Pratiquement, le Sénégal a été traversé par des mouvements migratoires «d’amplitude extraordinaire». Les populations ont bougé. Et la première niche c’est, d’après l’historien Chérif Daha Bâ, le Fouta. «Véritablement, le dessous de la Sénégambie, c’est le Fouta. Toutes les ethnies étaient dans le Fouta de la vallée du fleuve Sénégal, jusque dans la Mauritanie centrale», informe le maître de conférences
au département d’histoire de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il soutient qu’il il y a eu ensuite «des mouvements de migration vers le Sud, avec la péjoration climatique et la diversification». D’après lui, les Lébous étant des peuples de pêcheurs, maîtres des océans et des fleuves, ils se sont déplacés de l’intérieur vers le Cap Vert, dans le Diander. Toutefois, explique le Pr Bâ, «Quand le Français est venu, il a décrié les ‘Penc’ que les Lébous avaient installés et il a redessiné l’espace». Ce qui lui fait dire qu’«à Dakar, nous sommes dans un espace superposé». Le Lébou, d’après l’historien, a une lecture de son habitat, de son espace, de son environnement. Et, indique le Pr Bâ, «le Français quand il est venu, il a constaté que Dakar avait une position éminemment stratégique. Donc, il a inventé la ville et il a imposé la ville». C’est pourquoi, analyse l’historien, «là où se trouvaient par exemple des baobabs et tamariniers mystiques ou là où vivaient un génie avec sa famille, ils ont préféré carrément abattre ces sites magiques et tracer à la place des boulevards». C’est une philosophie, selon lui, que le Blanc a imposée sur les réalités africaines et sur celles lébou. À cet effet, il fait savoir que le Sénégal et la France entretiennent depuis longtemps des relations indissolubles. C’est un héritage qu’il juge comme étant «un patrimoine commun, à la limite même universelle». Ce qui lui pousse à dire qu’«on ne peut pas faire aussi table rase de ces relations multiséculaires qui nous ont toujours liés avec l’Europe».
«Les Lébous avaient développé des relations très mystérieuses avec l’océan»
Par ailleurs, les Lébous, suite à leur installation au Cap Vert, renseigne le Pr Bâ, avaient développé «des relations très mystérieuses avec l’océan, avec même les fleuves, donc avec les cours d’eau en général». De plus, indique-t-il, en faisant référence à la littérature médiévale européenne : «La mer, donc l’océan, est le lieu où habitent les génies bienfaisants ou maléfiques. L’eau est une source de puissance
mystique et magique et le Lébou, étant pêcheur par excellence, a besoin de tisser des relations quasi mystiques ou magiques avec ces mondes aquatiques, ces mondes inquiétants qu’il faut dompter». En effet, déclare l’historien, «c’est un cosmos qui est là, basé sur une relation magique ou mystique entre le pécheur lébou et les génies de la mer». Ces créatures du monde invisible, pour qu’elles soient généreuses en ressources halieutiques ou même en sécurité, «on a besoin de les rassurer et de faire des libations, d’organiser de temps à autre, suivant un calendrier lié aux activités de la pêche, des séances d’offrandes».
au département d’histoire de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il soutient qu’il il y a eu ensuite «des mouvements de migration vers le Sud, avec la péjoration climatique et la diversification». D’après lui, les Lébous étant des peuples de pêcheurs, maîtres des océans et des fleuves, ils se sont déplacés de l’intérieur vers le Cap Vert, dans le Diander. Toutefois, explique le Pr Bâ, «Quand le Français est venu, il a décrié les ‘Penc’ que les Lébous avaient installés et il a redessiné l’espace». Ce qui lui fait dire qu’«à Dakar, nous sommes dans un espace superposé». Le Lébou, d’après l’historien, a une lecture de son habitat, de son espace, de son environnement. Et, indique le Pr Bâ, «le Français quand il est venu, il a constaté que Dakar avait une position éminemment stratégique. Donc, il a inventé la ville et il a imposé la ville». C’est pourquoi, analyse l’historien, «là où se trouvaient par exemple des baobabs et tamariniers mystiques ou là où vivaient un génie avec sa famille, ils ont préféré carrément abattre ces sites magiques et tracer à la place des boulevards». C’est une philosophie, selon lui, que le Blanc a imposée sur les réalités africaines et sur celles lébou. À cet effet, il fait savoir que le Sénégal et la France entretiennent depuis longtemps des relations indissolubles. C’est un héritage qu’il juge comme étant «un patrimoine commun, à la limite même universelle». Ce qui lui pousse à dire qu’«on ne peut pas faire aussi table rase de ces relations multiséculaires qui nous ont toujours liés avec l’Europe».
«Les Lébous avaient développé des relations très mystérieuses avec l’océan»
Par ailleurs, les Lébous, suite à leur installation au Cap Vert, renseigne le Pr Bâ, avaient développé «des relations très mystérieuses avec l’océan, avec même les fleuves, donc avec les cours d’eau en général». De plus, indique-t-il, en faisant référence à la littérature médiévale européenne : «La mer, donc l’océan, est le lieu où habitent les génies bienfaisants ou maléfiques. L’eau est une source de puissance
mystique et magique et le Lébou, étant pêcheur par excellence, a besoin de tisser des relations quasi mystiques ou magiques avec ces mondes aquatiques, ces mondes inquiétants qu’il faut dompter». En effet, déclare l’historien, «c’est un cosmos qui est là, basé sur une relation magique ou mystique entre le pécheur lébou et les génies de la mer». Ces créatures du monde invisible, pour qu’elles soient généreuses en ressources halieutiques ou même en sécurité, «on a besoin de les rassurer et de faire des libations, d’organiser de temps à autre, suivant un calendrier lié aux activités de la pêche, des séances d’offrandes».

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