Jeudi 23 Mai 2013
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EXPLOITATION DES TERRES AGRICOLES DE TOUBA BOGGO : Serigne Abdou Karim Mbacké Fallilou recréait Khelcom

Vendredi 31 Août 2012

Dans la rubrique «Découverte», nous allons aujourd’hui à la découverte du village de Touba Boggo. Fondé par Serigne Fallilou Mbacké, il y a plus de 50 ans, ce village célèbre est aujourd’hui en pleine renaissance avec un projet agricole sur 130 hectares environ, initié par Serigne Abdou Karim Mbacké Fallilou qui y a déjà injecté plus de 2 milliards de francs Cfa.


EXPLOITATION DES TERRES AGRICOLES DE TOUBA BOGGO : Serigne Abdou Karim Mbacké Fallilou recréait Khelcom
A l’Est de la ville sainte de Touba, plus précisément à 21 km de la capitale du mouridisme, se trouve une localité célèbre. Touba Boggo, village fondé en 1961 par Serigne Fallilou Mbacké, deuxième Khalife de Khadimou Rassoul, qui accueille, depuis le début du mois de Ramadan, des centaines de talibés pour le défrichage d’un champ de 130 hectares environ. Cette vaste étendue de terrain aménagée à une dizaine de km du
village devrait accueillir, dans un futur proche, près de 1200 personnes pour un retour à la terre. Son exploitation permettra aux talibés de Serigne Abdou Karim Mbacké Moukarimoul Ahla de travailler à la sueur de leur front et de bénéficier de revenus issus de l’agriculture. Une visite guidée dans cette contrée, que beaucoup d’habitants de Touba comparent à Khelcom, permettra de découvrir une nouvelle facette de la culture du mouridisme fondée sur l’adoration le travail.

L’histoire du village de Touba Boggo
Sur le chemin du village de Touba Boggo, nous avons rencontré un vieux qui a passé toute son enfance avec Serigne Fallilou Mbacké. Gora Sèye, âgé de plus de 70 ans, revient sur les mobiles qui ont poussé le deuxième Khalife des mourides à fonder ce village vieux de plus de cinquante ans. «Serigne Fallilou a fondé le village de Ndindy en 1913 avec comme objectif de rassembler les talibés autour de la ville sainte.
Après la disparition de Serigne Touba en 1927 et de son premier Khalife en 1945, il a continué les travaux de la grande mosquée. Et en 1955, il fonda le village de Aliya. Puis, après l’indépendance en 1960, il se rendit à une vingtaine de kilomètres vers l’est où il a découvert une vaste étendue de terrain. Il y implanta un ‘Daraa’ en 1961 après une autorisation du président Senghor. Il retourna ensuite à Touba. Et trois ans
après, en 1964, il y retourna. C’est à cette période que le forage du village a été creusé», se souvient notre interlocuteur qui ajoute : «Touba Boggo est un village agricole. Les produits issus des différentes récoltes cumulées à celles de Ndindy et Aliya ont servi à l’achèvement des travaux de la grande mosquée de Touba en 1964». Le vieux Gora Sèye précise toutefois que la grande mosquée a été inaugurée le 7 juin 1963 par Serigne Fallilou lui-même en présence du président Senghor. Mais à l’époque, elle n’avait que quatre minarets. Il fallait poursuivre les travaux pour réaliser le grand minaret Lampe Fall avec l’argent issu des récoltes de Touba Boggo dont les terres étaient très fertiles. Notre interlocuteur se souvient de la grande rencontre que Serigne Fallou avait convoquée à Boggo pour lancer les travaux du minaret Lampe Fall. C’est d'ailleurs le dernier village qu’il a fondé avant son rappel à Dieu, en août 1968.

