Située dans la communauté rurale de Bokhole, dans le département de Dagana, l’île de Kharé est inconnue du commun des Sénégalais. Et pourtant, cette localité du Walo perdue au milieu d’une étendue d’eau à des potentialités énormes. Entourée d’eau douce, ce qui lui offre à la fois des conditions propices à l’aquaculture et au tourisme, cette merveille est cernée par une nature verdoyante. Pour rallier Kharé, à partir de Keur Mbaye, il faut emprunter une longue piste à travers les champs sur plus de 4 km, afin de gagner les berges du fleuve Sénégal. De là, c’est un
autre périple dans l’eau qui commence. La traversée se fait, en effet, sur près de 3 km grâce à un vieux bac ou alors à l’aide de pirogues. Sur cette île de Kharé - dont est originaire le professeur Amsatou Sow Sidibé (côté maternel) - se réveillent chaque matin environ 400 âmes. Mais cette population ne bénéficie d’aucun plan d’aménagement, contrairement à Rakhwate, le village mauritanien jumeau de Kharé qui se situe à l'autre bout de la rive. Dans cette partie extrême de la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, la seule structure administrative qui existe demeure une école primaire. Elle compte 6 classes, dont 4 étaient en abris provisoires pour, par la suite, devenir des abris définitifs. L’école accueille un effectif de près de 130 élèves. «C'est tout sauf, une école, il n’y a pas de clôture, il n’y a pas de sécurité», décrit l’instituteur Mafal Coumba Fall, l'un des rares fils du terroir qui a accepté de revenir offrir ses services à son village natal.
Un village au décor de «carte postale»,
La population de Kharé a comme principale activité l’agriculture. Seulement, ces paysans ne jouissent pas de cette merveille que la nature leur a gracieusement offerte. Au contraire, les insulaires sont victimes de ces avantages que la nature les a dotés. Milieu propice pour la reproduction des reptiles comme les serpents et autres, moustiques qui y dictent leur loi, Kharé souffre de son oubli par les autorités sénégalaises et du fait que tout y manque. Ce dont se désole Mafal C. Fall qui souligne que, pourtant, le village voisin de Rakhwate en Mauritanie bénéficie d'infrastructures de bases modernes. «L’électricité y est disponible. Les routes sont bitumées. Rakhwate exerce une attraction irrésistible sur des populations. Mais ici, à Kharé, on n’a rien. Les gens ne pensent qu’à s’en aller, en quête d’une meilleure vie», se désole-t-il en mettant l’accent sur cette autre souffrance qui le mine. A savoir les élèves sont victimes des mirages de la modernité et abandonnent les classes en pleine année scolaire pour aller chercher du travail. Originaire du village de Kharé, aujourd’hui élève en classe de terminale, Mbaye Gaye conforte les explications de l’instituteur. «De tous mes camarades de la sixième, nous sommes deux seulement à avoir la chance d'arriver jusqu’en terminale», dit-il. Et pourtant, malgré toutes ces difficultés, renseigne M. Fall, l’école s’est classée troisième, l’année dernière, dans le département de Dagana en termes de résultats scolaires.
Les paysans cotisent 6 000 francs par mois pour que leurs enfants étudient
Kharé ne disposant pas de collège, les parents cotisent mensuellement à raison de 6 000 francs Cfa par élève pour faire fonctionner le bac et ainsi permettre à leurs progénitures, inscrites au moyen secondaire, de rallier le reste du Sénégal pour poursuivre leurs études. Quotidiennement donc, ce sont 7 longs km que les élèves qui ont dépassé l’élémentaire parcourent, à partir de Kharé pour rejoindre le village de Keur Mbaye qui dispose d’un Collège d’enseignement moyen (Cem). Cette situation, ajoutée au manque d’aide et de politique de maintien des enfants à l’école, pour des élèves qui affrontent quotidiennement les aléas climatiques dans cette partie Nord du Sénégal, où chaleur et poussière sévissent, poussent bien des parents à finir par baisser les bras. D’autant que «mobiliser 6 000 francs Cfa chaque mois pour son enfant n’est pas donné à tous, surtout si on est un pauvre paysan démuni de Kharé qui n’a que la terre pour vivre.» finit par lâcher le patriote enseignant. Cela pousse le maître de l’école de Kharé à lancer un appel à l'Etat pour qu'il mette en place un programme qui puisse fixer les résidents de cette merveille de la nature détachée de la terre ferme. Une mise en valeur qui consisterait, selon l'instituteur, à mettre en valeur les immenses potentialités en ressources hydrauliques de Kharé, village au décor de «carte postale», qui souffre malheureusement de son enclavement et du fait qu’il est inconnu de presque tous. Le souhait de ces populations est, en tout cas, bénéficier des projets et des financements dans le domaine de la pisciculture. Car le site s’y prête à merveille.
