Mercredi 19 Juin 2013
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INVESTISSEMENTS DANS LE SECTEUR SCOLAIRE : Les enseignants dubitatifs sur les 3500 milliards que l’Etat dit avoir injecté dans l’éducation

Vendredi 5 Octobre 2012

La sortie du ministre de l'Education nationale Ibrahima Sall d'avant-hier, à l’occasion de laquelle il évaluait l'investissement fait sur l'Education à travers le Programme décennal de l'Education et de la formation (Pdef) en dix ans à près de 3 500 milliards, a provoqué l'ire des syndicalistes enseignants. Contestant un tel chiffre, ils l'invitent à éclairer les Sénégalais sur où et comment ces milliards ont été dépensés. Ils s'interrogent également sur ses facultés à gèrer secteur.


La réplique n'a pas tardé du côté des enseignants, après l'évaluation faite par le ministre de l'éducation nationale Ibrahima Sall, des investissements à travers le Pdef sur l'Education en dix ans à 3 500 milliards. Non seulement ils contestent un tel montant, mais ils lui demandent d'édifier les Sénégalais sur comment et où ces milliards ont été dépensés. Pour Ndongo Sarr, Secrétaire général du Cadre unitaire des syndicats de l'enseignement du moyen et secondaire (Cusems), «il faudrait qu'on nous prouve comment des sommes aussi importantes on été investies dans le secteur de l'éducation. Au cas échéant, qu'on nous dise où exactement on a mis cet argent que nous n'avons pas vu». Le Secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (Saems/Cusems), Mamadou Lamine Dianté reste aussi sur sa fin, par rapport à ces chiffres. «Il est impératif de dire à l'opinion publique, quelle est la part qui revient aux enseignants qu'on appelle les corps émergents. Cela permettra de comprendre aisément que l'Etat du Sénégal a très peu investi dans le système éducatif pour l'améliorer», explique-t-il. «Si la répartition de la masse est faite, on verrait que 90% de l’argent dont parle l'Etat est allé aux séminaires et aux payements des professeurs vacataires, des maîtres contractuels et des volontaires», précise-t-il. Ce qui lui fait dire, «ces 3500 milliards ne peuvent pas apparaître dans le cartable de l'écolier».

Pdef qualifié d'«échec lamentable»
De l'avis de M. Dianté, «il n'y a eu aucun investissement en terme matériel et le Programme décennal de l'éducation et de la formation (Pdef) est un échec lamentable». Parce que, «le seul effort que le Pdef a fait, c'est en termes d'accès à l'éducation avec les nouvelles créations qui ont été, pour la plupart du temps des abris provisoires, construites souvent dans des zones très pluvieuses. Ce qui greffe le quantum horaire, alors qu'il fallait faire de l'investissement dans la formation des enseignants». Malheureusement, déplore-t-il, «cette année, il y a une politique d'ajustement structurelle qui vise l'éducation et qui ne dit pas son nom. A côté des ponctions à hauteur de 35% du budget des cellules dépendantes du ministère de l'Education, il a été interdit à toutes Académies de procéder à une nouvelle création alors que le besoin en éducation est énorme».


...Et s'interrogent sur ses capacités à gérer leur secteur

La politique éducative du gouvernement du Président Macky Sall inquiète les enseignants. Ces acteurs du secteur éducatif disent en effet, ne pas la «comprendre». Aussi, ils s'émeuvent des propos du ministre de l'Education nationale, Ibrahima Sall. Ces responsables syndicaux estiment que c'est «de la propagande politicienne pour dire voilà les efforts qui ont été faits par l'Etat dans le secteur de l'Education». Ainsi, Dame Mbodj, du Cadre unitaire des syndicats de l'enseignement moyen et secondaire estime que, «le Pdef était censé corriger les errements dans l'éducation pour permettre au système de retrouver son lustre d'antan. Mais, il a induit des dysfonctionnements énormes». «Le manque de formation et le non respect des normes de l'Unesco par rapport au prorata selon lequel sur 10 millions d'habitants on doit avoir environ 200 000 enseignants n'est pas atteint. Au contraire, sur 14 millions de sénégalais, on se gausse d'avoir 100 000 enseignants». La situation qui prévaut dans le secteur actuellement prouve, à en croire Dame Mbodj, qu'«Ibrahima Sall n'a pas les compétences pour diriger le ministère de l'Education, dans ce contexte de crise où il va falloir regrouper toutes les synergies et faire les reformes nécessaires pour un système éducatif de qualité». Outré, il fulmine : «nous sommes tous frustrés du fait que Macky Sall s'entête à le maintenir, alors qu'il n'a pas le profil. C'est un ministre qui parle trop, qui est aérien et qui soulève des questions qu'il ne maîtrise pas». Selon lui, «le problème n'est pas d'avancer des chiffres, c'est de voir l'impact de ces chiffres sur le système éducatif».
Louis Seck

TEUSS

Le poids des mots

Risquent bien de crouler sous le poids du mépris ceux qui s’amusent à ignorer la portée des mots. Un mot incompris ou prononcé hors de son contexte suffit souvent pour déclencher une avalanche de réactions. Il n’y a qu’à voir les imams qui risquent bien d’anticiper sur leur sermon du vendredi pour réagir suite aux propos d’un des leurs. Ce dernier a parlé de la présence d’homosexuels dans les 1ers «sappé» (rangs) des mosquées. Soubhannallah! On aura tout vu au pays des «googoorlus». Comme ce vieil homme qui a failli en venir aux mains simplement parce que le mot «groupuscule» a été évoqué devant lui. Persuadé qu’il a été insulté ce riche négociant ignore visiblement que celui qu’il doit empoigner c’est surtout le dictionnaire. Enfin, bref, les mots font autant qu’ils défont. Ils ont un poids pas toujours lourd, mais qui pèse toujours sur la balance des jugements.
Samba ALAAR

CONTRE - ATTAQUE

Ces «Lions» ne savent pas gagner

Encore un match qui nous laisse sur notre faim. Encore un match à regrets. Encore un match à déception. Finalement, on file droit vers le désarroi d’une frustrante incapacité à gagner. Car c’est bien de cela dont il est question aujourd’hui : incapacité à gagner. Car, depuis un an, le Sénégal n’a pas gagné le moindre match. Ces «Lions» là ne savent pas gagner, ils ne savent pas marquer des buts, pire encore, ils ne savent pas conserver un résultat en menant au score. Et c’est là que le bât blesse et que cette équipe nous foute la frousse. Car, dans le football de haut niveau, ces trois règle-là sont d’or, elles sont même essentielles.
Premièrement, il faut savoir gagner, même dans des conditions extrêmes. Et à ce niveau, le Sénégal a un bel exemple à méditer, c’est la victoire obtenue sur le Cameroun le 26 mars 2011, à Dakar. Or, aujourd’hui, cette équipe du Sénégal manque de ces qualités mentales qui permettent de s’extirper des situations les plus compliquées.

Harouna DEME


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