Les champs de Darou Rahmane Boggo pour ramener 1200 talibés à la terre
En compagnie de Pape Sène, responsable technique du projet retour vers la terre de Serigne Abdou Karim Mbacké Fallilou, nous avons parcouru en voiture 4x4 pick-up le champ de 130 ha. La visite guidée nous a conduits ensuite au forage d’une valeur de 100 millions qui servira de source d’eau pour arroser les cultures qui seront à 90% maraîchères. «Nous avons pensé que la lutte contre le chômage et le grand
banditisme passe nécessairement par une réduction de la pauvreté. Et beaucoup de talibés qui sont avec nous étaient naguère dans des situations critiques et fréquentaient même les milieux du banditisme. Donc, Serigne Abdou Karim en a récupéré des centaines qui ne comptent que sur sa personne pour vivre. Il a pensé que la meilleure façon de les aider c’est de les inciter à aller cultiver et tirer profit des fruits de leur
labeur», confie-t-il Sur place, les talibés sont déjà à pied d’oeuvre. Bruno Gomis, alias Serigne Saliou Mbacké Gomis, nous raconte sa venue à Boggo. «Je suis chrétien de naissance, je faisais tout dans la vie, des choses pas très catholiques pour me résumer. C’est à Dakar qu’on m’a amené auprès de Serigne Abdou Karim Mbacké qui m’a converti à l’islam. Et depuis trois ans, j’ai vu une mutation profonde dans mon quotidien. Je suis devenu un autre homme et j’ai compris que l’islam est la vraie religion. Je suis ici dans les champs de Boggo et je pense que si le projet arrive à terme, je pourrai épouser une femme, construire une maison, vivre comme les autres Sénégalais», témoigne Gomis.


EXPLOITATION DES TERRES AGRICOLES DE TOUBA BOGGO : Serigne Abdou Karim Mbacké Fallilou recréait Khelcom
400 logements prévus sur le site
Sur place nous avons trouvé environ une centaine de talibés qui procèdent au défrichage et à l’abattage des arbres. «Le forage sera fonctionnel dans deux ou trois mois», lance un des manoeuvres. «Nous voulons démarrer les cultures de saison dans six mois. D’ailleurs, tous ceux qui sont là sont en train d’être formés aux techniques culturales et de protection de végétaux», soutient Pape Sène avant qu’un talibé de retour d’une journée d’abattage muni d’une hache de clamer : «Nous voulons faire de Darou Salam Boggo un Khelcom bis». Pape Sène, responsable technique du projet de préciser que tous les arbres dévastés seront reboisés. L’abattage est, selon lui, un moyen de disposer d’espace suffisant pour les cultures et pour les 400 logements qui seront érigés sur le site pour abriter les talibés qui vont travailler dans les champs.

Crainte d’accrochage avec les éleveurs et bergers peuls
Le syndrome du lancement des travaux de Khelcom et du ranch de Doli a fait que Serigne Abdou Karim Mbacké lui-même s’est rendu à Darou Salam après l’octroi de la terre par Serigne Abo Mbacké, Khalife de Serigne Fallilou. «Avant d’entamer les travaux, j’ai rencontré les bergers peuls de la localité, nous avons eu un entretien pour arrondir les angles afin de dissiper d’éventuels conflits», renseigne le guide religieux
trouvé dans sa résidence de Touba Ndindy quartier général des talibés. Serigne Abdou Karim Mbacké de soutenir : «Nous nous sommes engagés à clôturer le champ de plusieurs kilomètres carrés et d’aider les éleveurs à construire des abreuvoirs et mettre aussi à leur disposition de l’herbe. La grille de protection est déjà réalisée. Il ne reste que les abreuvoirs qui seront construits dès que le forage sera fonctionnel».
Le guide qui compte des milliers de talibés dit ne jamais vouloir être à l’origine de conflit foncier. Si c’était le cas, il allait, nous dit-il, abandonner le projet comme il l’avait fait à Dakar lorsque des populations s’étaient levées pour s’opposer à la mise en valeur d’un terrain que l’Etat lui avait octroyé. Un berger peul portant la parole de ses pairs dit apprécier la démarche de dialogue et de concertation du guide religieux avant même le démarrage du projet «Les animaux ne sont pas dotés de raison comme nous pour dire voilà le champ du marabout, il ne faut pas le toucher. C’est nous être humain qui devrons nous organiser pour éviter des conflits fonciers très fréquents dans cette zone à cheval entre la zone sylvopastorale du Djolof et le Baol terre d’agriculture», souligne-t-il.

