Les chambres 21 B4 et 41A, se trouvant respectivement à la cité Claudel et au grand campus, ont reçu, avant-hier nuit, la visite d'individus non identifiés qui ont tenté de les incendier. Des chambres dans lesquelles logent Jean Baptiste Malé Kital, président de la commission sociale de la Faculté des lettres et sciences humaines et Mamina Diédhiou président de l’amicale de ladite Faculté. Même si des violences de toutes sortes sont monnaie courante dans cet espace, les deux responsables de l'amicale de la Faculté des lettres et sciences humaines qui y ont échappé ne soupçonnent pas leurs camarades étudiants. C'est plutôt vers les autorités politiques et la police qu'ils pointent un doigt accusateur. Revenant sur la manière dont s'est déroulée la mise à feu de sa chambre, Jean Baptiste Malé Kita confie : «je suis venu dans ma chambre vers 3h du matin, j’ai entendu des gens frapper à ma porte. Mais comme ils tentaient de défoncer la porte, je suis passé par la fenêtre pour ensuite escalader le mur. C’est en ce moment là que j’ai aperçu la fumée et je me suis mis à crier, assassin». Ne trouvant pas les mots pour qualifier ce à quoi il a échappé, M. Kita qui dit n’appartenir à aucune chapelle politique, de préciser : «depuis deux semaines, je reçois fréquemment des menaces de la part des autorités politiques». Indexant la police, il ajoute : «un certain inspecteur Faye m'avait appelé pour proférer aussi des menaces. Et, au paravent, ma chambre avait été défoncée». Convaincu qu'on cherchait à attenter à sa vie, M. Kita de poursuivre dans ses révélations : «une autorité m’avait défendu de ne plus passer la nuit au campus, d’aller trouver refuge ailleurs. D'après elle, une haute autorité de ce pays lui avait dit que nous étions manipulés par le M23 qui nous aurait remis de l’argent, Lamine Ndiongue et moi et les autres pour bouleverser le système à l’Ucad». Dégageant en touche, il martèle : «ce n’est pas vrai, car lorsque le M23 a voulu faire sa manifestation à l’Ucad, nous avons dit non». Disant n’accorder aucun crédit à la justice sénégalaise, Jean Baptiste fulmine : «je ne vais pas porter plainte, car je n’ai pas confiance en la justice de mon pays. Ils sont plus fort que nous. L’important est d’aviser l’opinion nationale et internationale». De son côté, Mamina Diédhiou, président de l’amicale de la Faculté des lettres et sciences humaines, très dépassé par les événements, incrimine les autorités. «Quand ma chambre brûlait, je n’étais pas sur les lieux. Je suis très choqué et je pense que ce n’est que la suite logique d’une tentative d’intimidation que les autorités sont en train d’exercer sur nous, depuis quelque temps. Puisque dernièrement, nous avions essayé d’empêcher la tenue du Conseil d’administration». Samuel Coly président de l’amicale de la Fastef, quant à lui, a fait des révélations assez troublantes. «Deux agents vêtus de tenue bleu de nuit sont venus dans ma chambre, dans la nuit du mardi au mercredi aux environs de 2h du matin. Ils m’ont demandé si je faisais partie de la coordination des étudiants de l’Ucad. Avant même que je ne réponde, ils m’ont dit : ''il paraît que vous étiez en réunion et que vous voulez faire des perturbations, vous allez voir avec nous''. Quand je les ai suivis jusqu’au portail, j’ai aperçu une 4X4 et à peu près 10 agents étaient à bord. Je n’ai pas vu l’immatriculation de la voiture, mais tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on pouvait y lire Police». Interpellé sur la question, le colonel Alioune Ndiaye, chargé de la communication de la police de dire : «ça me ressemble à un conte. Moi je ne suis pas au courant de ça. Je ne suis pas du tout au courant de ça. Il faut porter la responsabilité de ça à celui qui l'a raconté. Moi je ne suis pas au courant».