La Déclaration de politique générale du Premier ministre Abdoul Mbaye a tenu, hier, toutes ses promesses. Jamais dans l’histoire politique
du Sénégal, un tel exercice n’a aussi duré. En effet, il a fallu dix tours d’horloge aux députés de la XIIe législature pour interpeller le fils de
feu Kéba Mbaye sur la feuille de route qu'il a déclinée. L’essentiel du débat a été circonscrit autour des inondations, des audits, de la cherté du coût du loyer, les prix des denrées de première nécessité, l’énergie, la crise casamançaise, l’éducation, la suppression ou non des bourses octroyées aux étudiants, les longues détentions préventives, le renflouement du bâteau «Le Joola», les infrastructures. Il faut relever que le débat s'est vite mué en règlements de comptes. Les esprits se sont, plusieurs fois, échauffés, malgré la sérénité affichée par le Premier ministre Abdoul Mbaye qui a réussi son test. Face aux attaques des opposants, les députés de la majorité ne se sont pas laissés faire. Ce qui a terni la séance de Déclaration de politique générale. Oumar Sarr, Aïda Mbodji, Woré Sarr, Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye, Khady Diédhiou, Mme Sokhna Dieng Mbacké, Khadim Thioune, Fatou Thiam, ont tous accusé le chef du gouvernement d’avoir servi du «réchauffé», en plagiant le document stratégique de développement économique (2011-2015) de Me Wade. « Tout ça pour ça. Je suis déçu du discours du Premier ministre. Il n’y a rien de pratique sur ce qu’il a proposé. Dans l’ensemble, il n’y a rien à retenir», a déclaré Oumar Sarr, Coordonnateur du Pds.
La fin des délestages prévue en 2015 Durant des heures, Modou Diagne Fada, Aïda Mbodj et compagnie, ont exigé d’Abdoul Mbaye des excuses publiques, arguant que ce dernier a tenu tardivement sa Déclaration de politique générale, «en violation de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale». Suffisant pour faire réagir le Premier ministre. «J’aurais fait ma Déclaration de politique générale, le 13 juillet. D’abord, on ne m’aurait pas raté, mais je serais sans doute revenu la refaire devant vous, parce que c’est vous qui allez me sanctionner demain», a indiqué Abdoul Mbaye. La question de la double nationalité du ministre de la Communication, Abou Lo, a aussi occupé une bonne place, lors du débat. «La Constitution du Sénégal n’accepte pas la double nationalité. L’Etat du Sénégal n’accepte pas l’allégeance à deux Etats. Et le Code de la nationalité est très clair : tout Sénégalais majeur qui prend une autre nationalité perd automatiquement sa nationalité sénégalaise. La deuxième chose, c’est que l’article 16 du Code de la nationalité dit qu’un étranger qui prend la nationalité sénégalaise ne peut pas exercer dans la fonction publique et ne peut pas être élu. À plus forte raison un étranger», a dit le député Abdoulaye Makhtar Diop. Il a été conforté dans sa position par Me El Hadji Diouf. La réplique du Premier ministre et celle de Me Aïssata Tall Sall ne se sont pas fait attendre. Ils ont défendu le mis en cause Abou Lo. Sur un autre registre, il faut relever que les députés de la majorité ont exigé du chef du gouvernement la poursuite des audits et le rapatriement des biens mal acquis planqués à l’étranger. Avant de l’inviter à prendre à bras le corps l’emploi des jeunes, la fin des inondations et des délestages, la crise scolaire. Dans ses réponses, Abdoul Mbaye a assuré de faire de la résolution des inondations une sur-priorité. Avant de promettre la fin des délestages en 2015. Par ailleurs, le Premier ministre a révélé l’audit du «Plan «Jaxaay», du foncier et du secteur minier.
du Sénégal, un tel exercice n’a aussi duré. En effet, il a fallu dix tours d’horloge aux députés de la XIIe législature pour interpeller le fils de
feu Kéba Mbaye sur la feuille de route qu'il a déclinée. L’essentiel du débat a été circonscrit autour des inondations, des audits, de la cherté du coût du loyer, les prix des denrées de première nécessité, l’énergie, la crise casamançaise, l’éducation, la suppression ou non des bourses octroyées aux étudiants, les longues détentions préventives, le renflouement du bâteau «Le Joola», les infrastructures. Il faut relever que le débat s'est vite mué en règlements de comptes. Les esprits se sont, plusieurs fois, échauffés, malgré la sérénité affichée par le Premier ministre Abdoul Mbaye qui a réussi son test. Face aux attaques des opposants, les députés de la majorité ne se sont pas laissés faire. Ce qui a terni la séance de Déclaration de politique générale. Oumar Sarr, Aïda Mbodji, Woré Sarr, Abdoulaye Baldé, Souleymane Ndéné Ndiaye, Khady Diédhiou, Mme Sokhna Dieng Mbacké, Khadim Thioune, Fatou Thiam, ont tous accusé le chef du gouvernement d’avoir servi du «réchauffé», en plagiant le document stratégique de développement économique (2011-2015) de Me Wade. « Tout ça pour ça. Je suis déçu du discours du Premier ministre. Il n’y a rien de pratique sur ce qu’il a proposé. Dans l’ensemble, il n’y a rien à retenir», a déclaré Oumar Sarr, Coordonnateur du Pds.
