Un journal de la place a publié un article intitulé « la face cachée de Benoît SAMBOU ». Cette enquête, telle qu’elle se définit au-delà de la pertinence des informations (quelles informations pour quel problème ?) pose deux problèmes : un, accessoire qui est le traitement de l’information et le second à mon avis, fondamental qui est le mythe du diplôme au Sénégal.
Le traitement de l’information :
Le traitement de l’information se définit comme le traitement d’information latente en information manifeste.
Il est donc nécessaire pour le journaliste de sélectionner les bonnes informations latentes pour en faire de sujets pertinents d’actualité.
« Une des accusations permanentes qui est portée à notre pratique professionnelle écrit le journaliste Patrick Pépin, n’est pas en soi de simplifier, mais plutôt celle de simplifier à outrance ».
Réduire l’enquête sur une personnalité de l’Etat sur ses contreperformance universitaire, son passé de gérant d’une menuiserie et son divorce avec sa première femme, n’échappe pas cette critique.
Cette enquête est non seulement réductrice et mais déséquilibrée.
Réductrice, elle aurait donné plus d’informations de qualité (enquête de personnalité certes mais aussi enquête sur ses stratégies au sein de son département ministériel).
Elle est déséquilibrée dans la mesure où elle s’est focalisée plus les « imperfections » d’un parcours propre à un homme. Qui peut se prévaloir d’être parfait et de diriger son destin comme il le veut ?
Thierry Watine, directeur du centre de recherche de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille disait « quoi qu’il en soit poser la question du traitement de l’information, renforce un peu plus le soupçon qui pèse sur la crédibilité des medias c’est-à-dire la capacité à rendre compte de l’actualité de façon à la fois fidèle et efficace ». Un article est efficace s’il est reçu, compris et assimilé par les lecteurs.
Si l’article est bien reçu à travers un support médiatique à fort tirage il n’est bien compris à travers ses motivations.
Pourquoi informer ? Le but de l’information est triple :
• Comprendre le monde et donner aux citoyens les moyens d’agir ;
• Sensibiliser, mobiliser, alerter ;
• Divertir.
Je ne vois pas en quoi les informations fournies permettent- elles aux citoyens d’agir et encore moins d’alerter et de mobiliser l’opinion publique. Il n’y a pas de danger pour le citoyen d’avoir un ministre qui a divorcé, qui était gérant d’un atelier ou avoir « cartouché ».
Si l’article avaient donné, dévoilé la vision, les missions et la stratégie de Benoit Sambou dans un département ministériel important en termes d’enjeux (autosuffisance alimentaire entre autre), le citoyen aurait les moyens d’agir de se mobiliser pour soutenir ou désapprouver ou d’être assuré ou pas d’un lendemain serein en terme de sécurité alimentaire.
Ce n’est pas le cas, le journal a choisi le coté divertissement en somme le coté people de l’information
Mais cet article a un mérite (mais oui il en a !) celui de poser en filigrane un débat intéressant : le mythe du diplôme.
Permettez-moi de vous raconter à ce sujet une anecdote :
En France au moment de l’embauche on vous demande quels diplômes vous avez ? Aux Etats Unis quelles expériences vous avez ?
Ce qui est vrai pour la France l’est aussi pour le Sénégal. Pouvait-il en être autrement après une longue période de compagnonnage forcé nait de la colonisation. Nous ne pouvons qu’avoir un même comportement, une même vision et appréciation des choses selon l’adage : dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.
Le diplôme prime sur tout d’appréciation toute autre considération sur l’échelle d’évaluation du professionnalisme d’une personne.
Cette approche occulte un élément important dans l‘appréciation des qualités intrinsèques professionnelles d’un individu : la compétence
Au juste qu’est que la compétence ? Les spécialistes du travail s’accordent à la définir comme étant une connaissance mobilisables tirée généralement de l’expérience et nécessaire à l’exercice d’une activité.