Différences et similitudes avec Khelcom
Khelcom était un projet réalisé par Serigne Saliou Mbacké, le cinquième Khalife de Serigne Touba. Ce qui le différencie des vastes champs de Darou Rahmane Boggo, c’est d’abord l’étendue, mais surtout le type de culture. «Ici, ce sont les cultures maraîchères, hors saison de pluie, qui seront expérimentées avec toute la technologie requise», nous dit toujours Pape Sène notre guide qui soutient également que la dimension
du projet nécessite l’implantation en perspective d’unités de transformation de fruits et légumes pour éviter des pertes de produits à cause d’un manque de pistes de production permettant aux gros-porteurs d’acheminer les récoltes et les produits finis vers Touba et les autres régions. Il indique, en outre, que le financement est entièrement supporté par le marabout qui dit maintenant laisser le volet infrastructures routières à l’Etat.

Les conseils de Serigne Abdou Karim aux Sénégalais, face à la crise
«Un pays ne pourra jamais se développer si ses fils continuent de tendre la main. J’aimerais attirer l’attention des Sénégalais sur le travail. Il ne s’agit pas toujours de critiquer l’Etat et d’attendre ce qu’il peut faire pour vous. L’Etat ne peut pas donner à chaque Sénégalais un emploi. C’est pourquoi nous avons estimé qu’il est temps de mettre fin aux lamentations et de rendre grâce à Dieu qui nous a gracieusement offert
de vaste étendue de terres, partout à travers le pays, que les gens peuvent exploiter et en tirer profit. Aujourd’hui, les villes sont remplies de jeunes qui ont la force de travailler la terre, trouvons les moyens de les orienter là-bas afin qu’ils puissent exploiter la terre, fonder des foyers, nourrir leur famille et développer le Sénégal», éclaire le marabout.

2 milliards déjà investis par le marabout
Pour le projet de retour à la terre de Darou Rahman Boggo dans la communauté rurale de Touba mosquée, le maître d’oeuvre Serigne Abdou Karim Mbacké dit ne pas vouloir solliciter pour l’instant l’appui de l’Etat. Car sachant que les nouvelles autorités font face à une crise financière très accrue. Donc pour lui, il n’est pas décent de demander un soutien pour un vaste projet de ce genre dans ces circonstances. Pour ce
qui est de l’investissement qu’il a consenti pour le projet, il l’estime à un montant qui dépasse les deux milliards de francs CFa. Mais Serigne Abdou Karim n’a pas voulu épiloguer sur cette question. «Car le projet, nous dit–il, n’est pas seulement destiné à mes talibés, mais sera profitable à beaucoup de Sénégalais».
Par El Modou GUEYE (Correspondant)

TEUSS

Le culte du faux !

Le faux est devenu ancré en nous et il révèle un certain culte de la facilité. Nous voulons tout avoir, tout pouvoir, tout de suite et maintenant. Ça part du joueur de Navétane au professionnel des championnats européens qui pense ne pas gagner assez en donnant son vrai âge. Il faut reconnaître un fait : Nous aimons le faux. Il nous fascine presque. Est-ce cela qui explique que les femmes se ruent vers les fausses hanches, mettent de faux cils ou de faux cheveux naturels? Que dire alors de celles qui veulent se muer en «Xess pecc» alors qu’elles sont «nuul kukk»? On ne dit rien, peut-être par qu’on semble y trouver notre compte. Les basketteurs qui ont menti sur leur âge pour offrir au Sénégal une coupe d’Afrique est certes encore plus dramatique. Ca trahit encore plus l’esprit du sport et sa pratique au Sénégal. Sauf qu’il faut se dire «entre nous» que c’est du déjà vu. Le faux est partout.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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