Vendredi 24 Mai 2013
Le populaire online

Ile de Kharé, merveille de la nature aux multiples paradoxes

Mardi 24 Juillet 2012

Ile de Kharé, merveille de la nature aux multiples paradoxes
Située dans la communauté rurale de Bokhole, dans le département de Dagana, l’île de Kharé est inconnue du commun des Sénégalais. Et pourtant, cette localité du Walo perdue au milieu d’une étendue d’eau à des potentialités énormes. Entourée d’eau douce, ce qui lui offre à la fois des conditions propices à l’aquaculture et au tourisme, cette merveille est cernée par une nature verdoyante. Pour rallier Kharé, à partir de Keur Mbaye, il faut emprunter une longue piste à travers les champs sur plus de 4 km, afin de gagner les berges du fleuve Sénégal. De là, c’est un
autre périple dans l’eau qui commence. La traversée se fait, en effet, sur près de 3 km grâce à un vieux bac ou alors à l’aide de pirogues. Sur cette île de Kharé - dont est originaire le professeur Amsatou Sow Sidibé (côté maternel) - se réveillent chaque matin environ 400 âmes. Mais cette population ne bénéficie d’aucun plan d’aménagement, contrairement à Rakhwate, le village mauritanien jumeau de Kharé qui se situe à l'autre bout de la rive. Dans cette partie extrême de la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, la seule structure administrative qui existe demeure une école primaire. Elle compte 6 classes, dont 4 étaient en abris provisoires pour, par la suite, devenir des abris définitifs. L’école accueille un effectif de près de 130 élèves. «C'est tout sauf, une école, il n’y a pas de clôture, il n’y a pas de sécurité», décrit l’instituteur Mafal Coumba Fall, l'un des rares fils du terroir qui a accepté de revenir offrir ses services à son village natal.

Un village au décor de «carte postale»,
La population de Kharé a comme principale activité l’agriculture. Seulement, ces paysans ne jouissent pas de cette merveille que la nature leur a gracieusement offerte. Au contraire, les insulaires sont victimes de ces avantages que la nature les a dotés. Milieu propice pour la reproduction des reptiles comme les serpents et autres, moustiques qui y dictent leur loi, Kharé souffre de son oubli par les autorités sénégalaises et du fait que tout y manque. Ce dont se désole Mafal C. Fall qui souligne que, pourtant, le village voisin de Rakhwate en Mauritanie bénéficie d'infrastructures de bases modernes. «L’électricité y est disponible. Les routes sont bitumées. Rakhwate exerce une attraction irrésistible sur des populations. Mais ici, à Kharé, on n’a rien. Les gens ne pensent qu’à s’en aller, en quête d’une meilleure vie», se désole-t-il en mettant l’accent sur cette autre souffrance qui le mine. A savoir les élèves sont victimes des mirages de la modernité et abandonnent les classes en pleine année scolaire pour aller chercher du travail. Originaire du village de Kharé, aujourd’hui élève en classe de terminale, Mbaye Gaye conforte les explications de l’instituteur. «De tous mes camarades de la sixième, nous sommes deux seulement à avoir la chance d'arriver jusqu’en terminale», dit-il. Et pourtant, malgré toutes ces difficultés, renseigne M. Fall, l’école s’est classée troisième, l’année dernière, dans le département de Dagana en termes de résultats scolaires.

Les paysans cotisent 6 000 francs par mois pour que leurs enfants étudient
Kharé ne disposant pas de collège, les parents cotisent mensuellement à raison de 6 000 francs Cfa par élève pour faire fonctionner le bac et ainsi permettre à leurs progénitures, inscrites au moyen secondaire, de rallier le reste du Sénégal pour poursuivre leurs études. Quotidiennement donc, ce sont 7 longs km que les élèves qui ont dépassé l’élémentaire parcourent, à partir de Kharé pour rejoindre le village de Keur Mbaye qui dispose d’un Collège d’enseignement moyen (Cem). Cette situation, ajoutée au manque d’aide et de politique de maintien des enfants à l’école, pour des élèves qui affrontent quotidiennement les aléas climatiques dans cette partie Nord du Sénégal, où chaleur et poussière sévissent, poussent bien des parents à finir par baisser les bras. D’autant que «mobiliser 6 000 francs Cfa chaque mois pour son enfant n’est pas donné à tous, surtout si on est un pauvre paysan démuni de Kharé qui n’a que la terre pour vivre.» finit par lâcher le patriote enseignant. Cela pousse le maître de l’école de Kharé à lancer un appel à l'Etat pour qu'il mette en place un programme qui puisse fixer les résidents de cette merveille de la nature détachée de la terre ferme. Une mise en valeur qui consisterait, selon l'instituteur, à mettre en valeur les immenses potentialités en ressources hydrauliques de Kharé, village au décor de «carte postale», qui souffre malheureusement de son enclavement et du fait qu’il est inconnu de presque tous. Le souhait de ces populations est, en tout cas, bénéficier des projets et des financements dans le domaine de la pisciculture. Car le site s’y prête à merveille.
Par Mamadou Lamine CAMARA (Stagiaire)

TEUSS

Le culte du faux !

Le faux est devenu ancré en nous et il révèle un certain culte de la facilité. Nous voulons tout avoir, tout pouvoir, tout de suite et maintenant. Ça part du joueur de Navétane au professionnel des championnats européens qui pense ne pas gagner assez en donnant son vrai âge. Il faut reconnaître un fait : Nous aimons le faux. Il nous fascine presque. Est-ce cela qui explique que les femmes se ruent vers les fausses hanches, mettent de faux cils ou de faux cheveux naturels? Que dire alors de celles qui veulent se muer en «Xess pecc» alors qu’elles sont «nuul kukk»? On ne dit rien, peut-être par qu’on semble y trouver notre compte. Les basketteurs qui ont menti sur leur âge pour offrir au Sénégal une coupe d’Afrique est certes encore plus dramatique. Ca trahit encore plus l’esprit du sport et sa pratique au Sénégal. Sauf qu’il faut se dire «entre nous» que c’est du déjà vu. Le faux est partout.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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