Les députés du Parti démocratique sénégalais (Pds) et certains députés non-inscrits, ont déposé, hier, sur la table du président de l'Assemblée nationale, Moustapha Niasse, une motion de censure contre le gouvernement d'Abdoul Mbaye. C'est l'un des premiers effets collatéraux du prochain jugement de l'ancien Président tchadien, Hissène Habré, prévu au Sénégal. Me Ousmane Ngom a expliqué sur les ondes de la Rfm leurs motivations. «Le Sénégal s'apprête à organiser, dans quelques jours, le procès de Hissène Habré. Les dispositions ont été prises aux plans judiciaire et organisationnel. Le dernier acte a été posé, hier (ndlr : avant-hier), avec l'adoption du projet de loi qui met en place les Chambres africaines pour juger Hissène Habré. Et à cette occasion, le gouvernement s'est engagé, une fois de plus, à organiser le procès d'ici à la fin de l'année 2012. Le gouvernement nous a également informés que le budget pour ce procès est déjà en place. Par conséquent, nous nous acheminons tout droit vers ce procès, même si nous avons beaucoup de réserves et de craintes par rapport à la capacité du gouvernement d'organiser ce procès avec toutes les garanties nécessaires», indique- t-il. Avant d'ajouter : «De ce point de vue-là, nous avons estimé que le moment était venu de régler un problème politique qui fait courir de gros risques à l'État du Sénégal, avec la présence à la tête du gouvernement du Premier ministre Abdoul Mbaye qui est impliqué pleinement dans cette affaire. On l'a dit suffisamment et redit. Et lui-même a reconnu être au coeur de cette affaire pour avoir été le gérant des fonds qui ont été amenés dans ce pays par Hissène Habré». Parmi les promoteurs de cette motion de censure, nos sources avancent les noms des membres du groupe parlementaire «Libéral et démocratie», mais aussi des non-inscrits comme Serigne Khadim Thioum, Abdoulaye Makhtar Diop, Sokhna Dieng, Diop Sy, Khady Diédhiou, Abdoulaye Baldé. El Hadji Diouf également serait partie prenante, de même que Djibo Ka. Mais, vu la configuration actuelle de l'Assemblée nationale, cette motion de censure qui vise la démission du gouvernement d'Abdoul Mbaye n'a aucune chance de passer. En effet, pour qu'elle passe, il faut que la majorité des membres composant l'Assemblée nationale l'avalise. Comme le confirme le constitutionnaliste Babacar Guèye : «Arithmétiquement, il n'y a aucune chance que cette motion de censure puisse passer».

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