La loi sur la parité, qui a engendré une meilleure représentativité des femmes à l’Assemblée nationale, a été le prétexte pour le Groupe des amis de la francophonie (Gaf) d’organiser, hier, une journée de réflexion sur «la participation des femmes en politique : partage d’expériences francophones». En présidant la cérémonie d’ouverture de ladite rencontre, le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, n’a pas manqué de souligner le rôle primordial que les femmes du Sénégal ont joué dans ce combat. Selon lui, «l’essentiel est dans la victoire en faveur de la parité, et cette victoire est celle du peuple». Pour Moustapha Niasse, le rôle de la femme ne cesse de se confirmer, et «la loi sur la parité a été un événement historique et un fait de société qui s’inscrivent dans une dynamique de restitution à la femme sénégalaise de ses propres droits, droits tout à fait inaliénables et imprescriptibles». Même si quatre mois et demi de parité n’ont pas suffi pour asseoir des convictions, établir des certitudes, élaborer des références, tracer des perspectives, le président de l’Assemblée nationale reste convaincu que «ces quatre mois et demi permettent de mesurer le niveau de l’engagement des femmes et des hommes députés dans la poursuite concertée». «Les femmes sénégalaises ont, depuis longtemps, communié avec la vie. Les femmes sénégalaises, en effet, ont su, très tôt, lutter contre les décrets de la raison, car ayant compris que seul est en mesure de s’engager dans ce combat du possible et contre les forces de l’impossible, l’être qui accepte d’assumer son destin», a renchéri M. Niasse. Avant de conclure : «Si nous parvenons à administrer la preuve que les réalités liées à la question genre ne sauraient en aucun cas et sous aucune forme être considérées comme des concessions ou des cadeaux offerts à des femmes, si nous créons les conditions d’un partenariat organisé et concerté pour l’action, si nous acceptons, ensemble, avec générosité, de tirer notre barque pour atteindre les rivages de la modernité pour tous, alors nous aurons réussi».
…une «exigence démocratique», selon l’universaitaire Fatou Kiné Camara
La journée de réflexion sur «la participation des femmes en politique : partage d’expériences» a vu la participation, entre autres, d’universitaires et de nombreuses chercheuses, venues d’horizons divers. Occasion saisie par le Pr Fatou Kiné Camara pour dire ses vérités par rapport à la parité. «Les femmes et les hommes qui respectent l’Etat doivent se rappeler que la parité est une exigence démocratique», a, d’emblée, dit l’universitaire qui souligne qu’«en Afrique, comme dans le monde, les femmes ont pleinement participé à la vie politique de leur pays». A en croire cette juriste de formation et chercheuse, «les femmes étaient là et elles occupaient la première loge pour défendre la démocratie, les personnes vulnérables, mais également lutter pour le respect des droits de l’homme. C’est lors du partage des postes qu’on nous écarte». L’historienne Penda Mbow, qui a aussi pris part à cette rencontre, considère que «les femmes doivent faire la politique». Et de clamer : «Tant que les femmes ne seront pas associées dans le jeu politique, nous ne serons pas développés».

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