Jeudi 20 Juin 2013
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LE GROUPE SAFARI : Un trio de filles aux styles différents lié par l’art

Samedi 22 Décembre 2012

«Safari», voilà un groupe 100% féminin créé par trois jeunes filles: Khadija, Défa et Maria. Le nom très original que porte ce groupe reflète
l’africanité de ses membres qui se manifeste jusque dans leur port vestimentaire. Cheminant ensemble pendant des années, elles sont liées
par l’amitié, avant même d’avoir un destin commun dans la musique. Après deux singles «Fighting» et «Art-Bi», mis sur le marché en 2009 et
2011, «Safari» est de retour en cette fin d’année avec le premier album du groupe «Inata». «Safari», c’est donc trois filles, un groupe avec des styles différents, mais surtout un lien commun : la musique. Forme d’art dans laquelle, Khadijatou Bayo «Khadija», Khardiatou Sow «Défa» et Mariétou Koté Cissé «Maria» reviennent largement sur fond de confidences avec «Le Pop».


KHADIJATOU BAYO «KHADIJA» : «Je me suis mariée à un Espagnol converti, donc musulman et pratiquant»

LE GROUPE SAFARI : Un trio de filles aux styles différents lié par l’art
Elle se nomme Khadijatou Bayo, dite Khady avec comme nom d’artiste «Khadija». Membre du groupe «Safari», la jeune et belle dame est toujours très souriante. Se réclamant africaine et sénégalaise, alliant la modernité et la tradition, dans sa jupe trois quarts en wax multicolore, avec ses formes généreuses, assortie avec une veste velours de couleur marron, du haut de ses hauts talons, est d’une coquetterie certaine. L’ancienne étudiante se confie en avouant d’entrée de jeu que sa «façon d’entrer dans la musique était très bizarre». «J’ai toujours aimé la musique, mais je n’ai jamais eu le cran de monter sur scène. Je n’ai jamais pensé qu’un jour je serai artiste, à plus forte raison monter sur un podium», admet
«Khadija». «J’étais seulement avec les filles pour manager le groupe. Mais, en un moment donné, elles ont senti ma voix, car j’assurais aussi les choeurs», ajoute t-elle avant de faire savoir que son feeling pour la musique a commencé ainsi. Avec le temps, elle s’est laissée dompter «Je suis venue dans la musique accidentellement», dit-elle, pensive. Etant étudiante en marketing et communication, elle ne savait en effet pas que son destin était dans la musique. «Ma préoccupation était seulement de réussir dans mes études. Et j’étais aussi brillante, mais nul n’échappe à son destin», confie Khadija Bayo.

Originaire de la région Sud la jeune chanteuse a grandi à Dakar, près de sa mère qui lui a donné une bonne éducation.
Le grand regret de cette Mandingue, c’est de ne pas bien maîtriser cette langue. Mais se réconforte-t-elle : «J’adore la langue Socé. C’est une fierté, aujourd’hui, que notre album porte le nom mandingue. C’est une manière pour moi de représenter la Casamance et de le dédier à mon papa». Jugeant la musique plus ou moins difficile, la jeune chanteuse révèle qu’«au début, ce n’était trop facile, mais quand on fait bien les choses, qu’on s’engage, que les gens croient en vous, il y a moins de problèmes. «C’est une passion, elle est née finalement et pour ma famille et moi, on sait dit que ça vaut la peine de continuer. Mais ce n’était pas évident de faire cette transition. Mais, à un moment donné, ma mère m’a beaucoup soutenue». Parlant du groupe et des autres filles, elle concédait : «Peut-être que je suis réputée avoir la voix plus mélodieuse que les autres qui ont des voix beaucoup plus africaines». Puis, elle ajoute, à propos de leur accoutrement qui est un mélange de modernité et de tradition africaine : «C’est parce qu’on n’est plus à l’époque où la femme avait un pagne. Aujourd’hui, on a la chance d’avoir des stylistes incroyables, avec de belle tenue, mêlée à une touche moderne-africaine. On est des femmes sénégalaises avant tout. Tout le monde sait que
la femme sénégalaise est réputée très flashions, très sexy. Donc, on se sent sexy, mais le plus important, c’est qu’on se sent femme africaine». Aussi, elle souligne que la petite touche européenne qu’elles apportent à leur habillement est pour mieux mettre en valeur le côté femme attachée aux valeurs africaines qu’elles cultivent.