La fin des délestages prévue en 2015 Durant des heures, Modou Diagne Fada, Aïda Mbodj et compagnie, ont exigé d’Abdoul Mbaye des excuses publiques, arguant que ce dernier a tenu tardivement sa Déclaration de politique générale, «en violation de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée nationale». Suffisant pour faire réagir le Premier ministre. «J’aurais fait ma Déclaration de politique générale, le 13 juillet. D’abord, on ne m’aurait pas raté, mais je serais sans doute revenu la refaire devant vous, parce que c’est vous qui allez me sanctionner demain», a indiqué Abdoul Mbaye. La question de la double nationalité du ministre de la Communication, Abou Lo, a aussi occupé une bonne place, lors du débat. «La Constitution du Sénégal n’accepte pas la double nationalité. L’Etat du Sénégal n’accepte pas l’allégeance à deux Etats. Et le Code de la nationalité est très clair : tout Sénégalais majeur qui prend une autre nationalité perd automatiquement sa nationalité sénégalaise. La deuxième chose, c’est que l’article 16 du Code de la nationalité dit qu’un étranger qui prend la nationalité sénégalaise ne peut pas exercer dans la fonction publique et ne peut pas être élu. À plus forte raison un étranger», a dit le député Abdoulaye Makhtar Diop. Il a été conforté dans sa position par Me El Hadji Diouf. La réplique du Premier ministre et celle de Me Aïssata Tall Sall ne se sont pas fait attendre. Ils ont défendu le mis en cause Abou Lo. Sur un autre registre, il faut relever que les députés de la majorité ont exigé du chef du gouvernement la poursuite des audits et le rapatriement des biens mal acquis planqués à l’étranger. Avant de l’inviter à prendre à bras le corps l’emploi des jeunes, la fin des inondations et des délestages, la crise scolaire. Dans ses réponses, Abdoul Mbaye a assuré de faire de la résolution des inondations une sur-priorité. Avant de promettre la fin des délestages en 2015. Par ailleurs, le Premier ministre a révélé l’audit du «Plan «Jaxaay», du foncier et du secteur minier.
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LANDING SAVANE, LEADER D’AJ
«Les super-priorités ne ressortent pas de façon suffisamment claire dans la Déclaration de politique générale»
«Le Premier ministre a sacrifié à une tradition. Il faut dire que les directions qu’il a proposées sont des directions qui ont été attendues par les Sénégalais. Moi, je me suis interrogé sur : quelles sont ses super-priorités, à travers l’ensemble des problèmes qui sont posés. Je pense que, quand on a présenté l’ensemble des questions qui se posent, qu’on a préconisé des solutions, pour toutes ces questions, les priorités des priorités doivent être clairement dégagées. Je pense que certains députés ont abordé ces questions. À mon avis, ces super-priorités ne ressortent pas de façon suffisamment claire dans la Déclaration de politique générale. Or, aujourd’hui, un secteur comme celui de l’éducation, de la santé, dont il a parlé, il est extrêmement important que le gouvernement consacre à ces secteurs et à l’emploi des jeunes, le niveau de sur-priorité qu’il faut. Il y a d’autres questions qui ont été abordées, mais je tiens à mettre l’accent sur ces questions, parce que ce sont des questions déterminantes pour un début de mandat. La question du développement rural me paraît fondamentale. Est- ce qu’il en a fait une sur-priorité ? C’est la question que je me pose. Il faut aussi que le monde rural se retrouve dans la politique du gouvernement et qu’on lui donne les moyens nécessaires. Il faut aussi qu’en milieu urbain, la question de l’assainissement qui engloutit des centaines de milliards, ces dernières années, soit prise à bras le corps et qu’on lui trouve des solutions pérennes».
