Mardi 18 Juin 2013
Le populaire online

L’analyse du sociologue politique Ibou Sané

Mardi 11 Septembre 2012

Le sociologue politique Ibou Sané, qui a décortiqué la déclaration de politique générale du Premier ministre Abdoul Mbaye, estime que, dans l’ensemble, «les axes ont été bien identifiés». «Il reste maintenant d’avoir les moyens de sa politique», souligne le Pr Sané. «J'ai écouté avec beaucoup de plaisir le contenu et les propositions du Premier ministre Abdoul Mbaye. En effet, on attend d'un gouvernement qu'il domine les problèmes, après les avoir bien identifiés, qu'il esquisse des solutions et se projette vers l'avenir. Après avoir fait un diagnostic rapide de la situation entre 2000 et 2012, le Premier ministre a passé en revue les différents secteurs qui posent problèmes au Sénégal, à savoir les inondations, les ordures, le logement, l'éducation, la sécurité alimentaire, le coût de la vie, la justice, etc. Ce sont des défis multiples auxquels le gouvernement doit faire face. Dès lors, des mesures urgentes doivent être mises en oeuvre, tant en ce qui concerne les inondations, avec un plan de lutte structurel, que le coût de la vie, le monde rural, l’accès aux services sociaux de base, l'environnement des affaires, le renforcement de la démocratie et de la sécurité. L'objectif du gouvernement est de mettre fin aux injustices sociales et de bâtir un modèle de gouvernance autour de la paix et de la sécurité. De ce fait, des priorités s'imposent. Le Premier ministre met le focus sur les jeunes, les femmes, le monde rural. Il se donne comme mission la protection des Sénégalais, la transparence, l'efficience. Cette situation devrait, à long terme, produire un Etat proche du citoyen, mais aussi un Etat stratège. Il faut, lui semble t-il, réinventer un Etat sobre, avec une gouvernance de proximité. Le Premier ministre cherche à prendre en compte la demande sociale, mais insiste sur un développement plus équilibré des terroirs. C'est donc un programme de développement plus ambitieux tourné autour de l'agriculture. J'ai donc trouvé que le Premier ministre fait une symbiose entre le programme ‘Yoonu yokkute’ et celui des Assises nationales. Il reconnaît que le peuple est souverain et que l'Etat doit être au service du peuple.
Enfin, il faut un socle institutionnel solide, mais surtout améliorer le vécu quotidien des Sénégalais. Le discours du Premier ministre est certes ambitieux, cohérent, bien huilé, bien écrit et qui repose sur les fondamentaux de l'économie. On voit bien la vision du chef de l'Etat, mais il aurait été intéressant de voir la mission avec un tableau de bord, un échéancier, un chronogramme pour les activités déclinées par le Premier ministre.
Celui-ci est un Premier ministre d'actions, et il sait qu'il doit agir au plus vite, parce que tout est priorité et tout est urgence pour le Sénégalais moyen, mais surtout les laissés-pour-compte de la crise sociale et économique. Il faut, donc, prendre le taureau par les cornes, au risque de se faire éjecter de sa station. Mais, dans l'ensemble, les axes ont été bien identifiés, il reste maintenant d’avoir les moyens de sa politique. Wait and see !».
Seynabou FALL

TEUSS

Le poids des mots

Risquent bien de crouler sous le poids du mépris ceux qui s’amusent à ignorer la portée des mots. Un mot incompris ou prononcé hors de son contexte suffit souvent pour déclencher une avalanche de réactions. Il n’y a qu’à voir les imams qui risquent bien d’anticiper sur leur sermon du vendredi pour réagir suite aux propos d’un des leurs. Ce dernier a parlé de la présence d’homosexuels dans les 1ers «sappé» (rangs) des mosquées. Soubhannallah! On aura tout vu au pays des «googoorlus». Comme ce vieil homme qui a failli en venir aux mains simplement parce que le mot «groupuscule» a été évoqué devant lui. Persuadé qu’il a été insulté ce riche négociant ignore visiblement que celui qu’il doit empoigner c’est surtout le dictionnaire. Enfin, bref, les mots font autant qu’ils défont. Ils ont un poids pas toujours lourd, mais qui pèse toujours sur la balance des jugements.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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