INCIDENCES NEGATIVES DES TENSIONS POLITIQUES SUR L'ECONOMIE : Mansour Cama et Baïdy Agne s'offusquent de la confirmation de leurs craintes
L’économie commence à ressentir le poids de la situation délétère actuelle, car des problèmes de commande commencent à se poser, le secteur
touristique ainsi que les investissements aussi faiblissent.
Les craintes, de voir la violence pré- électorale et poste électorale impacter négativement sur l’économie nationale, se confirment. Au grand dam des opérateurs économiques qui déjà, font face à des problèmes de commandes et autres. «Le marché est très sensible, non seulement aux rumeurs, mais surtout aux faits. Et les faits étaient annoncés en termes d'une situation de tensions au Sénégal avec des risques de dérapages en matière de violence. Et on en a observé de très graves ces derniers temps, provoquant des réactions qui, sur le marché international font que des investisseurs, des partenaires hésitent sur un certain nombre de décisions que nous ressentons bien. Avec certaines commandes ou certains projets qui devaient être financés et qui se retrouvent certainement remis à plus tard dans l'espoir que les choses vont peut être se normaliser au Sénégal, mais après les élections. C'est donc toutes les craintes que nous avions qui aujourd’hui se traduisent dans des faits. Et c’est cela qui est extrêmement grave et dommageable pour l'économie sénégalaise» a fustigé Mansour Cama, Président de la confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) à Sud Fm. Et la situation ira de mal en pis, si le calme ne revient pas: «Si nous continuons sur cette voie là je pense que le Sénégal risque de plonger dans un marasme qui sera très dommageable lorsqu'on se rend compte que nous sommes confrontés à des problèmes d’emploi, de pauvreté». Et notre taux de croissance sera : «impacté par aussi bien l'environnement pré et post électoral», fait-il savoir. Car dit-il, « chaque manifestation, chaque violence occasionnent la fermeture des magasins ». Et cela s’explique par le fait que les chefs d’entreprises «renvoient le personnel bien avant l'heure pour leur permettre de rentrer chez eux en toute sécurité».
De son côté Baïdy Agne du conseil national du patronat d’affirmer sans ambages que non seulement «le pays dans son ensemble est affecté négativement», mais aussi qu’«il n’y a plus vraiment d’économie». Et les secteurs touristiques les investissements sont entre autres les secteurs les plus affectés : «Il est évident que notre économique est affectée, les secteurs touristiques, les investisseurs ralentissent, les payements ne suivent pas et si rien n’est fait, toute l’année nous serons dans une situation difficile». C’est pourquoi, appelle t-il au retour calme: «Et en ça, nous en tant que secteur privé, nous renouvelons encore une fois cet appel à la paix, à la stabilité et au sens de responsabilités
à mon sens de tous les cotés, du coté du pouvoir et de l’opposition. Je vois qu’il y a différents appels à la paix donc nous devons peut être imaginer nous même qu’est ce que nous devons faire pour favoriser ou permettre ce dialogue d’exister entre les différents acteurs».
MALICK SANE, ECONOMISTE : «Quand il y a instabilité, les investisseurs sont assez prudents et regardent la situation évoluer»
Les difficultés que les opérateurs économiques commencent à éprouver, avec la montée de la violence, ne surprennent guère le Pr Malick Sané, économiste, expert des questions liées à l’Economie internationale. Pour lui, les investisseurs de même que les partenaires freinent en cas d’instabilité, pour y voire plus clair. «Il y a des problèmes, parce que quand il y a instabilité les gens se méfient. Les investisseurs en général sont assez prudents pour regarder la situation évoluer dans un sens ou dans un autre et je ne suis pas surpris qu’au niveau de nos opérateurs économiques, qu’il y ait des difficultés avec leurs partenaires étrangers, notamment sur tout ce qui est commande. Parce qu’ils peuvent se douter de la capacité de nos opérateurs économiques de répondre favorablement notamment lorsque la situation actuelle ne s’y prête pas». Une situation qui se caractérise par «des journées perdues, des retards, les grèves», etc, avec «une ambiance qui ne s’y prête pas beaucoup», explique-t-il, tout en montrant que «cela incite à une certaine prudence». De plus indique le Pr Sané, «en pré campagne les investisseurs attendent après les élections pour prendre les grandes décisions».
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L’hommage
Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR
«Essamay», le repos éternel du guerrier
En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.
Harouna DEME
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