On voit bien que la compétence est un élément essentiel, aujourd’hui plus qu’hier : notre monde est caractérisée par une économie ouverte et donc nécessairement concurrentielle où seuls les plus forts, pardon les plus compétents peuvent survivre.
Selon encore les spécialistes en ressource humaine, la compétence se compose en trois éléments :
• Le savoir (savoir théorique et/ou technique où on peut loger les diplômes) ;
• Le savoir- faire (qui reflète les habiletés) ;
• Le savoir-être qui prend en compte les qualités personnelles marques.
On remarquera à travers ce schéma qui dissèque la compétence en diffèrent éléments que la dimension diplôme occupe une place non prépondérante.
Cependant conditions sont nécessaires et suffisantes pour améliorer la compétence que nous allons analyser à la lumière du ministre de l’agriculture.
A. Le savoir agir c’est la capacité de combiner les ressources pertinentes. Ce paramètre d’appréciation est l’un des plus importants c’est là qu’on a besoin d’un chef d’orchestre d’un manager, lui qui sait recruter des talents et savoir les utiliser afin d’augmenter les performances de l’entreprise ou d’un ministère.
En 1983 j’étais encore étudiant en France un grand groupe évoluant dans la pétrochimie cherchait à recruter son Directeur Général par voie de presse. Naturellement des ingénieurs et autres techniciens supérieurs ont vite fait de postuler, la pétrochimie ils la maitrisent, c’est leur domaine de prédilection. Mais au final, un sociologue de formation a été choisi !un choix judicieux car à ce stade de responsabilité ce ne sont pas les connaissances techniques en chimie organique que l’entreprise a besoin. Elle a besoin d’une personne ayant des capacités à diriger une équipe. Les ingénieurs ont certes de grands diplômes mais leur place est ailleurs (en laboratoire ou sur les plateformes de pompage). La leçon à tirer c’est qu’on n’a pas besoin forcement d’un technicien bardé de diplômes pour diriger.
Autres exemples Ronald Reagan fut Président des USA et se révéla un grand dirigeant. Il n’est cependant pas auréolé de diplômes universitaires et encore moins sorti de Howard. Sans grand diplôme, il posséda les qualités d’un grand Manager celui de recruter de bons collaborateurs et de leur donner des aspirations et des buts à atteindre. Sans diplôme il a réussi là ou d’autres Présidents américains ont échoué : gagner la guerre froide.
Pierre Bérégovoy est nommé Premier ministre en avril 1992 par François Mitterrand. Il ne dispose que d’un CAP d’ajusteur et d’un CAP de dessinateur industriel. Il fut un brillant homme d’Etat qui effectua plusieurs réformes (création du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, etc.).
Cheick Modibo DIARRA premier du Mali est connu pour être l’un des plus grands scientifiques de l’Afrique avec à la clé des diplômes de haut niveau qui lui ont valu son passage à la NASA. Il fut choisi pour être le Premier Ministre avec pour mission de sortir son pays de la crise. Le résultat est médiocre. Et Jeune Afrique de titrer à la une : Trois mois après son arrivée à la primature, Cheick Modibo Diarra a déjà fait preuve de son inaptitude à ce poste. Enquête sur une erreur de casting.
Des exemples de ce genre je peux en citer des milliers .on confond très souvent diplôme et compétence. Avoir des diplômes c’est une chose, avoir des compétences c’est une autre chose.
Dans le cas de Benoit Sambou, l’analyse sans complaisance de la constitution de son équipe fait apparaitre sa dimension de manager : Il s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire composée d’agronomes de sociologues, d’économiste etc. Le choix de collaborateurs aux connaissances et expériences diverses augure bien des résultats attendus au sein du Ministère de l’agriculture. On est tenté de se poser pourquoi une pluridisciplinarité. La réponse est simple : la production agricole est la résultante de plusieurs actions combinées.
