Le Premier ministre Abdoul Mbaye a fait, hier, le procès du régime de Me Wade, lors de sa déclaration de politique générale à l’Hémicycle. «Le contexte macro-économique et social est fortement délétère. La croissance du Pib a connu, au cours de ces dernières années, une fluctuation erratique, du fait d’une forte vulnérabilité de l’économie aux chocs exogènes et aux aléas climatiques», a, d’emblée, déclaré Abdoul Mbaye. A l'en croire, «l’activité économique a cru de 2,6% en 2011 contre 4,1% en 2010». Un ralentissement dû à la contre-performance du secteur agricole qui s’est contracté de plus de 20%. «L’inflation s’est établie à 3,4% en 2011, au-delà du seuil fixé pour les Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Notre balance courante est déficitaire avec un solde ressorti à -6,4% du Pib en 2011, en liaison avec les politiques macro-économiques parfois inappropriées, la vulnérabilité aux chocs exogènes et des orientations sectorielles souvent hasardeuses», poursuit- il. Au plan sectoriel indique le Premier ministre, «plusieurs branches qui, dans un passé récent, étaient fortement contributrices aux recettes d'exportation, ont été en recul». Pis, «le déficit du compte courant reste couplé à un important déséquilibre budgétaire», note-t-il. «En dépit d’une bonne tenue des recettes qui ont doublé, entre 2000 et 2010, le déficit budgétaire n’a cessé de se creuser, pour atteindre 455 milliards en 2011, représentant 6,7% du Pib et 33,1% des recettes fiscales et non fiscales», martèle-t-il. Poursuivant sa peinture sombre de la situation économique, le Premier ministre de dire : l’encours de notre dette publique a sensiblement augmenté entre 2006 et 2011, passant de 1023 milliards de FCFA, soit 21% du Pib, à 2704 milliards de FCFA, représentant 40% du Pib. Malheureusement, déplore-t-il, «cette évolution rapide de notre dette pour financer des investissements ne s’est pas traduite par une amélioration conséquente de la productivité de l’économie et des conditions de vie des ménages. Les options récentes en matière d’endettement intérieur ont été fortement marquées par le recours abusif aux instruments de court terme». M. Mbaye dit que «notre pays doit supporter un service de la dette de 493
milliards en 2012, dont 412 milliards au titre du remboursement de sa dette intérieure de 653 milliards de FCFA». Ce qui fait qu’il est ainsi «entré dans un cercle vicieux, où il doit emprunter pour rembourser». De plus, poursuit-il, «notre potentiel de croissance n’a pu être pleinement optimisé ces dernières années, du fait, des fortes contraintes induites par la crise énergétique». Il fait la même lecture sur les infrastructures réalisées sous le régime de Abdoulaye Wade. «Trop de priorités et d’urgences ont été souvent négligées au profit de dépenses somptuaires
et coûteuses. Alors qu’on s’interroge encore sur l’opportunité et la justification des sommes colossales englouties dans l’organisation de conférences, de voyages, ainsi que d’un festival». Au plan sanitaire, M. Mbaye indique que «l’inaccessibilité des services de soins, l’indigence des plateaux techniques, l’insuffisance de personnel qualifié et les difficultés récurrentes de gouvernance des structures sanitaires, sont les meilleures illustrations des faiblesses d’un système de santé qui doit inévitablement opérer sa mue».
milliards en 2012, dont 412 milliards au titre du remboursement de sa dette intérieure de 653 milliards de FCFA». Ce qui fait qu’il est ainsi «entré dans un cercle vicieux, où il doit emprunter pour rembourser». De plus, poursuit-il, «notre potentiel de croissance n’a pu être pleinement optimisé ces dernières années, du fait, des fortes contraintes induites par la crise énergétique». Il fait la même lecture sur les infrastructures réalisées sous le régime de Abdoulaye Wade. «Trop de priorités et d’urgences ont été souvent négligées au profit de dépenses somptuaires
et coûteuses. Alors qu’on s’interroge encore sur l’opportunité et la justification des sommes colossales englouties dans l’organisation de conférences, de voyages, ainsi que d’un festival». Au plan sanitaire, M. Mbaye indique que «l’inaccessibilité des services de soins, l’indigence des plateaux techniques, l’insuffisance de personnel qualifié et les difficultés récurrentes de gouvernance des structures sanitaires, sont les meilleures illustrations des faiblesses d’un système de santé qui doit inévitablement opérer sa mue».
…Et prône rupture et rigueur dans l’immobilier et le foncier
La question du foncier, qui a été au coeur du débat ces dernières années dans notre pays, a été abordée par le Premier ministre Abdoul Mbaye. Il a promis que «des efforts de réorganisation seront nécessaires pour une maîtrise des réserves foncières, une gestion plus rigoureuse des assiettes et la rationalisation de la gestion du foncier relevant du domaine national». En effet, «l’Etat mettra en oeuvre dans les différentes régions du pays des lotissements administratifs et des zones d’aménagements concertés, avec une cession des parcelles à des coûts accessibles aux populations» renseigne t-il. A cet égard, Abdoul Mbaye de prévenir que «l’Etat n’autorisera plus les marges excessives réalisées sur le foncier par des spéculateurs à son détriment et à celui des citoyens». Il indique que le secteur «sera mieux contrôlé, notamment en ce qui concerne la validation technique des programmes de logements et la collecte de l’épargne des ménages». Par ailleurs, le Pm de dire haut et fort que «Le citoyen sénégalais, étranglé par une inflation immobilière devenue insupportable, et inquiet de finir sa vie sans connaître la satisfaction de
devenir propriétaire de son logement, ce citoyen peut compter sur le ferme appui du gouvernement». Mais dans le même temps, «l’application plus stricte des dispositifs réglementaires doit garantir le respect des règles et normes techniques en matière de construction, pour nous éloigner des phénomènes récurrents d’effondrement de bâtiments».
devenir propriétaire de son logement, ce citoyen peut compter sur le ferme appui du gouvernement». Mais dans le même temps, «l’application plus stricte des dispositifs réglementaires doit garantir le respect des règles et normes techniques en matière de construction, pour nous éloigner des phénomènes récurrents d’effondrement de bâtiments».

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