétique consomme des légumes frais et de légumineuses, tant mieux. Il peut manger du niébé, les autres légumes dont une carotte moyenne - mais pas la betterave - et faire de la marche quotidienne. Un comportement alimentaire adéquat, sous la supervision d’un spécialiste de la santé et/ou de la nutrition va aider à équilibrer la glycémie du diabétique de type 2.
Faut-il manger moins pour éviter les risques de maladies ?
En plus de changer nos comportements alimentaires, il ne faut sauter aucun repas. Quand on met l’organisme en état de famine, il se met en veille et il a tendance à accumuler des réserves pour faire face aux périodes de restriction. Il vaut mieux manger des portions d’aliments raisonnables de manière régulière, (parce qu’il est important de manger à heure régulière si possible), saine et variée. Il est indiqué aussi d’exercer une activité physique comme la marche, la natation, le vélo...
Est-ce que bien manger est une question de moyens ?
C’est vrai que la vie coûte chère, mais on peut manger bien. Le problème est qu’il faut que les gens soient éduqués à la nutrition. On dispose de diverses denrées alimentaires localement produites ou importées. Bien manger ne veut pas dire manger forcément de la viande ou manger gras et sucré ou manger de grosses quantités d’aliments. Bien manger, c’est varier son alimentation, manger juste à sa faim. En hivernage, les légumes coûtent chers, mais nous disposons des feuilles de bissap (oseille), d’amarante (mbomboro), de maniocs et de patate et des autres feuilles de cueillette (nebedaye), les légumes tropicaux dont le gombo, le «diakhatou», les tubercules (patate, manioc, etc.). En ce moment, nous avons du niébé plus d’autres productions agricoles.
Comment peut-on préparer nos plats tout en respectant les normes nutritionnelles ?
On met de l’huile partout et cela ne sert à rien. Comment peut-on préparer du mafé qui est fait à base de pâte d’arachide qui contient beaucoup de matières grasses en y mettant de l’huile ? Il vaut mieux tout cuire à l’eau dont la quantité est à maîtriser. Le consommateur sénégalais doit réduire absolument sa consommation d’huile et de matières grasses en général. Nous devons faire attention à manger moins gras, moins sucré et moins salé. Malheureusement, les bouillons cubes inondent le marché. Pouvez–vous me citer un seul préparateur de repas qui peut se passer de ces rehausseurs industriels de goût ? Le pire est ces produits contiennent du sucre et du sel. Les problèmes d’hypertension artérielle, de diabète, de maladies cardio-vasculaires se trouvent résumés dans les bouillons qui sont des ingrédients à la fois inutiles tant au niveau du goût qu’à celui de notre poche. Revenons à notre manière de faire la cuisine traditionnelle, utilisons les plantes aromatiques comme le laurier, du basilic (ngun ngun), du persil, et autres épices et plantes aromatiques pour parfumer nos plats et les rendre agréables à voir. Parce que nous mangeons avec le nez, les yeux, les oreilles, la bouche et la main. Tous nos organes des sens sont sollicités quand nous mangeons. Donc il faut agir de telle sorte que chaque organe des sens trouve son compte dans notre alimentation.

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