En amont il faut fédérer les ruraux autour d’organisations de producteurs structurées et fortes qui serviront de relais pour les équipements agricoles et la transmissions des thèmes techniques permettant l’amélioration des rendements agricoles.
En aval création et animation de circuits performants de transformation (si nécessaire) et de commercialisation des produits agricoles.
B. Vouloir agir qui se réfère à la motivation de l’individu et contexte plus ou moins incitatif.
A ce propos Benoit Sambou se révèle à travers cet article des traits de caractères éminemment positif : l’envie de réussir même en commençant par le bas (gestionnaire d’une petite unité de menuiserie)
A cela s’ajoute son amour pour l’agriculture même en étant dans l’opposition. Sa première publication avec des amis s’intéresse déjà aux problèmes agricoles «Agriculture que faire ? »
Article qui non seulement fait le diagnostic de l’agriculture mais se penche sur les solutions en se posant la question que faire ?
Son amour pour l’agriculture le prédispose déjà à la réussite. En effet Albert Schweitzer disait « le succès n’est pas la clé du bonheur. Le bonheur est la clé du succès. Si vous aimez ce que vous faites, vous réussirez. »
Il hérite d’un ministère qui est un terrain connu ce qui l’amène à plus d’efficacité que d’efficience. Un des spécialistes du travail Peter Druker distingue la notion d’efficacité qui est de faire les choses de celle de l’efficience qui est de faire les bonnes choses. Il fait les bonnes choses parce qu’il connait au préalable.
C. Pouvoir agir renvoie à l’existence d’un contexte, d’organisation du travail, du choix du management, des conditions sociales qui rendent possible et légitime la prise de responsabilité.
Quel contexte pour le Ministère de l’agriculture ? On peut dire qu’il est favorable.
Le Sénégal a une économie essentiellement agricole. Son amélioration, sa modernisation a inévitablement un impact double sur l’économie nationale à savoir : i) la création de richesse pour un plus grand nombre sénégalais, ii) sur le plan macroéconomique par une contribution efficace au rétablissement de l’équilibre de la balance commerciale et en filigrane des économies de devises.
C’est pourquoi Le président Macky dans son document de politique yoon yokkuté : PROGRAMME PRÉSIDENTIEL MACKY 2012 a clairement fait son choix pour une agriculture moderne créatrice de richesse et la caution solidaire des coopératives comme instrument de financement des organisations des producteurs à travers le FONGIP.
Le choix de la coopérative comme instrument de développement en milieu Sénégalais corrobore avec le choix de L’assemblée Générale des Nations Unies qui lors de sa 64eme session de juillet 2009 sur Le rôle des coopératives dans le développement social déclare : Les coopératives, organisées en tant qu’entreprises au service de leurs membres, offrent un modèle d’entreprise particulièrement utile en cas de difficulté économique et de dysfonctionnement des marchés. Les coopératives encouragent et appuient le développement de l’esprit d’entreprise, en créant des emplois productifs, en augmentant les revenus et en contribuant à réduire la pauvreté, tout en favorisant l’inclusion sociale.
Le Ministre de l’agriculture est conscient de la nécessité d’avoir des organisations de producteurs fortes et structurées autour d’entités coopératives. D’où la création par Benoit Sambou de la Direction du financement et du partenariat avec les Organisations au sein du ministère de l’agriculture et de l’équipement rural pour une meilleure prise en compte des préoccupations des agriculteurs. Une pièce essentielle qui manquait pour un meilleur développement rural.
Dans la gestion des ressources humaines, Benoit Sambou n’a pas fait comme certains de ses prédécesseurs qui avaient opté pour le renvoi systématique des anciens collaborateurs. Il a su distinguer la bonne graine de l’ivraie, changer quand il faut mais essayer de garder la mémoire du Ministère. C’est le réalisme qui l’emporte sur l’idéalisme en s’inscrivant dans un dynamisme de changement mais pas de révolution source de confusion et d’initiatives incontrôlées
Il s’est inscrit dans le changement dans la durée qui nécessite donc une méthode, une stratégie qu’il a dévoilée lors de son émission à une chaine de télévision locale.il s’agit de fixer des objectifs immédiats, à court et à moyen terme. On voit bien que l’heure n’est plus au tâtonnement.
