Les hommes religieux, surtout les imams, qui avaient lancé en 2002 une «Fatwa» contre l’élection «Miss Diongoma» et qui avaient obtenu sa suspension, restent toujours sur leur position. «Nous sommes peinés devant le retour de ‘Miss Diongoma’. Car nous pensions que nos préoccupations étaient prises en compte par rapport aux moeurs et à la pudeur. Malheureusement, on est mis devant le fait accompli», commente ainsi l’imam Youssoupha Sarr. Le coordonnateur du collectif des imams de Guédiawaye de se montrer même très virulent. «Si on doit revenir sur des acquis, ça devient très grave, c’est inadmissible et c’est une agression à la foi, à l’éducation des enfants. Celles qui le font espèrent y gagner de l’argent, donc nous ne les arrêterons pas avec des paroles». Et l’imam Sarr de faire savoir que lui et ses collègues ne comptent pas rester les bras croisés. «Nous sommes en train d’analyser la situation et de voir les positions à tenir. Beaucoup de combats de cette nature doivent être menés dans ce pays, tels ceux des lesbiennes, des homosexuels, entre autres. Actuellement, les institutions ne sont pas totalement en place. Mais à partir du 1er juillet, nous allons dérouler notre plan d’actions», dit-il. Imam Sarr se fait, d’ailleurs, menaçant : «Quand on ose porter atteinte à la foi d’autrui, il faut s’attendre à tout». La même position a été adoptée par son collègue, imam Dame Ndiaye de la Ligue des imams et des prédicateurs du Sénégal. «En plus de l’aspect religieux, ce sont les droits de la femme qui sont bafoués. Ils considèrent les femmes comme étant des objets de plaisir, en les déshabillant devant un public pour vendre les images auprès des Européens. C’est très vilain», déclare-t-il. Et d’ajouter : «Avec ‘Miss Diongoma’, jamais la femme n’a été aussi rabaissée de son existence». L’imam Ndiaye de tancer les autres membres de la société qu’ils accusent d’avoir laissé faire. «Nos intellectuels et les défenseurs des droits de l’homme me laissent sans voix et je les considère comme des hypocrites. Pourquoi tolérer et encourager un tel phénomène ? J’ai honte pour eux». Il conclut : «nous allons le combattre et nous n’accepterons pas qu’elle soit traitée comme un jouet». Un autre imam, Mbaye Niang celui-là, affirme que la relance de «Miss Diongoma» c’est très mauvais et qu’il faut l’arrêter, non sans dire qu’ils utiliseront tous les moyens pour sa suppression. «Nous allons mener des actions contre l’organisation de ‘Miss Diongoma’, adresser une correspondance au président de la République pour protester contre ce programme très désapprouvé par les Sénégalais ». Il souligne du reste qu’«il y a 10 ans, une forte pression avait conduit à son arrêt. Maintenant, je ne sais pas pourquoi celui qui l’organise a eu l’audace de la relancer. Nous sommes prêts à aller en croisade contre ça». Pour sa part, le prêcheur Oustaz Alioune Sall de la radio Sud Fm, se dit totalement contre ce concours. «’Miss Diongoma’ n’aurait pas dû être repris. On l’avait interdit et les gens avaient cessé de l’organiser. Ne serait-ce que par respect vis-à-vis des nouvelles autorités et du peuple sénégalais qui regardent la télé, on n’aurait pas dû braver cet interdit», clame-t-il, d’emblée. Le prêcheur très écouté par les Sénégalais d’ajouter : «nous allons soutenir ceux qui sont en train de lutter pour qu’on arrête à jamais ce concours. Et comme ça touche la religion, nous n’hésiterons pas à user des droits que la religion nous confère». Selon lui, s’il faut saisir le Cnra pour avoir gain de cause, ils le feront. «Et si nécessaire, nous battrons le macadam pour demander que ce soit interdit. Si les organisateurs persistent, nous nous concerterons pour prendre une décision finale», confie Oustaz Alioune Sall, radical. Ce phénomène intéresse tout aussi les communicateurs traditionnels, puisque Thierno Ndiaye a eu à donner son avis sur la question. «’Miss Diongoma’ n’honore pas la femme sénégalaise. ‘jigéen lepam kumpa la wara don’ . Les trucs et astuces de la femme doivent rester secrets et ne doivent être montrés qu’à son mari». Contrairement à leur période, les femmes marchent presque toutes nues dans les rues aujourd’hui et elles n’intéressent personne, d’après lui. «Cela fait que presque tous les hommes de la jeune génération sont devenus impuissants», ajoute Thierno Ndiaye selon qui donner à la femme tout le respect qu’elle mérite est important. «La femme doit également savoir que celle qui doit procréer, ne doit pas se permettre d’exhiber son corps. Elle doit éviter de faire comme si elle était juste un objet de jouissance».
