Abdoulaye Wade usait et abusait des décrets d'avance. Il s’agit de décrets pris pour affecter des crédits à la réalisation d'une dépense déterminée que le président lui-même signait en contournant l'Assemblée nationale. Selon nos sources, «durant ces cinq dernières années, c'est-à-dire de 2007 à début 2012, il y a eu une utilisation abusive des décrets d'avance qui pourtant, d'après la loi, devraient être pris aux seuls cas où il y a nécessité impérieuse d'intérêt national ou urgence comme les calamités naturelles». Ce qui n'était pas souvent le cas, car toujours, selon nos interlocuteurs, «des centaines de décrets d'avance qui se chiffrent à des dizaines de milliards ont été pris et qui n'apparaissent pas dans le budget de façon détaillée. C'est-à-dire qu'on annonce leur ratification dans une loi de finance alors que le contenu n'apparaît pas dans le budget. Plus grave, le Parlement n'a pas pris connaissance de ces décrets, alors que c'est lui qui devrait contrôler l'utilisation faite de cet argent». Conséquences «le budget voté et le budget utilisé affichent des différences très élevées qui s'élèvent à des dizaines de milliards, sans que l'Assemblée nationale ne soit au courant». Pour apporter la lumière sur l'utilisation de cette masse d’argent, des institutions de contrôle comme l'Inspection générale d'Etat sont en train de passer au peigne fin lesdits décrets. A ce propos, plusieurs structures et ministères sont visés quant à l'utilisation faite de cet argent. Il faut simplement rappeler que les bailleurs de fonds tels que le Fmi et la Banque mondiale qui avaient vu venir une telle situation avaient demandé en vain que ces actes de modification du budget soient limités. Et dans le rapport du FMI no°10/165 de juin
2010, le gouvernement s’était engagé à faire «son possible pour limiter le recours aux décrets d’avance» et «à compenser l’excédent de dépenses au regard du budget par une réduction des dépenses non prioritaires » et à transmettre «dans les meilleurs délais tous les décrets d’avance au Parlement ». En outre, «conformément à la loi, le gouvernement procédera à la ratification des décrets d’avance ayant ouvert des
crédits supplémentaires, lors de la prochaine loi de finances (initiale ou rectificative) », était-il consigné dans le rapport.
2010, le gouvernement s’était engagé à faire «son possible pour limiter le recours aux décrets d’avance» et «à compenser l’excédent de dépenses au regard du budget par une réduction des dépenses non prioritaires » et à transmettre «dans les meilleurs délais tous les décrets d’avance au Parlement ». En outre, «conformément à la loi, le gouvernement procédera à la ratification des décrets d’avance ayant ouvert des
crédits supplémentaires, lors de la prochaine loi de finances (initiale ou rectificative) », était-il consigné dans le rapport.

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