Le phénomène de la voyance commence à poser «un réel problème de sécurité publique», dans ce pays. Les gens y accordent de plus en plus d’importance. Cet engouement, ce désir de l’homme de connaître le futur s’explique, selon le psychologue, Serigne Mor Mbaye, par une fragilité psychologique, une crainte du lendemain. «C’est l’angoisse qui structure le passage à l’acte divinatoire», a-t-il fait savoir. C’était lors de la rencontre organisée, samedi dernier, par le laboratoire de l’imaginaire et le Centre Lebret sur la problématique de la divination au Sénégal. «Les gens sont dans la détresse économique, sociale, culturelle et à partir de ce moment, ils ne voient aucune lecture de ce que demain sera fait, ils sont angoissés», ajoute-t-il. Ce qui les pousse, d’après lui, à trouver des explications, des moyens de s’en sortir. Car, explique-t-il : «les gens sont désemparés et dans un sentiment de désespoir, il recherche partout les moyens de s’en sortir. Ils voient aussi que tout ce qu’ils font ne résout pas leur problème». Ce qui lui fait dire qu’on est en face d’un pays qui est complètement «en crise avec une situation d’incertitude totale». Et, «c’est cette perte de sens qui fait que les gens sont angoissés, surtout avec une population jeune». Ainsi, devant la soif de la connaissance de l’avenir, du destin, face à l’angoisse, à l’incertitude et face au temps, les jeunes aussi bien que les adultes vont se tourner vers les devins. Ce qui fait dire au psychologue que le phénomène de la divination n’est autre que, «la loi de l’offre et la demande. Il suffit que quelqu’un demande pour que ça existe». Selon lui, «les devins, ce sont des gens qui connaissent la demande et qui offrent».
«La divination pose un réel problème de sécurité publique»
Toutefois, considérant que «dire c’est produire et produire c’est produire de l’angoisse et de la misère», Pr Ibrahima Sow, philosophe chercheur à l’Ifan martèle: «le devin est celui qui pourrait dans sa connaissance du futur faire peur». Ce qui pousse Serigne Mor Mbaye à parler de dissociation de la population aboutissant à la déstructuration de la société. Ne mettant pas de gants, il soutient, «la divination est négative, parce que ça déstructure la société. La population dans la panique, dans l’incertitude, dans le désespoir, est dissociée. L’individu ne cherche plus sa créativité, il ne croit plus au mérite, il ne croit plus en lui».
«Il ne faut pas se laisser envahir par le désordre et la manipulation»
Face à cette situation, Serigne Mor Mbaye soutient: «lorsqu’on veut construire une société démocratique de convention, d’équité et de justice, il ne faut pas se laisser envahir par le désordre et la manipulation». Mieux, indique-t-il, «on ne peut pas aujourd’hui laisser notre pays dans cet état. On ne peut pas laisser les jeunes être capturés par ce phénomène. On ne peut pas nous laisser envahir par les devins». La responsabilité, il l’impute aux gouvernants. «Ce sont des élites complètement engluées comme nous dans la gadoue. Elles n’ont aucune prise sur le rationnel. Voilà un pays, où l’on ne mange pas à sa faim, où un jeune ne peut pas savoir de ce que demain sera fait. Il n’y a pas une trajectoire de vie qui nous permette d’être rassuré un temps soit peu», se désole-t-il. Considérant que la société sénégalaise est en mal d’équilibre de santé mentale, il propose un «ndëp» national, un programme de santé mental qui consiste à travers un projet de société, d’éduquer la population, lui donner un sens de l’orientation, faire en sorte qu’elle soit assez forte pour affronter cette crise et aller de l’avant.
«La divination pose un réel problème de sécurité publique»
Toutefois, considérant que «dire c’est produire et produire c’est produire de l’angoisse et de la misère», Pr Ibrahima Sow, philosophe chercheur à l’Ifan martèle: «le devin est celui qui pourrait dans sa connaissance du futur faire peur». Ce qui pousse Serigne Mor Mbaye à parler de dissociation de la population aboutissant à la déstructuration de la société. Ne mettant pas de gants, il soutient, «la divination est négative, parce que ça déstructure la société. La population dans la panique, dans l’incertitude, dans le désespoir, est dissociée. L’individu ne cherche plus sa créativité, il ne croit plus au mérite, il ne croit plus en lui».
«Il ne faut pas se laisser envahir par le désordre et la manipulation»
Face à cette situation, Serigne Mor Mbaye soutient: «lorsqu’on veut construire une société démocratique de convention, d’équité et de justice, il ne faut pas se laisser envahir par le désordre et la manipulation». Mieux, indique-t-il, «on ne peut pas aujourd’hui laisser notre pays dans cet état. On ne peut pas laisser les jeunes être capturés par ce phénomène. On ne peut pas nous laisser envahir par les devins». La responsabilité, il l’impute aux gouvernants. «Ce sont des élites complètement engluées comme nous dans la gadoue. Elles n’ont aucune prise sur le rationnel. Voilà un pays, où l’on ne mange pas à sa faim, où un jeune ne peut pas savoir de ce que demain sera fait. Il n’y a pas une trajectoire de vie qui nous permette d’être rassuré un temps soit peu», se désole-t-il. Considérant que la société sénégalaise est en mal d’équilibre de santé mentale, il propose un «ndëp» national, un programme de santé mental qui consiste à travers un projet de société, d’éduquer la population, lui donner un sens de l’orientation, faire en sorte qu’elle soit assez forte pour affronter cette crise et aller de l’avant.

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