Si l’ancien régime a brillé pour ses improvisations en matière de politique agricole, source d’incohérence et de gaspillage, Benoit Sambou a opté pour la rationalité dans la définition des objectifs et des moyens de les atteindre. Cette démarche permettra une meilleure allocation des ressources mises à la disposition du Ministère.
Des projets ont été mis en œuvre sans étude préalable mais exécutés tout simplement par la volonté du Prince. Sa démarche telle qu’il l’a définie à la télévision TFM est claire : analyse des problèmes, analyse des objectifs et planification des moyens nécessaire à l’atteinte des objectifs.
Pour que les études ne prennent pas trop de temps, compte tenu de l’urgence de l’attente des ruraux, le ministre s’est fixé un Dead line, fin décembre 2012 où toutes les actions prioritaires immédiates, à court et à long terme seront définies et leur exécution peut commencer dès Janvier 2013.
La campagne agricole2012/2013 et les autres seront menées avec beaucoup de réussite car préparée rationnellement.
« Tout travail est l’autoportrait de celui qui l’accomplit. Signer vos œuvres avec excellence. »
En définissant des objectifs réalistes et vraiment réalisables pour son ministère et en adoptant la planification des actions par objectif dans le court et le moyen terme, Benoit est en train de signer ses œuvres avec excellence en ne laissant pas la place à l’improvisation.
La seule inconnue est le temps combien de temps restera-t-il au niveau au niveau de son Ministère ? J’espère que Macky ne fera pas la grosse erreur de son prédécesseur, celle d’instaurer l’instabilité dans les départements ministériels. On a vu sous le régime Wade des Ministres nommés pour 3 mois. le travail d’un Ministre pour être efficace et efficient doit s’inscrire forcement dans la durée.
Nfally BADJI
Parcelles assainies Dakar
Badji1953@yahoo.fr
Le traitement de l’information :
Le traitement de l’information se définit comme le traitement d’information latente en information manifeste.
Il est donc nécessaire pour le journaliste de sélectionner les bonnes informations latentes pour en faire de sujets pertinents d’actualité.
« Une des accusations permanentes qui est portée à notre pratique professionnelle écrit le journaliste Patrick Pépin, n’est pas en soi de simplifier, mais plutôt celle de simplifier à outrance ».
Réduire l’enquête sur une personnalité de l’Etat sur ses contreperformance universitaire, son passé de gérant d’une menuiserie et son divorce avec sa première femme, n’échappe pas cette critique.
Cette enquête est non seulement réductrice et mais déséquilibrée.
Réductrice, elle aurait donné plus d’informations de qualité (enquête de personnalité certes mais aussi enquête sur ses stratégies au sein de son département ministériel).
Elle est déséquilibrée dans la mesure où elle s’est focalisée plus les « imperfections » d’un parcours propre à un homme. Qui peut se prévaloir d’être parfait et de diriger son destin comme il le veut ?
Thierry Watine, directeur du centre de recherche de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille disait « quoi qu’il en soit poser la question du traitement de l’information, renforce un peu plus le soupçon qui pèse sur la crédibilité des medias c’est-à-dire la capacité à rendre compte de l’actualité de façon à la fois fidèle et efficace ». Un article est efficace s’il est reçu, compris et assimilé par les lecteurs.
Si l’article est bien reçu à travers un support médiatique à fort tirage il n’est bien compris à travers ses motivations.
Pourquoi informer ? Le but de l’information est triple :
• Comprendre le monde et donner aux citoyens les moyens d’agir ;
• Sensibiliser, mobiliser, alerter ;
• Divertir.
