La réplique n'a pas tardé du côté des enseignants, après l'évaluation faite par le ministre de l'éducation nationale Ibrahima Sall, des investissements à travers le Pdef sur l'Education en dix ans à 3 500 milliards. Non seulement ils contestent un tel montant, mais ils lui demandent d'édifier les Sénégalais sur comment et où ces milliards ont été dépensés. Pour Ndongo Sarr, Secrétaire général du Cadre unitaire des syndicats de l'enseignement du moyen et secondaire (Cusems), «il faudrait qu'on nous prouve comment des sommes aussi importantes on été investies dans le secteur de l'éducation. Au cas échéant, qu'on nous dise où exactement on a mis cet argent que nous n'avons pas vu». Le Secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire du Sénégal (Saems/Cusems), Mamadou Lamine Dianté reste aussi sur sa fin, par rapport à ces chiffres. «Il est impératif de dire à l'opinion publique, quelle est la part qui revient aux enseignants qu'on appelle les corps émergents. Cela permettra de comprendre aisément que l'Etat du Sénégal a très peu investi dans le système éducatif pour l'améliorer», explique-t-il. «Si la répartition de la masse est faite, on verrait que 90% de l’argent dont parle l'Etat est allé aux séminaires et aux payements des professeurs vacataires, des maîtres contractuels et des volontaires», précise-t-il. Ce qui lui fait dire, «ces 3500 milliards ne peuvent pas apparaître dans le cartable de l'écolier».
Pdef qualifié d'«échec lamentable»
De l'avis de M. Dianté, «il n'y a eu aucun investissement en terme matériel et le Programme décennal de l'éducation et de la formation (Pdef) est un échec lamentable». Parce que, «le seul effort que le Pdef a fait, c'est en termes d'accès à l'éducation avec les nouvelles créations qui ont été, pour la plupart du temps des abris provisoires, construites souvent dans des zones très pluvieuses. Ce qui greffe le quantum horaire, alors qu'il fallait faire de l'investissement dans la formation des enseignants». Malheureusement, déplore-t-il, «cette année, il y a une politique d'ajustement structurelle qui vise l'éducation et qui ne dit pas son nom. A côté des ponctions à hauteur de 35% du budget des cellules dépendantes du ministère de l'Education, il a été interdit à toutes Académies de procéder à une nouvelle création alors que le besoin en éducation est énorme».
Pdef qualifié d'«échec lamentable»
De l'avis de M. Dianté, «il n'y a eu aucun investissement en terme matériel et le Programme décennal de l'éducation et de la formation (Pdef) est un échec lamentable». Parce que, «le seul effort que le Pdef a fait, c'est en termes d'accès à l'éducation avec les nouvelles créations qui ont été, pour la plupart du temps des abris provisoires, construites souvent dans des zones très pluvieuses. Ce qui greffe le quantum horaire, alors qu'il fallait faire de l'investissement dans la formation des enseignants». Malheureusement, déplore-t-il, «cette année, il y a une politique d'ajustement structurelle qui vise l'éducation et qui ne dit pas son nom. A côté des ponctions à hauteur de 35% du budget des cellules dépendantes du ministère de l'Education, il a été interdit à toutes Académies de procéder à une nouvelle création alors que le besoin en éducation est énorme».
...Et s'interrogent sur ses capacités à gérer leur secteur
La politique éducative du gouvernement du Président Macky Sall inquiète les enseignants. Ces acteurs du secteur éducatif disent en effet, ne pas la «comprendre». Aussi, ils s'émeuvent des propos du ministre de l'Education nationale, Ibrahima Sall. Ces responsables syndicaux estiment que c'est «de la propagande politicienne pour dire voilà les efforts qui ont été faits par l'Etat dans le secteur de l'Education». Ainsi, Dame Mbodj, du Cadre unitaire des syndicats de l'enseignement moyen et secondaire estime que, «le Pdef était censé corriger les errements dans l'éducation pour permettre au système de retrouver son lustre d'antan. Mais, il a induit des dysfonctionnements énormes». «Le manque de formation et le non respect des normes de l'Unesco par rapport au prorata selon lequel sur 10 millions d'habitants on doit avoir environ 200 000 enseignants n'est pas atteint. Au contraire, sur 14 millions de sénégalais, on se gausse d'avoir 100 000 enseignants». La situation qui prévaut dans le secteur actuellement prouve, à en croire Dame Mbodj, qu'«Ibrahima Sall n'a pas les compétences pour diriger le ministère de l'Education, dans ce contexte de crise où il va falloir regrouper toutes les synergies et faire les reformes nécessaires pour un système éducatif de qualité». Outré, il fulmine : «nous sommes tous frustrés du fait que Macky Sall s'entête à le maintenir, alors qu'il n'a pas le profil. C'est un ministre qui parle trop, qui est aérien et qui soulève des questions qu'il ne maîtrise pas». Selon lui, «le problème n'est pas d'avancer des chiffres, c'est de voir l'impact de ces chiffres sur le système éducatif».

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