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Mercredi 22 Février 2012
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La paix, la paix, Quelle paixMercredi 25 Janvier 2012
La paix , la paix, Quelle paix ?
Au Sénégal, on a l’habitude de dire « niou ngi niane diam danxté diam ci lep xac ». C’est vrai sans la paix rien ne peut se construire mais il ne s’agit point d’une paix tributaire de l’hypocrisie ou de la fatalité. En effet, laisser un vieillard de plus de 86 ans, fut-il Président de la République se représenter pour un troisième mandat alors qu’il avait volontairement et de bonne fois inspiré dans une nouvelle constitution plébiscitée par le peuple une limitation des mandats présidentiels à deux, relève t-il d’une initiative pacificatrice ? En quoi une manifestation contre l’augmentation des prix des denrées de première nécessité va à l’encontre de la paix ? Comment, pour prétendre être des partisans de la paix, on peut accepter qu’un ministre dont le seul mérite est d’être le fils du président gère les ¾ du budget national ? Tous les citoyens qui appellent le plus souvent à la paix, sont pour la plupart intéressés ou opportunistes, qu’ils soient des artistes, des chefs religieux, des acteurs politiques ou des sportifs. Ils ne parlent jamais des difficultés liées à l’inflation, au chômage, à l’éducation ou la santé. A les entendre parler on a le sentiment que la paix économique ou l’égalité dans l’emploi, le désir d’entreprendre, l’acquittement des impôts n’existe que par la volonté divine. Il faut laisser au pouvoir en place le loisir de faire tout ce qu’il veut notamment, distribuer l’argent du contribuable aux personnes sans apport très signifiant pour la collectivité, voler les deniers publics et appauvrir la population car c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. C’est souvent cette posture fataliste que nos chefs religieux ou coutumiers – qui s’arrangent toujours à être du côté du pouvoir-nous ont longtemps entretenu sans soucier du vécu quotidien des populations. Pour eux la paix n’inclut pas leur implication dans le règlement de la crise scolaire voire leur désir de mettre la pression sur le gouvernement pour réduire le coût de la vie. Ils ont tout juste besoin de passeports diplomatiques, de terrains, de voitures rutilantes et d’autres facilités de la vie mondaine pour cautionner toute action du gouvernement et demander aux populations en proie à des frustrations de rester calme, de penser à Dieu. On ne les entend qu’en période électorale. A part les sorties du clergé, nous sommes vraiment sevrés d’une voix si rassurante d’un guide religieux depuis la disparition de Serigne Abdou Dabakh (RTA). Ce qui frise le ridicule c’est le comportement versatile de certains qui soutenaient mordicus le président Diouf en 2000 et qui, actuellement tentent laborieusement de convaincre sur la réélection de Wade comme gage de la paix au Sénégal. Seule l’église est à la hauteur de sa mission de régulateur social en interpellant sans cesse les principaux acteurs de la vie sociale, en prenant des positions justes, pertinentes et rassurantes. La paix selon la conception sénégalaise est d’éviter l’affrontement physique que l’on soit animé de bonne ou mauvaise intention. Les pays voisins qui se battent pour garder leur dignité en somme leur paix sont peuplés d’abrutis, d’irresponsables, de personnes sans raison. On en parle ainsi avec une suffisance qui n’a d’égale que notre arrogance et notre esprit hautain qui nous valent parfois une méfiance de nos frères africains. La paix est construite sur un esprit de fraternité, de dialogue, de partage mais avant tout sur le respect des règles qui encadrent la vie de tout un peuple. Elle passe par le respect des lois et règlements, l’importance accordée aux valeurs culturelles et religieuses (foi en Dieu, dignité, respect de l’autre et de la parole donnée, ngor, soutoura etc.), la transparence dans la gouvernance économique. Sans ces préalables une paix durable est impossible et les sénégalais doivent refuser toute position de fatalité visant simplement à maintenir un pouvoir et avantager une classe privilégiée, qui en fin de compte se nourrit de cette simulacre de paix. Le désir de manifester pour réclamer un droit, pour contraindre les gouvernants à mieux gérer doit se soustraire des sirènes des acteurs qui ne retrouvent la voix qu’en période électorale. Mohamadou Lamine DIOUF Silima31@hotmail.com Mohamadou Lamine DIOUF
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TEUSS
Exactions
Les procureurs de la Cpi ont du pain sur la planche. Le Sénégal recèle actuellement de matière à enquête. Les répressions sanglantes des manifestations de ces derniers jours ont atteint un point tellement critique avec les morts qui se multiplient, qu’il devient urgent de braquer un faisceau de lumière judiciaire sur les contours dans lesquels ces drames sont survenus, dévoiler les auteurs de ces exactions, leurs commanditaires. Parce que ce qui se passe dépasse la seule répression de manifestations. Ça en devient de la torture pure et simple et les images de télé sont là pour souvent le prouver. Juste un oeil sur ce qui s’est passé à Cambérène avec des interpellés assaillis par des gendarmes qui leur donnent de violents coups de matraque. De la violence aveugle, comme quand la police tire à bout portant ses lacrymogènes sur des candidats, blesse d’autres manifestants. Il y a une question à laquelle il faudra répondre en attendant que l’heure des comptes arrive, certainement aussi pour les auteurs de ces violences et leurs commanditaires : qu’est ce qui fait que nos forces de l’ordre sont si violentes. Ontelles été (re)dressées pour tuer ?
Samba ALAAR
EDITORIAL
Wade ira-t-il même au 2ème tour ?
Il faut que la presse et tous les Sénégalais en général se libèrent d’un enfermement psychologique ourdi par les officines privées de propagande françaises, payées à prix d’or par Karim Wade, et qui veulent ancrer dans nos têtes que le président Wade gagnera la prochaine élection au premier tour. Pour justement nous enfermer dans une autre croyance, celle qui voudrait que le candidat sortant soit attendu, comme naturellement, au deuxième tour. C’est un tour de passe-passe à double détente. Parce qu’amener Wade au deuxième tour pourrait apparaître comme une victoire à ceux qui craignaient le pire, annoncé et déjà inconsciemment intégré comme une possibilité. Or, des organismes gouvernementaux occidentaux, qui font ce type de travail pour leurs gouvernements et non pour des profits surévalués, sont formels : il est une probabilité plus que forte que même cette étape du deuxième tour ne soit pas atteinte par le candidat des Fal.
Par Pape Samba KANE
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