Samedi 25 Mai 2013
Le populaire online

Les promesses aussi meurent d’abus*

Vendredi 22 Juillet 2011



Il n'est d'écriture que de dissidence, surtout en ces instants (de) troubles et troublants que traverse notre cher et pacifique pays. C'est une raison suffisante pour que chacun(e) de nous joue sa partition et œuvre à fin que le ciment ne craquelle, que les limites ne soient franchies qui ont toujours servies de garde-fous et empêché que la malveillance et l'étroitesse d'esprit ne prennent le dessus et le pas sur la cohésion et les consensus qui, de tout temps, ont été et les piliers et le socle sur lequel repose la grandeur du Sénégal. C'est ce qui m'a contraint à réfléchir au devoir - plaisant et rempli d'exaltations - de poser un acte et qui ne soit pas que du vent. Le résultat, c'est un livre intitulé "Les promesses aussi meurent d'abus" : quatre-vingts et quelques pages au long desquelles je mixe prose et poésie en vers (libérés) pour donner ma version du pays et raconter le temps que nous traversons. Il est donc possible que quiconque imagine et s'assure qu'il n'est point de roue à recréer, que je n'ai rien inventé et que je n'aurais de mérite que d'avoir mis au grand jour - et pour la gouverne de tout un peuple qui a la chance de savoir lire - ce que tout le monde sait, sent et voit et vit à plein temps. Bien malgré lui. Pour sûr ! D'aucuns s'étonneront que je dédie le livre en question à l'actuel Chef de l'Etat du Sénégal, Me Wade. Ils me rejoindront dans mes raisons et toutes motivations quant à la dédicace et le contenu global de mon œuvre. Comme j'ai la certitude qu'on me concèdera ces évidences : que si les questions quotidiennes sont (de) politiques, leurs réponses ne sont en priorité que culturelles. Qu'en somme, tout est Culture ! Que c'est par et avec elle - bien prise en charge, entre de bonnes mains et mise en conditions idoines de fonctionnement - que nos errements et ferrements pourront être irradiés et bien derrière nous comme autant de souvenirs malheureux. Comme des péripéties qu'on ne vivra plus et que ne connaîtront jamais les générations qui nous suivront et celles qui leur survivront. C'est ce que des actants culturels dynamiques et "dynamites" rassemblés autour d'un cri qui est un parfait et percutant chant de ralliement ont compris qui exigent, de façon légitime et civique et civilisée, leur trop-plein d'affres et l'urgence pressante qu'on les jugule. Et pour le bonheur non pas de la corporation qui est la leur, mais de tout un peuple : onze millions de citoyens marris de frustrations, désenchantés, sevrés de promesses, mal revenus de toutes leurs illusions et qui n'auront plus de cesse de hurler "Y'en a marre", tant que les choses en seront aux états qu'ils déplorent. Et de mille manières, voyez-vous. Ils tiennent le bon bout, les gosses ! Et c'est tellement vrai que politiques et politiciens, tacitement, s'agrippent au concept, comme le naufragé à quelque pan de radeau. Mais les jeux sont faits. Il reste juste le suivi et c'est une question de vigilance alliée à de la sérénité d'esprit, au refus absolu de toute tentation. Et surtout aux airs des sirènes qui, c'est connu de tout le monde ici, depuis sept ans maintenant, ne chantent que faut. "Y'en a marre", n'est-ce-pas ? C'est un cri et c'est un rendez-vous. Que l'on se donne et donne au prochain. Et c'est en cela que les écrivains et artistes peuvent se rendre compte à quel point ils ont commune prédestination et le devoir impérieux de faire converger leurs perspectives et d'harmoniser leurs urgences d'un présent stabilisé et d'un futur habitable. Les deux semaines que m'a pris la rédaction de ce recueil furent un temps aussi créé pour répertorier tous les griefs des "Y'en a marristes" vis-à-vis du système et du régime en place. Cela m'a conforté dans deux évidences et un souhait qui demeure une ardente prière : depuis le 23 du mois de juin 2011, il est, dans la tête de chaque citoyen du Sénégal, un tribunal où l'on instruit le procès d'un homme. Du même homme : Me Abdoulaye Wade. Et depuis lors, le pays me fait l'impression d'un espace ample d'où pourrait, pour si peu, s'enclencher toutes les barbaries fratricides. Ce qui me paraît ni à encourager ni à susciter. D'autant qu'il ne saurait être honneur pour aucun enfant du Sénégal. C'est l'autre motif de ce livre accompli. À fin de contribuer à voir positivement muer le réel et d'aider, très humblement, Me Abdoulaye Wade à sortir de Magistère comme il y était entré : Par la grande porte, pardieu !.. Il m'est sûr que pas un citoyen - même ses ennemis et détracteurs - ne voudrait le voir finir comme un lion traîné par les pattes de derrière. C'est une ardente prière. C'est aussi cela que j'ai insinué dans le livre en question et à paraître très bientôt. Dans quelques petits jours.



Elie-Charles Moreau
*C’est le titre du recueil annoncé
Elie-Charles Moreau

TEUSS

En attendant Obama

Et nous y voilà. Ndakaaru se prépare à recevoir sur son sol le plus prestigieux des invités se trouvant dans le monde libre. Si pour certains, il y a de quoi s’en réjouir. Pour d’autres la visite des locataires de la Maison blanche évoque de très mauvais souvenir. L’eau de l’Atlantique n’a toujours pas su laver l’affront ressenti par les insulaires de Gorée, lors de la dernière visite du cow boy de Texas. Ils ont tous été acteurs, le temps d’une matinée, pour une reconstitution forcée de l’esclavage sans besoin d’accéder à la Maison des esclaves. En attendant Obama et son épouse, Ndakaaru va se la jouer «cool». Les marchands ambulants semblent l’avoir déjà compris. C’est comme ça. Michelle et son mari ne seront là que pour quelques heures mais les «Goorgoorlus» devront en souffrir tout un mois durant. Alors motus et bouche cousue. On aura peut-être droit à un pourboire cette fois.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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