autre périple dans l’eau qui commence. La traversée se fait, en effet, sur près de 3 km grâce à un vieux bac ou alors à l’aide de pirogues. Sur cette île de Kharé - dont est originaire le professeur Amsatou Sow Sidibé (côté maternel) - se réveillent chaque matin environ 400 âmes. Mais cette population ne bénéficie d’aucun plan d’aménagement, contrairement à Rakhwate, le village mauritanien jumeau de Kharé qui se situe à l'autre bout de la rive. Dans cette partie extrême de la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, la seule structure administrative qui existe demeure une école primaire. Elle compte 6 classes, dont 4 étaient en abris provisoires pour, par la suite, devenir des abris définitifs. L’école accueille un effectif de près de 130 élèves. «C'est tout sauf, une école, il n’y a pas de clôture, il n’y a pas de sécurité», décrit l’instituteur Mafal Coumba Fall, l'un des rares fils du terroir qui a accepté de revenir offrir ses services à son village natal.
Un village au décor de «carte postale»,
La population de Kharé a comme principale activité l’agriculture. Seulement, ces paysans ne jouissent pas de cette merveille que la nature leur a gracieusement offerte. Au contraire, les insulaires sont victimes de ces avantages que la nature les a dotés. Milieu propice pour la reproduction des reptiles comme les serpents et autres, moustiques qui y dictent leur loi, Kharé souffre de son oubli par les autorités sénégalaises et du fait que tout y manque. Ce dont se désole Mafal C. Fall qui souligne que, pourtant, le village voisin de Rakhwate en Mauritanie bénéficie d'infrastructures de bases modernes. «L’électricité y est disponible. Les routes sont bitumées. Rakhwate exerce une attraction irrésistible sur des populations. Mais ici, à Kharé, on n’a rien. Les gens ne pensent qu’à s’en aller, en quête d’une meilleure vie», se désole-t-il en mettant l’accent sur cette autre souffrance qui le mine. A savoir les élèves sont victimes des mirages de la modernité et abandonnent les classes en pleine année scolaire pour aller chercher du travail. Originaire du village de Kharé, aujourd’hui élève en classe de terminale, Mbaye Gaye conforte les explications de l’instituteur. «De tous mes camarades de la sixième, nous sommes deux seulement à avoir la chance d'arriver jusqu’en terminale», dit-il. Et pourtant, malgré toutes ces difficultés, renseigne M. Fall, l’école s’est classée troisième, l’année dernière, dans le département de Dagana en termes de résultats scolaires.
Les paysans cotisent 6 000 francs par mois pour que leurs enfants étudient
Kharé ne disposant pas de collège, les parents cotisent mensuellement à raison de 6 000 francs Cfa par élève pour faire fonctionner le bac et ainsi permettre à leurs progénitures, inscrites au moyen secondaire, de rallier le reste du Sénégal pour poursuivre leurs études. Quotidiennement donc, ce sont 7 longs km que les élèves qui ont dépassé l’élémentaire parcourent, à partir de Kharé pour rejoindre le village de Keur Mbaye qui dispose d’un Collège d’enseignement moyen (Cem). Cette situation, ajoutée au manque d’aide et de politique de maintien des enfants à l’école, pour des élèves qui affrontent quotidiennement les aléas climatiques dans cette partie Nord du Sénégal, où chaleur et poussière sévissent, poussent bien des parents à finir par baisser les bras. D’autant que «mobiliser 6 000 francs Cfa chaque mois pour son enfant n’est pas donné à tous, surtout si on est un pauvre paysan démuni de Kharé qui n’a que la terre pour vivre.» finit par lâcher le patriote enseignant. Cela pousse le maître de l’école de Kharé à lancer un appel à l'Etat pour qu'il mette en place un programme qui puisse fixer les résidents de cette merveille de la nature détachée de la terre ferme. Une mise en valeur qui consisterait, selon l'instituteur, à mettre en valeur les immenses potentialités en ressources hydrauliques de Kharé, village au décor de «carte postale», qui souffre malheureusement de son enclavement et du fait qu’il est inconnu de presque tous. Le souhait de ces populations est, en tout cas, bénéficier des projets et des financements dans le domaine de la pisciculture. Car le site s’y prête à merveille.

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