YOUSSOU TOURE, COORDONNATEUR DES ENSEIGNANTS DE L’APR
«Il y a une volonté de corriger certaines injustices, l’affaire Bara Tall doit être réglée»
«C’est un discours historique. Il faut saluer la fermeté du ton et la clarté, parce que les Sénégalais s'attendent à une rupture de la façon dont on gérait le pays. Ce que j’ai retenu de fondamental, c’est la volonté du nouveau pouvoir de corriger certaines injustices dont beaucoup de Sénégalais ont été victimes. Si nous prenons l’exemple de l’entreprise Bara Tall, c’est un véritable crime qui a été commis contre des travailleurs, des pères de famille, on a privé plus de trois mille pères de familles de leurs revenus. Je crois qu’il ne serait pas exagéré de poursuivre l’ancien régime devant les tribunaux par rapport au triste sort qui a été réservé aux travailleurs, dont le seul tort était de faire leur travail. Il est temps que le gouvernement du président Macky Sall continue dans sa volonté d’opérer une rupture totale de ce qui s’est passé, et cela passe par la réparation de toutes ces injustices. Bara Tall ne peut plus et ne doit plus attendre. Il faudrait que cette affaire soit réglée sans délai. J’ai également noté la volonté du gouvernement d’aller vers la satisfaction sociale au niveau de l’éducation, de la santé, et dans d’autres domaines comme les inondations. L’éducation a été une catastrophe, le pilotage a été fatal, du point de vue de la qualité des enseignements, comme du recrutement et de la formation. Plus de 60% des enseignants n’ont pas le niveau requis pour dispenser un enseignement de qualité. Je crois qu’il faut aller vers les états généraux bis de l’éducation et ne pas attendre l’ouverture des classes.
Moustapha DIAKHATE (Député)
«Notre mission n’est pas de nous quereller avec l’opposition, mais plutôt de réparer leurs torts».
«Nous avons la raison avec nous, nous avons la confiance du peuple avec nous. Notre mission n’est pas de nous quereller avec l’opposition, mais plutôt de réparer leurs torts. Ils ne sont même pas cohérents, car ils nous accusent d’avoir plagié Abdoulaye Wade. Et après ils viennent critiquer ces mêmes textes de Wade. Ils auraient dû se taire. Quand on n’a rien à dire finalement on dit du n’importe quoi. On pourrait se réjouir d’avoir une opposition comme ça, car avec ces gens on reste longtemps au pouvoir. Mais ce n’est pas bon pour la démocratie, nous voulons une opposition de qualité».
Modou D. FADA
«Je ne suis pas du tout convaincu par la déclaration de politique générale du premier ministre»
«Je ne suis pas du tout convaincu par la déclaration de politique générale du premier ministre Abdoul Mbaye. Parce qu’il a d’abord violé la loi en son article 97. Le pm nous a tenu un discours fleuve, il a fait de la théorie et à un moment donné, c’était monotone. Il n’a pas évoqué de solutions. Il a dit que les problèmes sont les mêmes, les solutions qu’on avait envisagées aussi sont les mêmes et seulement la méthode va être différente. Par exemple, sur le prix du riz, il dit que tant que nous ne serons pas producteurs de riz en quantité suffisante, le prix sera toujours cher ! Vous l’avez entendu également dire que la subvention sur l’électricité va être rationalisée, en termes moins diplomatiques la subvention va être réduite. Ce qui veut tout simplement dire que le prix de l’électricité va connaître une hausse.»
SOULEYMANE NDENE NDIAYE, DEPUTE ET ANCIEN PREMIER MINISTRE
« Je ne l’ai pas félicité, je l’ai encouragé»
«J’étais là en tant que député, j’ai été là en tant que premier ministre. C’est pourquoi j’ai écouté avec beaucoup d’attention la dpg du premier ministre Abdoul Mbaye. Je ne l’ai pas félicité, je l’ai encouragé parce qu’il s’agissait pour lui de dérouler une feuille de route. Et je souhaite qu’il puisse avoir les moyens d’atteindre tous les objectifs qu’il s’est fixé pour le bonheur du Sénégal et des Sénégalais».
«Les super-priorités ne ressortent pas de façon suffisamment claire dans la Déclaration de politique générale»
«Le Premier ministre a sacrifié à une tradition. Il faut dire que les directions qu’il a proposées sont des directions qui ont été attendues par les Sénégalais. Moi, je me suis interrogé sur : quelles sont ses super-priorités, à travers l’ensemble des problèmes qui sont posés. Je pense que, quand on a présenté l’ensemble des questions qui se posent, qu’on a préconisé des solutions, pour toutes ces questions, les priorités des priorités doivent être clairement dégagées. Je pense que certains députés ont abordé ces questions. À mon avis, ces super-priorités ne ressortent pas de façon suffisamment claire dans la Déclaration de politique générale. Or, aujourd’hui, un secteur comme celui de l’éducation, de la santé, dont il a parlé, il est extrêmement important que le gouvernement consacre à ces secteurs et à l’emploi des jeunes, le niveau de sur-priorité qu’il faut. Il y a d’autres questions qui ont été abordées, mais je tiens à mettre l’accent sur ces questions, parce que ce sont des questions déterminantes pour un début de mandat. La question du développement rural me paraît fondamentale. Est- ce qu’il en a fait une sur-priorité ? C’est la question que je me pose. Il faut aussi que le monde rural se retrouve dans la politique du gouvernement et qu’on lui donne les moyens nécessaires. Il faut aussi qu’en milieu urbain, la question de l’assainissement qui engloutit des centaines de milliards, ces dernières années, soit prise à bras le corps et qu’on lui trouve des solutions pérennes».