Je ne vois pas en quoi les informations fournies permettent- elles aux citoyens d’agir et encore moins d’alerter et de mobiliser l’opinion publique. Il n’y a pas de danger pour le citoyen d’avoir un ministre qui a divorcé, qui était gérant d’un atelier ou avoir « cartouché ».
Si l’article avaient donné, dévoilé la vision, les missions et la stratégie de Benoit Sambou dans un département ministériel important en termes d’enjeux (autosuffisance alimentaire entre autre), le citoyen aurait les moyens d’agir de se mobiliser pour soutenir ou désapprouver ou d’être assuré ou pas d’un lendemain serein en terme de sécurité alimentaire.
Ce n’est pas le cas, le journal a choisi le coté divertissement en somme le coté people de l’information
Mais cet article a un mérite (mais oui il en a !) celui de poser en filigrane un débat intéressant : le mythe du diplôme.
Permettez-moi de vous raconter à ce sujet une anecdote :
En France au moment de l’embauche on vous demande quels diplômes vous avez ? Aux Etats Unis quelles expériences vous avez ?
Ce qui est vrai pour la France l’est aussi pour le Sénégal. Pouvait-il en être autrement après une longue période de compagnonnage forcé nait de la colonisation. Nous ne pouvons qu’avoir un même comportement, une même vision et appréciation des choses selon l’adage : dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es.
Le diplôme prime sur tout d’appréciation toute autre considération sur l’échelle d’évaluation du professionnalisme d’une personne.
Cette approche occulte un élément important dans l‘appréciation des qualités intrinsèques professionnelles d’un individu : la compétence
Au juste qu’est que la compétence ? Les spécialistes du travail s’accordent à la définir comme étant une connaissance mobilisables tirée généralement de l’expérience et nécessaire à l’exercice d’une activité.
On voit bien que la compétence est un élément essentiel, aujourd’hui plus qu’hier : notre monde est caractérisée par une économie ouverte et donc nécessairement concurrentielle où seuls les plus forts, pardon les plus compétents peuvent survivre.
Selon encore les spécialistes en ressource humaine, la compétence se compose en trois éléments :
• Le savoir (savoir théorique et/ou technique où on peut loger les diplômes) ;
• Le savoir- faire (qui reflète les habiletés) ;
• Le savoir-être qui prend en compte les qualités personnelles marques.
On remarquera à travers ce schéma qui dissèque la compétence en diffèrent éléments que la dimension diplôme occupe une place non prépondérante.
Cependant conditions sont nécessaires et suffisantes pour améliorer la compétence que nous allons analyser à la lumière du ministre de l’agriculture.
A. Le savoir agir c’est la capacité de combiner les ressources pertinentes. Ce paramètre d’appréciation est l’un des plus importants c’est là qu’on a besoin d’un chef d’orchestre d’un manager, lui qui sait recruter des talents et savoir les utiliser afin d’augmenter les performances de l’entreprise ou d’un ministère.
En 1983 j’étais encore étudiant en France un grand groupe évoluant dans la pétrochimie cherchait à recruter son Directeur Général par voie de presse. Naturellement des ingénieurs et autres techniciens supérieurs ont vite fait de postuler, la pétrochimie ils la maitrisent, c’est leur domaine de prédilection. Mais au final, un sociologue de formation a été choisi !un choix judicieux car à ce stade de responsabilité ce ne sont pas les connaissances techniques en chimie organique que l’entreprise a besoin. Elle a besoin d’une personne ayant des capacités à diriger une équipe. Les ingénieurs ont certes de grands diplômes mais leur place est ailleurs (en laboratoire ou sur les plateformes de pompage). La leçon à tirer c’est qu’on n’a pas besoin forcement d’un technicien bardé de diplômes pour diriger.
