Dimanche 26 Mai 2013
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CHERIF DAHA BA, MAITRE DE CONFERENCES AU DEPARTEMENT D’HISTOIRE A L’UCAD : «Quand le Français est venu, il a décrié les ‘Penc’ que les Lébous avaient installés et a redessiné l’espace»

Mardi 18 Septembre 2012

Pratiquement, le Sénégal a été traversé par des mouvements migratoires «d’amplitude extraordinaire». Les populations ont bougé. Et la première niche c’est, d’après l’historien Chérif Daha Bâ, le Fouta. «Véritablement, le dessous de la Sénégambie, c’est le Fouta. Toutes les ethnies étaient dans le Fouta de la vallée du fleuve Sénégal, jusque dans la Mauritanie centrale», informe le maître de conférences
au département d’histoire de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il soutient qu’il il y a eu ensuite «des mouvements de migration vers le Sud, avec la péjoration climatique et la diversification». D’après lui, les Lébous étant des peuples de pêcheurs, maîtres des océans et des fleuves, ils se sont déplacés de l’intérieur vers le Cap Vert, dans le Diander. Toutefois, explique le Pr Bâ, «Quand le Français est venu, il a décrié les ‘Penc’ que les Lébous avaient installés et il a redessiné l’espace». Ce qui lui fait dire qu’«à Dakar, nous sommes dans un espace superposé». Le Lébou, d’après l’historien, a une lecture de son habitat, de son espace, de son environnement. Et, indique le Pr Bâ, «le Français quand il est venu, il a constaté que Dakar avait une position éminemment stratégique. Donc, il a inventé la ville et il a imposé la ville». C’est pourquoi, analyse l’historien, «là où se trouvaient par exemple des baobabs et tamariniers mystiques ou là où vivaient un génie avec sa famille, ils ont préféré carrément abattre ces sites magiques et tracer à la place des boulevards». C’est une philosophie, selon lui, que le Blanc a imposée sur les réalités africaines et sur celles lébou. À cet effet, il fait savoir que le Sénégal et la France entretiennent depuis longtemps des relations indissolubles. C’est un héritage qu’il juge comme étant «un patrimoine commun, à la limite même universelle». Ce qui lui pousse à dire qu’«on ne peut pas faire aussi table rase de ces relations multiséculaires qui nous ont toujours liés avec l’Europe».

«Les Lébous avaient développé des relations très mystérieuses avec l’océan»
Par ailleurs, les Lébous, suite à leur installation au Cap Vert, renseigne le Pr Bâ, avaient développé «des relations très mystérieuses avec l’océan, avec même les fleuves, donc avec les cours d’eau en général». De plus, indique-t-il, en faisant référence à la littérature médiévale européenne : «La mer, donc l’océan, est le lieu où habitent les génies bienfaisants ou maléfiques. L’eau est une source de puissance
mystique et magique et le Lébou, étant pêcheur par excellence, a besoin de tisser des relations quasi mystiques ou magiques avec ces mondes aquatiques, ces mondes inquiétants qu’il faut dompter». En effet, déclare l’historien, «c’est un cosmos qui est là, basé sur une relation magique ou mystique entre le pécheur lébou et les génies de la mer». Ces créatures du monde invisible, pour qu’elles soient généreuses en ressources halieutiques ou même en sécurité, «on a besoin de les rassurer et de faire des libations, d’organiser de temps à autre, suivant un calendrier lié aux activités de la pêche, des séances d’offrandes».
Par Mously NDIAYE & Mamadou L. CAMARA (stagiaire)

TEUSS

En attendant Obama

Et nous y voilà. Ndakaaru se prépare à recevoir sur son sol le plus prestigieux des invités se trouvant dans le monde libre. Si pour certains, il y a de quoi s’en réjouir. Pour d’autres la visite des locataires de la Maison blanche évoque de très mauvais souvenir. L’eau de l’Atlantique n’a toujours pas su laver l’affront ressenti par les insulaires de Gorée, lors de la dernière visite du cow boy de Texas. Ils ont tous été acteurs, le temps d’une matinée, pour une reconstitution forcée de l’esclavage sans besoin d’accéder à la Maison des esclaves. En attendant Obama et son épouse, Ndakaaru va se la jouer «cool». Les marchands ambulants semblent l’avoir déjà compris. C’est comme ça. Michelle et son mari ne seront là que pour quelques heures mais les «Goorgoorlus» devront en souffrir tout un mois durant. Alors motus et bouche cousue. On aura peut-être droit à un pourboire cette fois.
Samba ALAAR

SALUT PUBLIC

Il ne faut pas insulter ceux qui ne vivent que de pain…

« L’estomac rejette la nourriturequi ne peut pas être digérée et qui n’a aucun bénéfice, et ensuite lui crache dessus. Le temps et l’histoire font la même chose aux gens incompétents »
Fethullah Gülen

«Le pays tourne en rond», c’est la rengaine la plus entendue, aujourd’hui, dans tous les milieux. Le pays que j’entends, c’est celui de l’électricité, des emplois, de la circulation fiduciaire sous ses diverses formes ; c’est-à-dire des mouvements de l’argent, qui commandent les investissements, petits et gros, et fouettent la consommation, pour que celle-là commande la croissance, mais seulement si les industries nationales fonctionnent et produisent ce qui est consommé par les travailleurs. Et en ce cas, ces dernières industries créent des emplois. Et le cercle vertueux du développement prend forme. Or, l’argent ne circule pas, semble-t-il, parce que sous le gouvernement de Monsieur M. Abdoul Mbaye, et c’est lui-même qui nous l’apprend, «l’argent douteux» (c’est la terminologie utilisée par le Pm), c’est fini. Soit !

Par Pape Samba Kane


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