ABBE ANDRE LATYR NDIAYE, PAROISSE DE SACRE COEUR : «Ça invite plus à la dépravation des moeurs qu’autre chose»
Dans le combat des religieux pour la préservation des bonnes moeurs, l’Eglise n’est pas en reste et condamne avec la dernière énergie ce concours «Miss Diongama». «Tout événement doit édifier la personne. Et si maintenant il incite ou amène les gens à des travers, c’est à déplorer. Et il ne faut pas que ça arrive à une dépravation de moeurs», confie ainsi l’abbé André Latyr Ndiaye. Selon lui, «des canaux de beauté africaine
peuvent être organisés sans encourager l’exposition de choses aphrodisiaques au point que ça conduit les jeunes à la dépravation». «Je vois qu’il y a une exhibition de certains atouts, de certaines rondeurs. Et ça, ça invite plus à la dépravation des moeurs qu’autre chose», souligne l’abbé de Sacré-Coeur. André Latyr Ndiaye de mettre en garde ceux qui veulent imposer des choses à l’encontre de nos valeurs. «Il faut inviter les gens à éviter tout ce qui peut induire au dérapage. Et si ceux qui veulent déraper tentent de s’imposer, on leur dit non», avertit-il.
peuvent être organisés sans encourager l’exposition de choses aphrodisiaques au point que ça conduit les jeunes à la dépravation». «Je vois qu’il y a une exhibition de certains atouts, de certaines rondeurs. Et ça, ça invite plus à la dépravation des moeurs qu’autre chose», souligne l’abbé de Sacré-Coeur. André Latyr Ndiaye de mettre en garde ceux qui veulent imposer des choses à l’encontre de nos valeurs. «Il faut inviter les gens à éviter tout ce qui peut induire au dérapage. Et si ceux qui veulent déraper tentent de s’imposer, on leur dit non», avertit-il.
ABIBATOU NDIAYE, DE LA FEDERATION DES ASSOCIATIONS FEMININES DU SENEGAL (FAFS) : «Une femme de 40 ans qui participe à ce genre de concours renseignesur le manque de pudeur, noté un peu partout»
Sur cette liste de réactions négatives sur le retour de ce concours «Miss Diongoma», il y a aussi les «féministes» qui se sont exprimées et n’apprécient guère cette «valorisation» de la femme dévalorisante. «En tant que Sénégalaise et femme qui croit en ses valeurs traditionnelles, ‘Miss Diongoma’ me dérange et je ne l’apprécie et ni ne l’approuve», explique Abibatou Ndiaye, de la Fédération des associations féminines du Sénégal (Fafs). Cette féministe, dans l’âme, croit que la femme peut être montrée sous d’autre forme, «enseignante, médecin ou encore une brave mère de famille, malgré la pauvreté». «Au lieu de ça, on nous montre le parcours d’une femme à qui on donne de l’argent pour mettre toutes ses formes à nu», lance cette membre de la Fafs. Abibatou Ndiaye assimile, d’ailleurs, cela à «une exploitation de l’homme par l’homme». «Exposer la femme avec sa beauté et ses rondeurs, alors que ces choses doivent se faire en intimité, n’est pas normal. Et une femme de 40 ans qui participe à ce genre de concours renseigne sur le manque de pudeur, noté un peu partout».

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