«Mon mari m’aime, je l’aime, on s’adore»
Prônant le consommation locale, «Khadija» dévoile : «Tout ce que je porte de la tête aux pieds a été fait d’ici. On s’habille local, c’est une manière de contribuer au développement de notre société. On est à l’aise avec ces vêtements africains, comme on pouvait aussi être avec ceux dits modernes. Mais on reste ancré dans nos valeurs». Pour ce qui est du style musical de «Safari» avec son premier album, elle reprécise qu’il est divers et varié. «C’est un mélange de dance-hall, de Rnb, de «coupé décalé» nigérian, avec aussi une sonorité un peu arabe», dit-elle en notant que pour les thèmes, «c’est vrai qu’on a mis l’accent sur la danse, car l’idée c’est de montrer qu’on est là pour la paix. Parce que le public sénégalais est fatigué par rapport à tout ces problèmes politiques liés à la campagne électorale passée. Il y a aussi deux ou trois sons qui abordent des thèmes vraiment importants qu’on a voulu dégager, notamment ‘Thiakakay’ où on dénonce l’agression, la pédophilie, la prostitution». Très ouverte, elle semble se mettre sur ses gardes dès qu’on évoque des sujets relatifs à son «jardin secret». (Sa vie son couple). «Aujourd’hui, on ne peut pas parler de ça. Mais si vous voulez, je vous invite chez moi et là vous pourrez découvrir ‘Khadija’ dans sa vie de couple et tout», commence-t-elle par servir. Mais, avec insistance, elle finit par lâcher : «Oui, je suis mariée depuis un an et demi, mais pas plus. Effectivement, mon époux est un Blanc. Je suis mariée à un Espagnol, converti à l’islam et qui est donc un musulman pratiquant. Il adore sa nouvelle religion et on est bien ensemble». «Mon mari m’aime, je l’aime, on s’adore», affirme avec fierté «Khadija», l’air très amoureuse, sous le contrôle de son mari, assis juste à côté, qui ne cessait de lui jeter des regards. Elle concédera aussi avoir fait sa rencontre «de façon naturelle.
Sur les astuces pour retenir son mari comme cela était chanté dans un de leur titre «Jonge», elle s’empresse de répondre : «Ah oui, pourquoi pas. Je mets du ‘cuuraay’ et d’autres astuces pour faire plaisir à mon homme. Car je n’ai pas un Blanc chez moi, mais un mari et un homme tout naturel».

KHARDIATOU SOW «DEFA» : «Jonge moy wone finga mënee, quiconque ne le fait pas, j’ai pitié»

Contrairement à son amie «Khadija» qui n’a jamais rêvé être chanteuse, Khardiatou Sow, alias «Défa» clame plutôt que la musique est une passion qui l’a habitée depuis toujours. Elle a vu son rêve d’enfance se réaliser. «C’est un rêve d’enfance qui s’est réalisé, une passion avec laquelle j’ai grandi. Ça été toujours mon rêve d’être une chanteuse», avoue «Défa» cette Halpulaar au teint noir à la beauté rare . «Défa» présente de beaux traits, avec son visage fin, sa taille moyenne. Scotchée dans un fauteuil, «Défa» moulée dans une robe bustier évasée noir, assortie d’une veste en lin rouge, décorée avec du wax tricolore ( rouge, jaune et noir) chaussée de talons escarpins rouges, elle raconte son histoire avec le groupe Safari : «Je ne pensais pas être dans le groupe ‘Safari’. Je rêvais juste de cela depuis toute petite», dit-elle. En effet, la rencontre de ces trois jeunes filles s’est faite de manière naturelle. Khardiatou Sow était la voisine de «Khadija» et cette dernière était dans la même classe avec Marième. C’est ainsi que toutes les trois ont fini par se retrouver autour de leur amour pour la musique. Une relation d’amitié, donc qui a été renforcée pour leur amour pour la musique. Ce qui fait dire à «Défa» qu’elles sont devenues des amies avant d’être des artistes. Elle se dit d’autant plus heureuse qu’elle a eu la chance d’avoir un père qui l’a soutenue et aidée à réussir dans la musique. «J’ai eu beaucoup de chance parce que déjà mon père est mon meilleur ami et il m’a comprise et soutenue. Il est toujours là pour moi», confesse-t-elle sans souligner que si son père lui disait de poursuivre son rêve dans la musique, par contre sa mère, tenant toujours à ses coutumes de Halpulaar, avait refusé. «Ma mère ne voulait pas que je chante. Elle me disait toujours que je ne dois pas chanter parce que je suis une Torodo», révèle «Défa» qui explique que c’est des années plus tard que sa mère a compris et lui a donné sa bénédiction. Chanteuse dans le groupe, elle se distingue de par son style rare, le «Tooks», un genre qu’elle peine à expliquer. «Je ne sais pas comment l’expliquer, mais c’est du rap mélangé un peu avec d’autres mélodies. Voilà, c’est ça qu’on appelle le ‘Tooks’, mais il m’est difficile de donner une autre explication», confie-t-elle. Après le Bac, elle a arrêté pour se consacrer à la musique mais aussi pour des choses personnelles. «Je n’ai pas pu continuer mes études, car le virus de la chanson était en moi à 100%. C’est la musique qui a gâché mes études», avoue-t-elle. Le rêve que nourrissent «Défa» et sa bande, c’est de percer sur la scène internationale. Elle rêve, dit-elle, «de Grammy Awards, de défiler sur les tapis rouges des Etat Unis, pour qu’on sache qu’il y a des Sénégalaises qui ont du talent et se battent pour s’en sortir». Côté coeur, «Défa» confie ne pas être une femme libre. «Mon coeur n’est plus à prendre. Je suis déjà casée», lâche-t-elle en rigolant. Il faut dire qu’elle n’est pas allée chercher loin. Car, elle a convolé en justes noces avec son producteur, Moussa du groupe Gelongal. Affirmant que c’est la volonté divine, elle explique que bien que son producteur soit aussi son époux, elle travaillait avec lui de manière professionnelle. «Déjà, avant de connaître mon mari, on travaillait ensemble de manière professionnelle. Mais comme le dit l’adage ‘c’est Dieu qui décide avec qui tu te maries’. Et dans mon cas, il a voulu que ce soit Moussa qui est aussi notre producteur», relativise la jeune femme sans manquer de préciser que, ce n’est pas un handicap de travailler avec son mari. «Ce n’est pas un blocage, puisque c’est lui le producteur et il excelle dans la musique comme moi. Je trouve même que c’est facile. On travaille en famille et comme des pros. Et ça marche plutôt bien», clame «Défa», le sourire aux lèvres.

