DECOUVERTE DU CORPS SANS VIE D’UN ENFANT DE 6 ANS AU CIMETIERE DE SOUMBEDIOUNE : Les parents sous la psychose des sacrifices humains

Samedi 11 Février 2012

Le corps sans vie de l’enfant de 6 ans, découvert au cimetière de Soumbédioune, plonge dans une véritable psychose les parents. Convaincus que des pratiques mystiques ne sont pas étrangères à la mort suspecte de ce môme, ils sont plus qu’inquiets et vivent sous la hantise de voir leurs enfants connaître le même sort tragique. Un tour dans la banlieue dakaroise a permis de constater à quel point les parents craignent le contexte électoral, qu’ils estiment favorable à de telles pratiques. Soukeyna Seck habitant à Pikine est complètement abattue. Jeune femme au foyer, elle confie : «je plains la maman de l’enfant, car ce qui lui est arrivé est horrible. Je suis stupéfaite et inquiète à la fois. Depuis que mon mari m’a narré l’histoire, je suis terrifiée. Sincèrement nous ne savons plus à quel saint nous vouer, sauf peut être redoubler de vigilance vis-à-vis de nos enfants». Elle martèle, «en tout cas, je ne manquerai plus à les mettre en garde et à les sensibiliser par rapport aux dangers qui les guettent». Abondant dans le même sens, une jeune dame, vendeuse d’amuse-gueules devant une école élémentaire sise aux Parcelles assainies, la quarantaine, sous le couvert de l’anonymat soutient : «je ferai désormais tout mon possible pour protéger mes enfants des risques. Ce qui est arrivé à cet enfant est très répandu maintenant dans notre pays, on entend assez souvent ce genre de cas et c’est très inquiétant. Mais, nous essayons de surveiller nos enfants autant que nous le pouvons en les amenant et en les ramenant de l’école tous les jours». Une de ses amies qui n’a pas pu s’empêcher d’ajouter son grain de sel dans la discussion lance : «il ne faut même pas chercher de midi à 14h, ce sont seulement les hommes politiques qui font ce genre de sacrifice». Face au garage de Dior très animé en début de matinée, est installée une vendeuse de friperie. Agée d’une cinquantaine d’années environ, Kiné Guèye dit être dépassée par la nouvelle. «Certains
disent qu’à l’approche des élections, il se passe beaucoup de choses dans ce pays. C’est pour cela que je demande à mes enfants de refuser de parler aux inconnus. Même nous les adultes sommes apeurées à plus forte raison les enfants. Tout ce que nous pouvons faire, c’est nous en remettre à Dieu, car les malfaiteurs sont partout et sont incontrôlables». Rencontré au pont Foire, Mamadou Diop chauffeur de taxi, logeant à Pikine Tally Boumak, avoue être complètement atterré par la mort de Maodo Malick Pouye. En effet, ce père de famille sidéré face à la situation exhorte les parents à redoubler de vigilance. «Que les parents surveillent davantage les enfants, car on ne comprend plus ce qui se passe dans ce pays. Que tout le monde reste sur ses gardes». Une conviction des populations que des pratiques mystiques politiciennes expliquent cette mort de l’enfant de 6 ans retrouvé dans le cimetière de Soumbédioune d’autant plus fondée qu’elle gardent toujours en mémoire, le meurtre barbare de Fama Niane, dont le corps a été découvert déchiqueté en plusieurs morceaux sur la place de Koussoum, en période de campagne électorale des locales de 2009. Une affaire qui n’est toujours pas élucidée par la police.
Aminatou AHNE (Stagiaire)

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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