L’instauration de la poule unique fera des malheureux. La rigueur de la compétition est une sérieuse menace pour les clubs en difficultés financières.
Le Conseil d’administration de la Ligue sénégalaise de football professionnel (Lsfp) a décidé de faire jouer le Championnat de Ligue 1 en une poule unique. Le retour à cette formule décidé, lors du séminaire tenu à Saly, le week-end dernier, est un danger pour les clubs «véreux» qui ont toujours profité de la souplesse de la Commission de contrôle pour organiser leur insolvabilité. «Le retour à la poule est une très bonne chose. On ne peut pas être déclaré champion du Sénégal sans avoir rencontré toutes les équipes en lice. Maintenant, on saura si les mauvais sont liés à l’incompétence des entraîneurs ou aux mauvaises conditions de travail dans les clubs», apprécie Léonard Diagne, le secrétaire général du Jaraaf. Selon M. Diagne, par ailleurs secrétaire général de la Ligue de football de Dakar, «c’est facile de mettre tout sur le dos de l’entraîneur alors qu’on sait pertinemment que le climat social dû aux arriérés de salaires des joueurs ne milite pas en faveur de la performance». Et d’ajouter : «De deux choses l’une, soit les clubs qui n’ont pas les moyens de faire face aux exigences de la compétition sacrifient les joueurs, soit ils continuent à verser les salaires et se retrouvent avec des forfaits. C’est exactement la situation qu’on va vivre cette année ».
Des membres neutres à la Commission de contrôle
Jusqu’à la défunte saison, la Commission de contrôle de la Lsfp a été animée par des dirigeants issus de clubs engagés dans les compétitions de Ligue 1 et Ligue 2. Ce qui, forcément, fausse le jeu à cause des soupçons d’impartialité qui pèsent sur les épaules des membres.
«La Commission de contrôle doit être neutre et indépendante. Pour l’avenir de la Ligue pro, il faut essayer de la donner à quelqu’un de neutre. Ça va aider le football sénégalais. Il faut sortir cette instance du bureau de la Ligue et la faire diriger par des personnes qui ne sont pas membres de clubs ni du Conseil d’administration. C’est ça l’idéal», préconise l’actuel président de la commission, Lamine Diop. Le dirigeant de la Linguère de Saint-Louis, qui dit avoir «fait la proposition aux pairs», avoue que «la poule unique ça va être difficile parce que le football sénégalais n’est pas prêt». Il avertit qu’«on va avoir des problèmes» et plaide des «moyens supplémentaires pour la Lsfp». Cependant, il n’y pas que des avantages de confier la Commission de contrôle à des personnes neutres. «Le fait pour les membres de la commission de ne pas appartenir aux clubs présente, certes, des avantages. Mais il va s’en dire qu’il y a des inconvénients. Les gens à qui on va confier cette mission auront le désavantage de ne pas connaître le milieu du football. Je pense qu’ils ne seront pas souples au moment de prendre les bonnes décisions», relève-t-il. Pour étayer ses arguments, M. Diop renvoie à un cas très récent : «Si les membres du jury disciplinaire de la Caf ne sont pas du milieu du football, ils n’auraient pas pris une pareille décision pour sanctionner les incidents ayant émaillé le match Sénégal-Côte d’Ivoire des éliminatoires de la Can 2013. Si on dit que la décision est clémente, c’est parce que ceux qui avaient la charge de juger l’affaire ont pris compte de plusieurs facteurs avant de suspendre le stade Léopold Sédar Senghor pour deux ans». De la même manière, le représentant de la Linguère au Ca de la Lsfp trouve qu’il faut des hommes du sérail pour les membres des instances en charge de la gestion des litiges. «Les membres des organes qui tranchent les conflits ont la liberté de prononcer les décisions. Mais il leur manque cette souplesse qui aurait guidé des personnes qui connaissent les dures réalités du football», fait-il remarquer en se rappelant que «la saison dernière, on a failli frôler l’arrêt des ‘play-off’ de L1. Les décisions prononcées contre le Casa, l’Uso et Niary Tally ont été contestées par les fautifs, qui ont menacé de se retirer de la compétition».
6 millions en banque pour les promus
Pour le président Lamine Diop il est indéniable que sans l’accompagnement de l’Etat, les clubs vont connaître d’énormes difficultés pour subvenir à leurs besoins. Il fait surtout allusion aux «clubs qui ne sont pas outillés». C’est parce que sans cet accompagnement, longtemps sollicité, il n’y aura aucune rigueur dans le contrôle. Le cahier de charges du football professionnel fait obligation aux nouveaux clubs de Ligue 1 de disposer d’un minimum bancaire de 6 millions de francs Cfa. Ce qui n’est pas évident avec ces temps qui courent, marqués par une crise financière aiguë. «Il y a des clubs qui paient régulièrement les salaires des joueurs. La règle, c’est le dépôt, chaque mois, des états
de paiement des salaires. Beaucoup de clubs sont en règle, mais il y en a qui traversent des difficultés énormes», relativise le chef des contrôleurs de la gestion des clubs de Ligue pro. Rappelons que les clubs ont l’obligation de recruter 30 joueurs dont des stagiaires. Et que le salaire de base est fixé à 75 000 francs. Gageons que pour préserver sa crédibilité, la Lsfp va marquer un coup, cette année, en excluant les clubs véreux de la compétition.