Autres exemples Ronald Reagan fut Président des USA et se révéla un grand dirigeant. Il n’est cependant pas auréolé de diplômes universitaires et encore moins sorti de Howard. Sans grand diplôme, il posséda les qualités d’un grand Manager celui de recruter de bons collaborateurs et de leur donner des aspirations et des buts à atteindre. Sans diplôme il a réussi là ou d’autres Présidents américains ont échoué : gagner la guerre froide.
Pierre Bérégovoy est nommé Premier ministre en avril 1992 par François Mitterrand. Il ne dispose que d’un CAP d’ajusteur et d’un CAP de dessinateur industriel. Il fut un brillant homme d’Etat qui effectua plusieurs réformes (création du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, etc.).
Cheick Modibo DIARRA premier du Mali est connu pour être l’un des plus grands scientifiques de l’Afrique avec à la clé des diplômes de haut niveau qui lui ont valu son passage à la NASA. Il fut choisi pour être le Premier Ministre avec pour mission de sortir son pays de la crise. Le résultat est médiocre. Et Jeune Afrique de titrer à la une : Trois mois après son arrivée à la primature, Cheick Modibo Diarra a déjà fait preuve de son inaptitude à ce poste. Enquête sur une erreur de casting.
Des exemples de ce genre je peux en citer des milliers .on confond très souvent diplôme et compétence. Avoir des diplômes c’est une chose, avoir des compétences c’est une autre chose.
Dans le cas de Benoit Sambou, l’analyse sans complaisance de la constitution de son équipe fait apparaitre sa dimension de manager : Il s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire composée d’agronomes de sociologues, d’économiste etc. Le choix de collaborateurs aux connaissances et expériences diverses augure bien des résultats attendus au sein du Ministère de l’agriculture. On est tenté de se poser pourquoi une pluridisciplinarité. La réponse est simple : la production agricole est la résultante de plusieurs actions combinées.
En amont il faut fédérer les ruraux autour d’organisations de producteurs structurées et fortes qui serviront de relais pour les équipements agricoles et la transmissions des thèmes techniques permettant l’amélioration des rendements agricoles.
En aval création et animation de circuits performants de transformation (si nécessaire) et de commercialisation des produits agricoles.
B. Vouloir agir qui se réfère à la motivation de l’individu et contexte plus ou moins incitatif.
A ce propos Benoit Sambou se révèle à travers cet article des traits de caractères éminemment positif : l’envie de réussir même en commençant par le bas (gestionnaire d’une petite unité de menuiserie)
A cela s’ajoute son amour pour l’agriculture même en étant dans l’opposition. Sa première publication avec des amis s’intéresse déjà aux problèmes agricoles «Agriculture que faire ? »
Article qui non seulement fait le diagnostic de l’agriculture mais se penche sur les solutions en se posant la question que faire ?
Son amour pour l’agriculture le prédispose déjà à la réussite. En effet Albert Schweitzer disait « le succès n’est pas la clé du bonheur. Le bonheur est la clé du succès. Si vous aimez ce que vous faites, vous réussirez. »
Il hérite d’un ministère qui est un terrain connu ce qui l’amène à plus d’efficacité que d’efficience. Un des spécialistes du travail Peter Druker distingue la notion d’efficacité qui est de faire les choses de celle de l’efficience qui est de faire les bonnes choses. Il fait les bonnes choses parce qu’il connait au préalable.
C. Pouvoir agir renvoie à l’existence d’un contexte, d’organisation du travail, du choix du management, des conditions sociales qui rendent possible et légitime la prise de responsabilité.
Quel contexte pour le Ministère de l’agriculture ? On peut dire qu’il est favorable.
Le Sénégal a une économie essentiellement agricole. Son amélioration, sa modernisation a inévitablement un impact double sur l’économie nationale à savoir : i) la création de richesse pour un plus grand nombre sénégalais, ii) sur le plan macroéconomique par une contribution efficace au rétablissement de l’équilibre de la balance commerciale et en filigrane des économies de devises.
