EFFETS PERVERS DE LA MAUVAISE CAMPAGNE AGRICOLE : Le prix de l’arachide augmente de façon vertigineuse sur le marché

Mercredi 8 Février 2012

Les conséquences de la mauvaise campagne agricole de l’année dernière que vivent au quotidien, les paysans, partout au Sénégal, se font vivement ressentir au niveau du panier de la ménagère. Le prix de l’arachide qui est très rare sur le marché, a enregistré une hausse vertigineuse. Ayant battu les records des dernières années, le kilogramme d’arachide a atteint 800 francs dans certains endroits. Une montée en flèche du produit appelé naguère «Or du Sénégal», qu’un tour au marché Castors a permis de constater. Trouvé dans sa cantine en pleine discussion avec des clients, Mamadou Lamine Gaye commerçant au marché Castors confie : «nous vendons le kilo d’arachide de bouche de même que le gros grain à 650 francs Cfa. L’année dernière le kilo coûtait 450 francs Cfa». Tenant les mêmes propos, Sidy Guèye qui tient également son commerce au marché Castors a également déploré la rareté de l’arachide. «Le prix du kilo d’arachide n’est pas fixe à cause de la pénurie. En plus de la mauvaise récolte, il y a une baisse de la production et à cela s’ajoute le mauvais hivernage. Nous avons acheté l’arachide à un prix très élevé, c’est ce qui justifie les raisons qui nous ont poussés à le vendre très cher. Et les clients l’achètent malgré tout, c’est très dur, mais on n’y peut rien». Soutenant que l’arachide se fait désirer, Moussa Gningue, jeune commerçant la vingtaine environ, trouvé dans sa cantine dénonce la hausse du prix d’arachide. «Le gros-grain est introuvable et l’arachide de bouche dont nous disposons non seulement coûte très cher, mais elle est de très mauvaise qualité». Faisant état de la rareté du produit, il indique : «nous avons du mal à nous ravitailler comme nous le souhaitons, car il n’y a presque pas dans les points de collecte. Les clients se plaignent jour et nuit, car le kilo est d’un prix exorbitant, franchement c’est très difficile pour nous, l’Etat doit nous venir en aide». Du côté des clients, les plaintes fusent de partout. Rencontrée au marché Castors où elle était venue faire son marché en compagnie de sa domestique, Madame Sall Yacine conforte les propos de M. Gningue. Cette ménagère qui régulièrement achète l’arachide dénonce la flambée du prix. «Le kilo coûte excessivement cher, je l’achète entre 600, 700 francs et même 800 francs Cfa. Ce qui est hallucinant, car nous n’avons pas de solution». Amère, elle martèle : «nous ne pouvons pas nous en passer, puisqu’il fait partie de notre alimentation quotidienne. C’est très dur pour les ménages, mais que faire?», ditelle
impuissante. Même les vendeuses de cacahuètes ne sont pas épargnées par la hausse du prix de l’arachide. Halimatou Diallo en est une. «Non seulement l’arachide coûte très cher, mais on ne la voit même pas. Je l’achète pour faire des cacahuètes, mais je ne m’en sors pas du tout, car j’achète le kilo à 700 francs Cfa. La situation est vraiment déplorable», fulmine-t-elle. Autres effets pervers de la hausse vertigineuse du prix de l’arachide, les produits qui en dépendent directement comme la patte d’arachide ont évolué. Le seau qui coûtait 12 000 francs Cfa se vend maintenant à 13 000 francs francs Cfa. Une situation qui augmente les soucis déjà grands des ménagères qui veulent préparer du «mafé» et des restauratrices, confrontées déjà au quotidien, à l’équation à plusieurs inconnues de toutes denrées de première nécessité dont les prix ont flambé.

Le ministère d’Hamath Sall reconnaît les difficultés et dénonce des errements antérieurs

Alors que Khadim Guèye ancien ministre de l’Agriculture criait sur tous les toits qu’il avait bien approvisionné les points de collectes, et qu’il n’y avait rien à craindre par rapport à l’octroi de l’urée, voilà que la production d’arachide connaît de graves difficultés. Cette année, le prix du kilo d’arachide connaît une hausse jamais enregistrée. Des difficultés toujours niées, que Ndioba Diène, conseiller technique du ministre de l’Agriculture, Hamath Sall admet aujourd’hui. «Goana 1, 2, 3 c’était pour arrimer avec les campagnes. Finalement au niveau du ministère de l’Agriculture, on a confondu la Goana avec le déroulement des campagnes agricoles», avoue-t-il. Evoquant la mauvaise pluviométrie, M. Diène indique sur la Rfm: «aujourd’hui, on a eu des estimations. D’après les dernières informations que j’ai eues, tout sera sujet à révision. L’hivernage cette année n’a pas été tout ce qu’on attendait. Il y a eu des pauses assez longues, il y a eu des zones où véritablement la sécheresse a causé des problèmes».
Contrairement à Khadim Guèye, prédécesseur d’Hamath Sall, qui minimisait les effets pervers du retard dans la disponibilité de l‘urée et de son insuffisance, M. Diène soutient : «on a eu un défaut d’avoir de l’engrais comme l’urée dans le Nord notamment qui a tardé à venir. Ce qui va plomber plus ou moins un peu les chiffres qu’on avait escomptés avoir». Mieux martèle-t-il, «je considère de façon objective, que ces chiffres-là seront revus à la baisse».
Aminatou AHNE (Stagiaire)

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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