CONSEQUENCES DE LA GREVE DES TRAVAILLEURS DU SECTEUR DES HYDROCARBURES : Les stations-services à sec, les usagers trinquent
La grève des travailleurs du secteur des hydrocarbures est certes terminée, mais les usagers ont continué hier toute la matinée, à souffrir des conséquences. En effet, en grève depuis dimanche, le Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz du Sénégal (Sntpgs) qui a décidé jeudi de lever son mot d’ordre de grève après avoir obtenu satisfaction du gouvernement a laissé les stations-services et les populations dans le besoin. Ces dernières se sont ruées, hier, vers les stations-services pour se ravitailler en carburant. Un tour dans le centre ville a permis de découvrir l’impact que la grève a eu non seulement sur les conducteurs, mais aussi sur les points de vente de ce produit tant sollicité par les usagers. Les stationsservices telles que Star énergie sise au mariste, Elton Mermoz et Elton Colobane ont été prises d’assaut aussi bien par les particuliers que les transporteurs en commun. motocyclistes. Une queue interminable de clients, de voitures et de deux roues faisait le décor.
Présent à la station Star énergie des maristes depuis les premières lueurs, Harrona Badji, ne s’est pas prié pour raconter sa mésaventure. «Je viens de Khar Yalla. C’est depuis hier (avant-hier) nuit que je suis à la recherche de carburant. Je suis venu ici et j’ai fait la queue jusqu’à 4 h du matin et c’est après que j’ai quitté pour aller dormir un peu espérant qu’il n’y aura pas autant de monde le matin. Dès l’aube, j’ai rappliqué et jusqu’à présent rien. C’est une situation catastrophique. C’est trop dure pour nous les usagers», narre t-il. De son coté, Julien Gomis, dit être au courant de la nouvelle qu’en cours de route. «C’est en chemin que j’ai entendu qu’il y avait pénurie et je suis venu aux Maristes aussi vite que possible. Si ça continue, comme ça on ne va pas pouvoir travailler et vaguer à nos occupations». Il ajoute : «j’étais à la station qui se trouvait au port de Dakar et il n’ y’en avait plus. J’espèrais avec la chance d’en’avoir ici». Même si cette situation n’arrange guère les usagers, ils n’ont d’autres choix que de se plier à cette exigence. C’est le cas de Lamane Wane. Rencontré à Elton Colobane, il atteste : «la situation ne nous
arrange pas, mais que faire, on est obligé de nous soumettre et suivre la queue pour en avoir et qui sait si ’on en aura ». Par ailleurs, tandis que certaines stations-services font l’objet d’attroupement, d’autres sont dans le calme total. Celles implantées tout au long de l’allée Bourguiba, de Castor et de Ouakam sont désertes. Les pompes bien rangées, un des vendeurs d’Olibya-oil sise à Bourguiba renseigne : «cela fait des jours qu’ils n’ont pas de carburant, mais ils espèrent en avoir d’ici ce soir car la distribution est en train d’être faite». Une situation plus que pénible pour les usagers qui a commencé à se décanter en début de soirée avec les stations qui reçoivent leurs commandes. Ce qui les sauve d’un long week-end sans carburant qu’elles craignaient tant. Devant les stations d’essence, les files étaient monstres. On y retrouvait des personnes, des voitures, des scooters, etc. Bouteilles de 5, 10, 20 et même de 40 litres en mains pour, les usagers cherchaient à s’approvisionner. Devant l’exigence des populations, les responsables des stations ont été obligés de passer outre l’interdiction brandie au plus fort des manifestations contre les coupures d’électricité et les immolations par le feu, de vendre le carburant dans des bouteilles et autres instruments. Interpellé sur la question, un des vendeurs de la station-service Star énergie affirme : « c’est vrai que nous avions décidé de ne plus vendre du carburant dans des bouteilles mais la situation d’aujourd’hui oblige à faire autrement. Certains sont venus avec des bouteilles car leurs voitures sont en panne quelque part dans la nature et d’autres pour les besoins d’une réserve», explique-t-il.
Mously NDIAYE (Stagiaire)
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L’hommage
Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR
«Essamay», le repos éternel du guerrier
En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.
Harouna DEME
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