C’est pourquoi Le président Macky dans son document de politique yoon yokkuté : PROGRAMME PRÉSIDENTIEL MACKY 2012 a clairement fait son choix pour une agriculture moderne créatrice de richesse et la caution solidaire des coopératives comme instrument de financement des organisations des producteurs à travers le FONGIP.
Le choix de la coopérative comme instrument de développement en milieu Sénégalais corrobore avec le choix de L’assemblée Générale des Nations Unies qui lors de sa 64eme session de juillet 2009 sur Le rôle des coopératives dans le développement social déclare : Les coopératives, organisées en tant qu’entreprises au service de leurs membres, offrent un modèle d’entreprise particulièrement utile en cas de difficulté économique et de dysfonctionnement des marchés. Les coopératives encouragent et appuient le développement de l’esprit d’entreprise, en créant des emplois productifs, en augmentant les revenus et en contribuant à réduire la pauvreté, tout en favorisant l’inclusion sociale.
Le Ministre de l’agriculture est conscient de la nécessité d’avoir des organisations de producteurs fortes et structurées autour d’entités coopératives. D’où la création par Benoit Sambou de la Direction du financement et du partenariat avec les Organisations au sein du ministère de l’agriculture et de l’équipement rural pour une meilleure prise en compte des préoccupations des agriculteurs. Une pièce essentielle qui manquait pour un meilleur développement rural.
Dans la gestion des ressources humaines, Benoit Sambou n’a pas fait comme certains de ses prédécesseurs qui avaient opté pour le renvoi systématique des anciens collaborateurs. Il a su distinguer la bonne graine de l’ivraie, changer quand il faut mais essayer de garder la mémoire du Ministère. C’est le réalisme qui l’emporte sur l’idéalisme en s’inscrivant dans un dynamisme de changement mais pas de révolution source de confusion et d’initiatives incontrôlées
Il s’est inscrit dans le changement dans la durée qui nécessite donc une méthode, une stratégie qu’il a dévoilée lors de son émission à une chaine de télévision locale.il s’agit de fixer des objectifs immédiats, à court et à moyen terme. On voit bien que l’heure n’est plus au tâtonnement.
Si l’ancien régime a brillé pour ses improvisations en matière de politique agricole, source d’incohérence et de gaspillage, Benoit Sambou a opté pour la rationalité dans la définition des objectifs et des moyens de les atteindre. Cette démarche permettra une meilleure allocation des ressources mises à la disposition du Ministère.
Des projets ont été mis en œuvre sans étude préalable mais exécutés tout simplement par la volonté du Prince. Sa démarche telle qu’il l’a définie à la télévision TFM est claire : analyse des problèmes, analyse des objectifs et planification des moyens nécessaire à l’atteinte des objectifs.
Pour que les études ne prennent pas trop de temps, compte tenu de l’urgence de l’attente des ruraux, le ministre s’est fixé un Dead line, fin décembre 2012 où toutes les actions prioritaires immédiates, à court et à long terme seront définies et leur exécution peut commencer dès Janvier 2013.
La campagne agricole2012/2013 et les autres seront menées avec beaucoup de réussite car préparée rationnellement.
« Tout travail est l’autoportrait de celui qui l’accomplit. Signer vos œuvres avec excellence. »
En définissant des objectifs réalistes et vraiment réalisables pour son ministère et en adoptant la planification des actions par objectif dans le court et le moyen terme, Benoit est en train de signer ses œuvres avec excellence en ne laissant pas la place à l’improvisation.
La seule inconnue est le temps combien de temps restera-t-il au niveau au niveau de son Ministère ? J’espère que Macky ne fera pas la grosse erreur de son prédécesseur, celle d’instaurer l’instabilité dans les départements ministériels. On a vu sous le régime Wade des Ministres nommés pour 3 mois. le travail d’un Ministre pour être efficace et efficient doit s’inscrire forcement dans la durée.
Nfally BADJI
Parcelles assainies Dakar
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