De forces de l’ordre à forces de répression
Une ville en état de siège, quadrillée par les unités antiémeutes de la police et de la gendarmerie. Voilà à quoi ressemblait, Dakar, hier, juste
pour empêcher des opposants à Abdoulaye Wade de dérouler leur plan de lutte contre la candidature du président sortant. La violence inouïe avec laquelle les forces de l’ordre ont réprimé la manifestation d’hier inquiète tous les démocrates. Comme cela avait été déjà le cas à la Place de l’Obélisque, le 31 janvier dernier. Les forces de l’ordre malmenant, notamment, ce jour-là des opposants et des candidats à la présidentielle qui pourraient, pourtant, demain, occuper le Palais de la République. On aurait pu attendre autre-chose de nos forces de sécurité que de casser, à coups de grenades lacrymogènes, des opposants au régime de Wade. A quoi cela sert-il de transformer le centre de Dakar en bunker et de faire tomber une pluie de grenade lacrymogènes et d’eau chaude sur des manifestants pacifiques, si ce n’est pour rajouter de la tension déjà palpable à travers le pays. Comme si c’est le chaos que d’aucuns, au sein même du pouvoir, cherchent comme prétexte pour franchir d’autres paliers d’une escalade programmée. Et c’est là où c’est dommage.
Car, aujourd’hui, les images qui défilent sur les chaînes de télévision du monde donnent du Sénégal l’image d’un pays en état de siège, d’un pays où les forces de sécurité n’ont d’autre mission que de réprimer toutes velléités de contestation du pouvoir en place. Wade, tel Assad, réprime son peuple. Mais là n’est pas le seul problème. Le problème, c’est aussi que, le ministre de l’Intérieur, en agissant comme il l’a fait, a violé la loi. Doublement d’ailleurs. Car il a violé autant la Constitution qui garantit la liberté de manifester pacifiquement, que le Code électoral qui donne droit à tous les candidats à une élection de battre campagne sur l’étendu du territoire national. Dès lors, prétendre qu’il ne peut être toléré une quelconque manifestation sur un espace allant de l’avenue Malick Sy au Cap Manuel, de surcroît sur la base d’un arrêté qui n’est pas loi, contrairement au Code électoral ou à la Constitution qui est la Charte suprême, est un déni de droit. Dans un Etat de droit démocratique, une telle mesure n’aurait jamais eu droit de cité. Mais on est au Sénégal d’Abdoulaye Wade dans ce qui est devenu une pseudo-démocratie, où la seule loi est celle du plus fort. Parce que, justement, ceux-là qui ont la charge de garantir le respect du droit et de la loi sont également continuellement agressé par un Exécutif qui les met aux ordres, et agissant en mâle dominant dans la Rue…publique.
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L’hommage
Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR
«Essamay», le repos éternel du guerrier
En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.
Harouna DEME
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