YOUSSOU TOURE, COORDONNATEUR DES ENSEIGNANTS DE L’APR
«Il y a une volonté de corriger certaines injustices, l’affaire Bara Tall doit être réglée»
«C’est un discours historique. Il faut saluer la fermeté du ton et la clarté, parce que les Sénégalais s'attendent à une rupture de la façon dont on gérait le pays. Ce que j’ai retenu de fondamental, c’est la volonté du nouveau pouvoir de corriger certaines injustices dont beaucoup de Sénégalais ont été victimes. Si nous prenons l’exemple de l’entreprise Bara Tall, c’est un véritable crime qui a été commis contre des travailleurs, des pères de famille, on a privé plus de trois mille pères de familles de leurs revenus. Je crois qu’il ne serait pas exagéré de poursuivre l’ancien régime devant les tribunaux par rapport au triste sort qui a été réservé aux travailleurs, dont le seul tort était de faire leur travail. Il est temps que le gouvernement du président Macky Sall continue dans sa volonté d’opérer une rupture totale de ce qui s’est passé, et cela passe par la réparation de toutes ces injustices. Bara Tall ne peut plus et ne doit plus attendre. Il faudrait que cette affaire soit réglée sans délai. J’ai également noté la volonté du gouvernement d’aller vers la satisfaction sociale au niveau de l’éducation, de la santé, et dans d’autres domaines comme les inondations. L’éducation a été une catastrophe, le pilotage a été fatal, du point de vue de la qualité des enseignements, comme du recrutement et de la formation. Plus de 60% des enseignants n’ont pas le niveau requis pour dispenser un enseignement de qualité. Je crois qu’il faut aller vers les états généraux bis de l’éducation et ne pas attendre l’ouverture des classes.
Moustapha DIAKHATE (Député)
«Notre mission n’est pas de nous quereller avec l’opposition, mais plutôt de réparer leurs torts».
«Nous avons la raison avec nous, nous avons la confiance du peuple avec nous. Notre mission n’est pas de nous quereller avec l’opposition, mais plutôt de réparer leurs torts. Ils ne sont même pas cohérents, car ils nous accusent d’avoir plagié Abdoulaye Wade. Et après ils viennent critiquer ces mêmes textes de Wade. Ils auraient dû se taire. Quand on n’a rien à dire finalement on dit du n’importe quoi. On pourrait se réjouir d’avoir une opposition comme ça, car avec ces gens on reste longtemps au pouvoir. Mais ce n’est pas bon pour la démocratie, nous voulons une opposition de qualité».
Modou D. FADA
«Je ne suis pas du tout convaincu par la déclaration de politique générale du premier ministre»
«Je ne suis pas du tout convaincu par la déclaration de politique générale du premier ministre Abdoul Mbaye. Parce qu’il a d’abord violé la loi en son article 97. Le pm nous a tenu un discours fleuve, il a fait de la théorie et à un moment donné, c’était monotone. Il n’a pas évoqué de solutions. Il a dit que les problèmes sont les mêmes, les solutions qu’on avait envisagées aussi sont les mêmes et seulement la méthode va être différente. Par exemple, sur le prix du riz, il dit que tant que nous ne serons pas producteurs de riz en quantité suffisante, le prix sera toujours cher ! Vous l’avez entendu également dire que la subvention sur l’électricité va être rationalisée, en termes moins diplomatiques la subvention va être réduite. Ce qui veut tout simplement dire que le prix de l’électricité va connaître une hausse.»
SOULEYMANE NDENE NDIAYE, DEPUTE ET ANCIEN PREMIER MINISTRE
« Je ne l’ai pas félicité, je l’ai encouragé»
«J’étais là en tant que député, j’ai été là en tant que premier ministre. C’est pourquoi j’ai écouté avec beaucoup d’attention la dpg du premier ministre Abdoul Mbaye. Je ne l’ai pas félicité, je l’ai encouragé parce qu’il s’agissait pour lui de dérouler une feuille de route. Et je souhaite qu’il puisse avoir les moyens d’atteindre tous les objectifs qu’il s’est fixé pour le bonheur du Sénégal et des Sénégalais».

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