«’Defar ba mu bax’ rime bien avec mon nom : Défa»
Très timide au début et ne voulant point qu’on «touche (son) côté sensible de femme mariée», elle sort pourtant de sa réserve dès qu’on prononce le mot «Jongué» (coquetterie). Elle sursaute de son fauteuil, avec un large sourire, elle se réajuste pour couper l’entretien en français, histoire de se mettre à l’aise avec le wolof. «L’islam mo beugeu ñu diongué» (c’est l’islam qui recommande à la femme d’être coquette)» fait-elle savoir. Pour elle, «Jonge moy wone finga mënee (être coquette c’est montrer ce dont on est capable en tant que femme). Quiconque ne le fait pas, j’ai pitié de lui». «Défa» dit que c’est sa manière à elle de «marquer son territoire et poser (son) empreinte». A la question de savoir si elle a peur d’avoir une coépouse, elle répond : «Non ! Ce n’est pas que je n’aime pas avoir une coépouse, mais un bon mari mérite un bon entretien, avec des mots doux, des sourires, des plats bien préparés, des câlins. Et même si on est fâché, il y a des moments pour le lui montrer. Bref, il ne faut pas être brutale. Tout ça, pour une femme, cela fait partie du «defar ba mu bax (tout mettre en ordre), qui rime bien avec mon nom : Défa». Refusant de dévoiler ses trucs et astuces pour garder son mari, elle consent à dire : «De toute façon, tout ce que font les bonnes femmes sénégalaises pour être heureuses dans leur foyer et rendre heureux leur mari et le rendre encore plus amoureux comme le premier jour, je le fais. Mais je ne vais pas dévoiler ma tactique. Je vous dis simplement qu’il faut être ‘mokk poth’, au cas contraire je n’ai pas de solution».
Adama A. KANTE (Stagiaire)

TEUSS

Le coup du destin

Koukoy Samba Sagna est mort. L’opposant gambien qui avait tenté un putsch contre Daouda Diawara en 1981 a finalement rendu l’âme au Mali. On dit qu’il est parti à l’Eternel des suites de sa maladie. Maladie qu’il avait tenté de venir soigner à «Ndaakaaru». Malheureusement, il a été expulsé urbi et orbi vers le Mali. Un coup dur pour notre hospitalité légendaire. Que voulez vous ? Une célèbre écrivaine a écrit que le destin ne prend pas de rendez-vous. Il empoigne qui il veut et surtout quand il veut. Le destin est ce qui mène nos pas souvent vers des contrées les plus surprenantes et contre notre gré. Qui aurait cru voir l’ancienne locataire du palais rentrer de Paris sur la pointe des pieds pour se rendre à la prison pour voir son fils? Rimka n’a peut- être pas bien travaillé en gestion des deniers publics. Mais maman Vivi est quand même là. En attendant 3W qui lui continue à croire au contrôle du destin.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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