Le Conseil d’administration de la Ligue sénégalaise de football professionnel (Lsfp) a décidé de faire jouer le Championnat de Ligue 1 en une poule unique. Le retour à cette formule décidé, lors du séminaire tenu à Saly, le week-end dernier, est un danger pour les clubs «véreux» qui ont toujours profité de la souplesse de la Commission de contrôle pour organiser leur insolvabilité. «Le retour à la poule est une très bonne chose. On ne peut pas être déclaré champion du Sénégal sans avoir rencontré toutes les équipes en lice. Maintenant, on saura si les mauvais sont liés à l’incompétence des entraîneurs ou aux mauvaises conditions de travail dans les clubs», apprécie Léonard Diagne, le secrétaire général du Jaraaf. Selon M. Diagne, par ailleurs secrétaire général de la Ligue de football de Dakar, «c’est facile de mettre tout sur le dos de l’entraîneur alors qu’on sait pertinemment que le climat social dû aux arriérés de salaires des joueurs ne milite pas en faveur de la performance». Et d’ajouter : «De deux choses l’une, soit les clubs qui n’ont pas les moyens de faire face aux exigences de la compétition sacrifient les joueurs, soit ils continuent à verser les salaires et se retrouvent avec des forfaits. C’est exactement la situation qu’on va vivre cette année ».
Des membres neutres à la Commission de contrôle
Jusqu’à la défunte saison, la Commission de contrôle de la Lsfp a été animée par des dirigeants issus de clubs engagés dans les compétitions de Ligue 1 et Ligue 2. Ce qui, forcément, fausse le jeu à cause des soupçons d’impartialité qui pèsent sur les épaules des membres.
«La Commission de contrôle doit être neutre et indépendante. Pour l’avenir de la Ligue pro, il faut essayer de la donner à quelqu’un de neutre. Ça va aider le football sénégalais. Il faut sortir cette instance du bureau de la Ligue et la faire diriger par des personnes qui ne sont pas membres de clubs ni du Conseil d’administration. C’est ça l’idéal», préconise l’actuel président de la commission, Lamine Diop. Le dirigeant de la Linguère de Saint-Louis, qui dit avoir «fait la proposition aux pairs», avoue que «la poule unique ça va être difficile parce que le football sénégalais n’est pas prêt». Il avertit qu’«on va avoir des problèmes» et plaide des «moyens supplémentaires pour la Lsfp». Cependant, il n’y pas que des avantages de confier la Commission de contrôle à des personnes neutres. «Le fait pour les membres de la commission de ne pas appartenir aux clubs présente, certes, des avantages. Mais il va s’en dire qu’il y a des inconvénients. Les gens à qui on va confier cette mission auront le désavantage de ne pas connaître le milieu du football. Je pense qu’ils ne seront pas souples au moment de prendre les bonnes décisions», relève-t-il. Pour étayer ses arguments, M. Diop renvoie à un cas très récent : «Si les membres du jury disciplinaire de la Caf ne sont pas du milieu du football, ils n’auraient pas pris une pareille décision pour sanctionner les incidents ayant émaillé le match Sénégal-Côte d’Ivoire des éliminatoires de la Can 2013. Si on dit que la décision est clémente, c’est parce que ceux qui avaient la charge de juger l’affaire ont pris compte de plusieurs facteurs avant de suspendre le stade Léopold Sédar Senghor pour deux ans». De la même manière, le représentant de la Linguère au Ca de la Lsfp trouve qu’il faut des hommes du sérail pour les membres des instances en charge de la gestion des litiges. «Les membres des organes qui tranchent les conflits ont la liberté de prononcer les décisions. Mais il leur manque cette souplesse qui aurait guidé des personnes qui connaissent les dures réalités du football», fait-il remarquer en se rappelant que «la saison dernière, on a failli frôler l’arrêt des ‘play-off’ de L1. Les décisions prononcées contre le Casa, l’Uso et Niary Tally ont été contestées par les fautifs, qui ont menacé de se retirer de la compétition».
6 millions en banque pour les promus
Pour le président Lamine Diop il est indéniable que sans l’accompagnement de l’Etat, les clubs vont connaître d’énormes difficultés pour subvenir à leurs besoins. Il fait surtout allusion aux «clubs qui ne sont pas outillés». C’est parce que sans cet accompagnement, longtemps sollicité, il n’y aura aucune rigueur dans le contrôle. Le cahier de charges du football professionnel fait obligation aux nouveaux clubs de Ligue 1 de disposer d’un minimum bancaire de 6 millions de francs Cfa. Ce qui n’est pas évident avec ces temps qui courent, marqués par une crise financière aiguë. «Il y a des clubs qui paient régulièrement les salaires des joueurs. La règle, c’est le dépôt, chaque mois, des états
de paiement des salaires. Beaucoup de clubs sont en règle, mais il y en a qui traversent des difficultés énormes», relativise le chef des contrôleurs de la gestion des clubs de Ligue pro. Rappelons que les clubs ont l’obligation de recruter 30 joueurs dont des stagiaires. Et que le salaire de base est fixé à 75 000 francs. Gageons que pour préserver sa crédibilité, la Lsfp va marquer un coup, cette année, en excluant les clubs véreux de la compétition.

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