CHAQUE MORT DE PLUS EST UN MORT DE TROP : Si c’était Karim à la place de Mamadou ?

Samedi 4 Février 2012

Imaginons que pendant les derniers évènements, que la voiture de Karim Wade fût coincée par les étudiants en train de manifester (le Point E n’est pas si loin de l’Université Cheikh Anta Diop…) et que se produise quelque chose…. Je ne suis pas sûr que suite à cela, le Président Wade aurait toujours continué à qualifier de brise les manifestations populaires. Mais, par contre, je suis persuadé que Abdoulaye Wade, le père, ressentirait au plus profond de sa chair la douleur de ceux dont les fils ont été blessés ou tués, pendant ces malheureux évènements. La douleur serait certainement la même pour Viviane, la mère, Sindiely, la soeur, et encore plus terrible pour ses trois filles déjà orphelines de mère… Le père Wade nous en a déjà montré un aperçu lorsqu’il y a eu un début d’incendie à l’immeuble qui abrite les bureaux de son fils… Tout est une question de perspective, on voit les évènements en fonction de la position à partir de laquelle on les regarde…

Aucune des personnes qui ont perdu la vie, durant ces manifestations, ne sort de nulle part. Chacune avait une histoire, un père et une mère, des frères etdes soeurs, des amis, certaines avaient une épouse et des enfants, voire des petits enfants. Toutes ces personnes sont en deuil actuellement,chacune pleure et souffre profondément de la perte de cet être si cher brutalement arraché à leur affection. Chaque père et surtout chaque mère est inconsolable d’avoir perdu la chair de sa chair. Cet enfant qu’ils ont porté, vu grandir jour après jour et qui, souvent, portait leurs plus grands espoirs. Tous ceux qui l’ont vécu vous diront qu’il n’est de plus terrible et de plus intense douleur que celle d’enterrer son propre enfant. L’épouse éplorée voit brusquement ses rêves de bonheur conjugal, tous ses projets s’évanouir. Elle se retrouve, du jour au lendemain, seule avec ses enfants devenus orphelins, et qui n’auront plus la joie de voir le sourire d’un père aimant qui aurait tant voulu les guider sur les chemins de la vie. Alors, quand celui qui est considéré, à tort plus qu’à raison, comme le père de la Nation, estime que tous ces morts ne sont qu’un épiphénomène, une petite brise, nous lui demanderons juste ceci : Et si au lieu de Mamadou c’était Karim qui avait été tué ?
Par Sader DIAGNE

TEUSS

L’hommage

Son jubilé, Boc l’aura bien réussi sur une pelouse qu’il connaissait bien : celle de Demba Diop, là où il a, maintes fois, brillé de mille buts. En l’espace de quelques jours, Boc a réussi de l’au-delà à éclipser tout le reste de l’actualité nationale. Politique, économie et même la Biennale des arts, tout a été off. Le culte tardif que les «goorgoorlus» font à «l’éternel Essamay» traduit le zèle des nouveaux convertis à la passion Boc. C’est vrai qu’un seul être vous manque… Mais puisqu’il vaut toujours mieux tard que jamais - mais un hommage de son vivant aurait été plus méritoire encore -, la Nation reconnaissante a rendu un hommage solennel à son ex-capitaine qui avait su faire traverser le vaisseau national bien des zones de turbulences, comme il a, malheureusement, participé à des naufrages cuisants. C’est ça aussi la vie, mais Boc a été aux avant-postes et a donc mérité cet hommage national. Mais dans toute cette ferveur, il ne manque pas de récupérateurs, de contempteurs, d’hier, qui ont retourné leur veste pour dire que des larmes de crocodile, il y en a eu qui ont alimenté les torrents qui ont inondé le stade Demba Diop. Où étaient-ils tous ces pleureurs quand Boc achevait le reste de sa vie, ne voyant juste que ses proches et amis fidèles ? Commdia del arte. Bas les masques ! Et comme le dit la locution latine : «sic transit gloria mundi»…
Samba ALAAR

Contre - attaque

«Essamay», le repos éternel du guerrier

En cette matinée du mercredi 16 mai 2012, la terre de Casamance va ensevelir l’un de ses illustres fils :
Jules François Bertrand Bocandé. Un fils que toute une région, tout un pays, toute une nation, tout un continent, dirons-nous, pleure depuis ce funeste après-midi du 7 mai 2012. Une date à laquelle Boc a été, prématuré hélas, arraché à l’affection de ce Sénégal à qui il a tout donné.
Pierre Goudiaby Atépa a eu donc raison, hier, lors des funérailles nationales officielles organisées au stade Demba Diop, de dire qu’«il est de ces êtres qui ne meurent pas». Oui, monsieur Atépa, Jules François Bocandé fait partie de ces êtres-là qui ne meurent jamais. Bocandé est un immortel. Si, bien sûr, par immortel on entend un être inoubliable. Un être qui aura tout donné pour le sien. Un être qui aura marqué les esprits et traversé les décennies. En ce sens, Boc est effectivement un immortel.

Harouna DEME


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