Considéré comme une drogue douce, le chanvre indien, que d’aucuns appellent marijuana, gandja, niamako, cannabis ou encore yamba, reste très prisé au Sénégal. Et pourtant, la quasi-totalité des personnes qui l’utilisent ne savent pas que son usage prolongé est susceptible d’entraîner un déséquilibre psychologique. Malgré tout, les statistiques montrent que le trafic et la consommation du chanvre ne cessent de croître au Sénégal, là où l’usage des drogues dures comme la cocaïne et l’héroïne est en baisse. Qu’est-ce qui pourrait bien expliquer cet accroissement de l’usage de chanvre indien ? Sur cette question, les avis sont partagés. Si d’aucuns pensent que cette recrudescence s’explique en grande partie par la pauvreté, d’autres évoquent des facteurs différents. En effet, plus d’une fois, des dealers arrêtés ont justifié leurs actes par la pauvreté, arguant qu’ils s’adonnent à cette activité pour subvenir aux besoins de leur famille. Il faut également signaler que les toxicomanes et les trafiquants mettent souvent en avant l’arme de l’oisiveté ou du chômage pour expliquer leur pratique. Mais, le constat est qu’au Sénégal, malgré les réels progrès enregistrés pour éradiquer ce fléau du trafic de drogue, le combat est loin d’être gagné. A ce propos, Abdoulaye Niang, Directeur de l’Office central de répression du trafique illicite de stupéfiants (Ocrtis), qui prenait part à l’atelier sous régional conjoint sur «L’harmonisation des Législations en matière de lutte contre la drogue en Afrique de l’Ouest et évaluation de l’Initiative de Dakar», qui s’est tenu à Dakar du 10 au 12 septembre dernier, a soutenu que «malgré les efforts intenses fournis par les services de répression
(douane, gendarmerie, police), jusqu’à présent, chaque année, on note un accroissement de la consommation et du trafic de chanvre indien (cannabis). Mais, concernant l’héroïne et la cocaïne, plus dangereuses que le cannabis, on constate une nette régression de ces deux drogues, aussi bien au plan de la consommation qu’au plan du trafic». Des constations prouvées par les statistiques. Et il explique cette hausse de l’usage du chanvre indien par le fait que des Sénégalais sont accrocs du cannabis provenant de l’extérieur qui est beaucoup plus cher, comparé à celui produit localement. Un fait confirmé par un accroc de la drogue que nous avons pu approcher. Les statistiques montrent, en tout cas, que dans notre pays, 2007 a été une année record en matière de saisie de drogue avec 2507 tonnes de cocaïne. Ces saisies ont été opérées au niveau de l’aéroport de Dakar, des frontières terrestres et de la Petite Côte qui est devenue une zone de forte consommation. Outre la cocaïne, la consommation des autres types de drogues dont l’héroïne, mais surtout le cannabis et les substances psychotropes a atteint des proportions
inquiétantes. En attestent, pour la même année 2007, les 5413 individus qui ont été interpellés pour trafic et usage de drogue. En revanche, en 2009, il y a eu 1920 saisies, tandis qu’en 2010, où il y a eu une hausse, c’est 2041 saisies de drogue qui ont été effectuées par la police, la gendarmerie et la douane dans la région de Dakar. En 2011, le nombre de saisies a encore connu une nette progression passant à 2117. Des chiffres qui ont été donnés lors de la dernière opération d’incinération de drogue qui s’est tenue le 26 juin 2012 aux Mamelles, à l’occasion de la 25e édition de la Journée internationale de lutte contre la drogue. Il faut également rappeler que la dernière prise de taille en date est celle qui a été effectuée à Joal au début de ce mois. Une quantité de 138 kg de chanvre indien, d’une valeur de 10 millions de francs a, en effet, été interceptée au cours d’un contrôle de routine de la circulation au croisement de Ngazobil par une faction de la brigade de gendarmerie de Joal.
