CONFERENCE-DEBAT AUTOUR DES REGIMES POLITIQUES SENEGALAIS DE 1960 A 2008 : Des spécialistes en droit politique revisitent les différentes constitutions du Sénégal

Lundi 10 Octobre 2011

Au moment où la question de la recevabilité de la candidature d’Abdoulaye Wade et le rôle que le Conseil constitutionnel doit y jouer, sont le sujet de toutes les discussions, des professeurs et chercheurs spécialistes en droit politique se sont réunis, samedi dernier, à l’Ucad II, afin de débattre sur les thématiques de l’ouvrage du professeur Seydou Madani Sy intitulé «Les régimes politiques sénégalais de l’indépendance à l’alternance politique, 1960-2008».



Dans le cadre de ses activités scientifiques, le Centre de recherche, d’étude et de documentation sur les législations africaines (Credila), en partenariat avec Open society initiative for west africa (Osiwa), a tenu, samedi dernier, à l’Ucad II, une conférence-débat autour des thématiques développées dans l’ouvrage «Les régimes politiques sénégalais de l’indépendance à l’alternance politique, 1960-2008» du professeur Seydou Madani Sy qui fut recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ministre de la Justice, conseiller spécial et Médiateur de la République.


Pape Demba Sy : «La constitution n’est jamais un texte neutre, c’est un enjeu de la politique»

Des réflexions sur les différentes constitutions, mais aussi sur les différents régimes ont été partagées par les spécialistes en sciences juridiques et politiques. Cette conférence-débat a été l’occasion pour des chercheurs, professeurs et juristes présents de parler des institutions constitutionnelles et politiques qui ont eu a être appliquées au Sénégal depuis le régime politique de Léopold Sédar Senghor, jusqu’à celui d’Abdoulaye Wade. Ce débat, selon l’auteur de l’ouvrage, vise à analyser l’évolution constitutionnelle des politiques de 1960 à 2008, tout en donnant une réflexion sur ce qui pourrait être le meilleur régime politique pour le Sénégal.
Le professeur Pape Demba Sy, maître de conférence à la Faculté des sciences juridiques et politiques, faisant son intervention sur l’écriture de la Constitution et ses fonctions, c'est-à-dire quelle utilisation peut-on faire de la Constitution avance : «la Constitution est un enjeu de la politique. C’est non seulement un moyen de s’ouvrir les voies afin de rester un peu longtemps au pouvoir, mais aussi un instrument d’action conflictuel, de règlement de comptes et de certains nombres de questions». «Il est important, ajoute-t-il, de savoir qu’elle n’est jamais un texte neutre, mais un qui est à la disposition de la force politique en présence». Dès lors, Pape Demba Sy, se demandant quel est le meilleur régime politique pour le Sénégal et dans quel contexte faudrait l’appliquer, soutient que «tous les régimes politiques qui se sont constitués ont une histoire et ils tiennent compte des réalités sociales de leur pays et tant qu’on ne tiendra pas en compte tout cela, il sera difficile d’avoir un régime politique normal».

Un ouvrage qui devance l’actualité avec le cas Wade
Le journaliste et analyste politique, Mame Less Camara trouve que ce livre est arrivé un peu avant son heure, car il fait l’objet d’un débat politique actuel parce que passant en revue les différentes constitutions. À l’en croire, l’ouvrage met la lumière sur le débat sur les constitutions et leurs perspectives et comment des déterminants arrivent à les modifier et les remplacer à leur guise. «Chaque président va se faire prendre par des constitutionnalistes qui vont tailler la Constitution à sa mesure. Chaque président reforme la Constitution à sa guise», affirme-t-il tout en soulignant que «le livre a pris le parti de devancer l’actualité et c’est important. D’autant plus que l’auteur donne une réflexion sur ce qui pourrait être le meilleur système politique pour le Sénégal».
Le professeur Ismaïla Madior Fall, directeur du Credila, de son côté, soutient qu’«il y a une pratique exorbitante du pouvoir politique. Le problème, ce sont les textes et il faut les reformer». Le plus important, selon lui, «c’est qu’il y ait une sorte de confiance de la Constitution, de patriotisme constitutionnel. Il me paraît important d’inculquer la culture constitutionnelle au peuple pour qu’il puisse être, à l’avenir, en situation de défendre sa Constitution. L’enracinement de la culture constitutionnelle et l’existence d’un patriotisme constitutionnel sont les meilleurs garants de stabilité de la Constitution et finalement de la démocratie». Se prononçant sur l’importance de cet ouvrage qui les a réunis, M. Fall atteste que «c’est un ouvrage d’une grande actualité où le débat sur la recevabilité de la candidature de Wade et le rôle du Conseil constitutionnel sont abordés d’une certaine manière, avant que ce débat ne se pose ici».
Mously NDIAYE (Stagiaire)

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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