Sur le plan judiciaire, il faut noter que le Sénégal a adopté la «Loi Latif Guèye», du nom du défunt président de l’Ong de Jamra, qui criminalise le trafic de drogue. Le texte dispose que toute personne arrêtée pour trafic international de drogue est condamnée de 10 à 20 ans de prison et d’une amende égale au triple de la valeur des drogues saisies, en plus d’autres peines complémentaires, telles que l’interdiction de séjour pour les étrangers, la fermeture des hôtels, etc. Mais pour le trafic intérieur de drogue, c’est une peine qui va de 5 à 10 ans de prison, assortie d’une
amende égale au triple de la valeur des drogues saisies qui sera prononcée. Seulement, cette criminalisation du trafic de drogue pose plus de problème qu’elle n’en résout. Les différents juristes interrogés condamnent cette «Loi Latif Guèye» qui, selon eux, ne fait qu’engorger les prisons. Et comme solution, ils proposent qu’au lieu d’attendre la longue procédure qui va mener à la Cour d’Assises, le tribunal correctionnel soit compétent pour juger les trafiquants de drogue tout en gardant les mêmes peines contenues dans la «Loi Latif Guèye».
(douane, gendarmerie, police), jusqu’à présent, chaque année, on note un accroissement de la consommation et du trafic de chanvre indien (cannabis). Mais, concernant l’héroïne et la cocaïne, plus dangereuses que le cannabis, on constate une nette régression de ces deux drogues, aussi bien au plan de la consommation qu’au plan du trafic». Des constations prouvées par les statistiques. Et il explique cette hausse de l’usage du chanvre indien par le fait que des Sénégalais sont accrocs du cannabis provenant de l’extérieur qui est beaucoup plus cher, comparé à celui produit localement. Un fait confirmé par un accroc de la drogue que nous avons pu approcher. Les statistiques montrent, en tout cas, que dans notre pays, 2007 a été une année record en matière de saisie de drogue avec 2507 tonnes de cocaïne. Ces saisies ont été opérées au niveau de l’aéroport de Dakar, des frontières terrestres et de la Petite Côte qui est devenue une zone de forte consommation. Outre la cocaïne, la consommation des autres types de drogues dont l’héroïne, mais surtout le cannabis et les substances psychotropes a atteint des proportions
inquiétantes. En attestent, pour la même année 2007, les 5413 individus qui ont été interpellés pour trafic et usage de drogue. En revanche, en 2009, il y a eu 1920 saisies, tandis qu’en 2010, où il y a eu une hausse, c’est 2041 saisies de drogue qui ont été effectuées par la police, la gendarmerie et la douane dans la région de Dakar. En 2011, le nombre de saisies a encore connu une nette progression passant à 2117. Des chiffres qui ont été donnés lors de la dernière opération d’incinération de drogue qui s’est tenue le 26 juin 2012 aux Mamelles, à l’occasion de la 25e édition de la Journée internationale de lutte contre la drogue. Il faut également rappeler que la dernière prise de taille en date est celle qui a été effectuée à Joal au début de ce mois. Une quantité de 138 kg de chanvre indien, d’une valeur de 10 millions de francs a, en effet, été interceptée au cours d’un contrôle de routine de la circulation au croisement de Ngazobil par une faction de la brigade de gendarmerie de Joal.
Sur le plan judiciaire, il faut noter que le Sénégal a adopté la «Loi Latif Guèye», du nom du défunt président de l’Ong de Jamra, qui criminalise le trafic de drogue. Le texte dispose que toute personne arrêtée pour trafic international de drogue est condamnée de 10 à 20 ans de prison et d’une amende égale au triple de la valeur des drogues saisies, en plus d’autres peines complémentaires, telles que l’interdiction de séjour pour les étrangers, la fermeture des hôtels, etc. Mais pour le trafic intérieur de drogue, c’est une peine qui va de 5 à 10 ans de prison, assortie d’une
amende égale au triple de la valeur des drogues saisies qui sera prononcée. Seulement, cette criminalisation du trafic de drogue pose plus de problème qu’elle n’en résout. Les différents juristes interrogés condamnent cette «Loi Latif Guèye» qui, selon eux, ne fait qu’engorger les prisons. Et comme solution, ils proposent qu’au lieu d’attendre la longue procédure qui va mener à la Cour d’Assises, le tribunal correctionnel soit compétent pour juger les trafiquants de drogue tout en gardant les mêmes peines contenues dans la «Loi Latif Guèye».

ACCUEIL







